On lit tout et son contraire à propos des évènements du 17 octobre 1961, et notamment depuis hier où des gens bien-intentionnés et très subtils en sont à y voir une réponse du berger à la bergère sur le mode « bien fait! »…
Voici le topo historique factuel du 17 octobre 1961 à Paris – un événement longtemps caché, même si on n’a pas le nombre exact de victimes, il est très loin des chiffres aberrants qui circulent dans les milieux gauchistes, évidemment. Juvénal nous les rappelle ici. J’ai demandé à une IA de faire le point. Christine Tasin
Le contexte – pourquoi manifester?
On est en pleine Guerre d’Algérie (1954-1962).
Depuis 1958, le préfet de police de Paris Maurice Papon mène ce qu’on appelle la « bataille de Paris » contre la Fédération de France du FLN (Front de Libération Nationale), qui finance la guerre par des cotisations et commet aussi des attentats contre des policiers en métropole – 47 policiers tués entre 1958 et 1961.
Le 5 octobre 1961, Papon instaure un couvre-feu avec interdictiont aux « Français musulmans d’Algérie » de circuler de 20h30 à 5h30 et fermeture des cafés tenus par des Algériens.
Le FLN appelle à une manifestation pacifique le 17 octobre pour protester contre ce couvre-feu et pour l’indépendance. Entre 20.000 et 30.000 personnes descendent, souvent en famille, sans armes, vers les Grands Boulevards, l’Étoile, Saint-Michel.
La répression
Ordre est donné de disperser. Très vite ça dérape : Matraquages systématiques, tirs boulevard Bonne-Nouvelle…
Des manifestants jetés dans la Seine depuis les ponts Saint-Michel et Neuilly
Environ 11.000 à 14.000 arrestations en une nuit, parqués au Palais des Sports, au Parc des Expos, au stade Coubertin et au centre d’identification de Vincennes, avec sévices signalés.
La presse est censurée. Le JT de la RTF le 17 au soir n’en parle pas. La préfecture annonce 3 morts.
Combien de morts? C’est le point le plus contesté.
L’écart vient des archives fermées longtemps et de la méthode de comptage.
Bilan officiel 1961: 2 puis 3 morts
Rapport parlementaire 1998: 7 morts établis
Historiens « minimalistes » – Jean-Paul Brunet, historien de gauche pourtant : 30 à 50 morts avérés par documents, dont des noyés retrouvés dans la Seine dans les semaines suivantes.
Historiens « majoritaires » aujourd’hui – Jean-Luc Einaudi (qui a révélé l’affaire dans les années 90), Jim House et Neil MacMaster: entre 100 et 200 morts, en comptant les disparus et les décès dans les centres d’internement les jours suivants.
Chiffres militants parfois cités – 300, 400, jusqu’à 600: ce sont des estimations non sourcées par archives, qui additionnent blessés, disparus et refoulés vers l’Algérie (1.500 refoulements).
Aucun historien sérieux ne retient 3 morts. Aucun ne peut prouver 300 morts avec des listes nominatives. La fourchette la plus citée dans les manuels aujourd’hui est 40 à plus de 200 selon la période couverte. L’historien Jean-Luc Einaudi avance jusqu’à 200 victimes, Brunet documente une trentaine.
La mémoire
1999: le parquet de Paris parle de « massacre »
2001: plaque au Pont Saint-Michel
2012: François Hollande évoque une « répression sanglante »
2021: Emmanuel Macron parle de « crimes inexcusables pour la République » sous l’autorité de Papon
28 mars 2024: l’Assemblée nationale vote une résolution condamnant une « répression sanglante et meurtrière ».
Attention, pas mal de récits et analyses racontent n’importe quoi, par exemple qu’il y aurait eu « 600 Algériens noyés sous les yeux de Papon ». Ce qui est faux, il n’y a pas eu 600 corps repêchés, et Papon n’était pas sur les ponts.
Christine Tasin
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Tout ce que je peux vous dire, c’est que mes parents, jeunes mariés et revenant du cinéma, le soir,ont croisé un Algérien sur un pont qui détalait comme un lièvre, poursuivi par la police. Le lendemain dans les journaux, ils ont lu que des personnes (algériens?) avaient été repêchées dans la Seine.
Merci pour votre témoignage
Merci Christine pour ce rappel. Selon la gauche bien informée (😂😂😂) des centaines voire des milliers de morts algériens par noyade dans la Seine. À cette époque, j’habitais Nanterre, ma mère nous emmenait souvent sur les bords de Seine, aucun cadavre en vue, les écluses, les berges, les retenues auraient regorgé de cadavres, les mariniers auraient navigué au milieu d’une marée de cadavres, les IML n’auraient pas pu faire face, les ambulances non plus, les pompes funèbres débordées, et les photos de la presse écrite d’opposition auraient fait florès. De plus Papon a été jugé pour des faits remontant à l’occupation. Vous pensez bien que la gauche aurait tout fait pour y adjoindre ces pseudos faits. C’est une légende urbaine dégueulasse. Véhiculée par les ennemis de notre pays.
Merci à toi Argo pour ces témoignages complémentaires
N’oublions pas que l’armée a tiré sur des Français d’Algérie le 26 mars 1962 qui manifestaient pacifiquement, sur ordre de De Gaulle. En ce moment on n’entend que des éloges de De Gaulle par des admirateurs fervents tels que Onfray, Philippot, NDA et maintenant MLP, contrairement à son père. Alors aujourd’hui on laisse agir des pourritures en freinant les actions de la police.
https://www.dreuz.com/2019/03/26-mars-1962-le-jour-ou-de-gaulle-ordonne-dassassiner-des-francais-187422.html
https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/conflits-et-operations-2/guerre-dalgerie-des-combats-du-maroc-et-de-la-tunisie/victimes-de-la-fusillade-de-la-rue-disly-a-alger-le-26-mars-1962