Traitement médiatique : Ockrent et Trappes… 2 poids, 2 mesures…

En 48 heures, la France médiatique s’est polarisée autour de deux dossiers qui n’ont rien à voir sur le fond, mais tout à voir sur la forme : comment on raconte, comment on qualifie, comment on s’indigne.
D’un côté, Christine Ockrent. La journaliste chevronnée, ancienne figure du 20h, fait l’objet d’une polémique pour avoir, selon ses soutiens, « juste dit la réalité » sur CNews ou sur les réseaux. Aussitôt, tribunes, coupures, menaces de poursuites. Pour une partie du public, c’est le symptôme d’un climat où dire un fait devient un délit d’opinion.
De l’autre, Trappes. Une semaine après l’attentat du 23 octobre qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi et blessé sept personnes, le maire Ali Rabeh reçoit une enveloppe contenant du talc et des insultes racistes et antisémites. Le 30 octobre, 13 personnes sont isolées au centre de tri de Montigny-le-Bretonneux, les pompiers installent un sas. Les médias nationaux titrent  sur la gravité de la menace…
Et c’est là que la fracture, autrement dit le « 2 poids 2 mesures » se voit.
Pour un camp, on s’étouffe pour une lettre quand le pays est au bord de la guerre civile. Pour l’autre, on banalise une menace qui suit un assassinat terroriste avec circonstance aggravante de racisme retenue par le parquet antiterroriste.
Le fait est que l’enveloppe de Trappes n’était pas « une simple lettre ». C’était une enveloppe piégée avec… du talc !!!  postée à 400 km de sa cible, après un meurtre, qui, lui n’a rien d’anecdotique et qu’on ne minimise pas ici. Mais ce sont bien 2 choses différentes, non ? Et de façon évidente l’assassin n’est pas celui qui a envoyé le talc même si on comprend que la mort de certains fait plaisir à l’envoyeur.
Par contre,  vouloir traîner Ockrent au tribunal pour une analyse, même tranchante, pose question sur notre tolérance au débat. Réquisition ne veut pas dire condamnation, et le tribunal reste le lieu du contradictoire, pas celui de l’exécution médiatique.
Deux affaires, deux réflexes identiques: l’indignation sélective. Chacun choisit son scandale, minimise celui de l’autre. Et pendant ce temps, le peuple de France regarde un paysage médiatique qui ne parle plus des faits, mais qui parle de qui a le droit de parler des faits.
C’est peut-être ça, le vrai « ordre nouveau »: plus personne n’écoute, tout le monde commente.
Christine Tasin

 8 total views,  8 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter