À l’approche du scrutin législatif décisif du 27 octobre 2026, la politique israélienne ne s’embarrasse plus de programmes, de visions économiques ou de débats doctrinaux. Elle s’est figée dans un affrontement binaire, presque mystique, résumé par un cri de ralliement qui sature l’espace public : « Rak Bibi » (Seulement Bibi).
Pour sa base indéfectible, ce slogan est un acte de foi, le nom du dernier rempart de la souveraineté juive contre les pressions extérieures et les renoncements intérieurs. Pour ses détracteurs, c’est le symbole d’une captation absolue du destin d’une nation par les ambitions d’un seul homme. Le drame de l’Israël moderne est là : le débat démocratique s’est effacé pour céder la place à un plébiscite permanent, une guerre d’usure où l’avenir du pays semble indexé sur la survie politique et juridique de Benjamin Netanyahu.
Les prétoires : Machination ou déchéance ?
Aborder la question de front exige de plonger dans le dossier volcanique qui paralyse les institutions depuis des années : le marathon judiciaire du Premier ministre. D’un côté, le réquisitoire est lourd et documenté. Les affaires 1000, 2000 et 4000 dessinent, pour l’accusation, le portrait d’un pouvoir compromis par les renvois d’ascenseur médiatiques, les faveurs réglementaires accordées au géant Bezeq, et les largesses de milliardaires courtisans. Pour la moitié du pays, voir un chef de gouvernement naviguer entre la gestion d’une guerre existentielle et la barre des témoins du tribunal de Jérusalem est le signe d’une usure démocratique insupportable, aggravée par le refus persistant d’installer une commission d’enquête d’État indépendante sur les failles institutionnelles qui ont mené au drame national.
Mais le droit chemin n’est jamais à sens unique. En ce mois d’octobre 2026, le procès a connu un coup de théâtre qui vient donner un carburant formidable aux partisans du « Rak Bibi ». L’audition de l’ancien procureur général Avichai Mandelblit — l’homme même qui avait signé l’inculpation de Netanyahu — a révélé d’incroyables failles procédurales, ce dernier admet n’avoir pas paraphé formellement toutes les autorisations requises pour les enquêtes policières. Pour le camp nationaliste, le masque tombe : ce ne sont plus des dossiers de justice, c’est une tentative de coup d’État judiciaire. L’argument devient massue : face à une alliance de l’État profond, des médias et d’une magistrature non élue qui cherche à abattre le leader choisi par le peuple, « Rak Bibi » n’est plus un choix électoral, c’est un devoir d’insoumission patriotique.
La dialectique du vide quand l’opposition est le carburant
Si le cri de ralliement « Rak Bibi » résonne encore avec une telle vigueur à l’aube du 27 octobre, c’est qu’il se nourrit directement de la faillite idéologique de ses adversaires.
Que propose l’alternative ? Une gauche désormais unifiée sous la bannière des « Démocrates » de Yair Golan, dont le logiciel politique semble prisonnier des illusions d’Oslo, prônant des concessions territoriales et une séparation vers un État palestinien dont l’immense majorité des Israéliens ne veut plus entendre parler, y voyant à juste titre un suicide national. Face à cela, le bloc du « Tout sauf Bibi » orchestré par des figures comme Gadi Eisenkot ou de vieilles alliances opportunistes ne brandit aucun projet civilisationnel cohérent. Leur unique ciment est la haine d’un homme. En érigeant le rejet de Netanyahu en seule ligne politique, l’opposition commet une erreur stratégique majeure : elle valide l’équation de son rival. Elle confirme que Benjamin Netanyahu est bien le centre de gravité unique autour duquel gravite tout le destin de la nation. Pour l’électeur de droite, le choix est vite fait : face au flou programmatique et au risque de capitulation doctrinale, « Seulement Bibi » devient l’unique vote de saine légitime défense.
Pourtant, regarder la vérité en face exige de comprendre pourquoi cette incarnation absolue est devenue une nécessité vitale. À force de clamer qu’il n’y a personne d’autre, Netanyahu a transformé sa personne en un bouclier politique et militaire. Dans une époque où les enjeux de survie d’Israël sont si vertigineux, ce vide apparent autour de lui n’est pas une faiblesse, mais une stratégie de commandement suprême imposée par l’Histoire. BIBI devient aux yeux d’anciens militaires anglais – Le Winston Churchill des années 2100. Face à la meute intérieure et aux trahisons extérieures, la dispersion des forces de droite serait un luxe mortel que le pays ne peut se permettre. Ce bloc d’acier forgé autour d’un seul homme garantit la continuité de la ligne de front. Le souverainisme authentique n’est pas ici l’otage d’un destin individuel, il a trouvé en Benjamin Netanyahu l’instrument historique de sa résilience, le seul capable de maintenir le cap d’une nation forte, fière et intransigeante sur sa sécurité matérielle et spirituelle.
À la veille de ce scrutin crucial, le slogan « Rak Bibi » dépasse donc le cadre de la simple politique politicienne. Il est devenu le nom de la résistance face à ceux qui espèrent la chute de la digue nationale. Les électeurs ne glisseront pas un simple bulletin dans l’urne pour attribuer des sièges à la Knesset ; ils auront à choisir entre la clarté d’un cap souverainiste éprouvé par le feu et… le saut dans le vide d’une transition que nos ennemis guettent avec impatience. Dans ce moment de bascule civilisationnelle, la division est un luxe mortel. L’Histoire jugera, et le verdict des urnes devra être celui de la force, de la continuité et de la survie d’Israël. Car au-delà du tumulte des prétoires et de l’arène électorale, ce qui se joue à travers ce bras de fer, c’est aussi l’éveil d’une force plus grande que la politique. L’histoire d’Israël a prouvé qu’à chaque fois que la nation a frôlé le précipice, une résilience invisible mais invincible s’est levée du cœur du peuple.
Saisir le taureau par les cornes, ce n’est pas seulement faire corps derrière un homme pour parer les coups ; c’est refuser la fatalité du déclin. Cet affrontement obligatoire, aussi douloureux soit-il, porte en lui les germes d’une clarification salutaire et d’une prise de conscience historique. L’espoir réside précisément là : dans cette capacité unique qu’a ce peuple de transformer les crises existentielles en un bloc de solidarité indéfectible, capable de surprendre le monde et de balayer les doutes pour assurer son avenir.
AVEC L’AIDE DE « DIEU » – AM ISRAËL HAY
Thérèse Zrihen-Dvir
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