Je ne pouvais vraiment pas me taire suite au débat Sarah Knafo et Bruno Le Maire. Je savais que le Bruno allait prendre une mémorable fessée, mais je n’ai pas pu m’empêcher de regarder la mise à mort de cet olibrius et de voir comment la charmante et toujours souriante Sarah allait s’y prendre pour le ridiculiser…
Il ne m’a pas fallu attendre très longtemps: « M. Le Maire, vous avez endetté la France de plus de 1 000 milliards d’euros », puis « Vous êtes le ministre de l’Économie qui a eu la plus grande longévité de l’histoire de la République, avec 12 budgets à votre actif, et ça a été la pire période au cours de laquelle la France s’est appauvrie. Donc vous êtes bien sur le banc des accusés ! » assène Sarah. Là, le coup est rude, le Bruno est déjà KO debout et il essaie de s’en sortir avec des arguments de mauvaise foi évidente.
Puis Sarah appuie là où ça fait mal: « Vous avez vu l’état des hôpitaux en France ? Vous avez vu des gens mourir aux urgences ? Vous avez vu l’hôpital Georges-Pompidou faire des appels aux dons pour financer des scanners ? Comment avez-vous pu dépenser autant ? Aide publique au développement: 100 milliards d’euros, aides sociales non contributives pour les étrangers: plus de 100 milliards d’euros, audiovisuel public: plus de 25 milliards d’euros. Vous auriez dû y mettre fin. »
Ce con réplique que le premier poste de fonctionnaire à supprimer est celui de Sarah Knafo... Pas très élégant, d’autant que Sarah n’est qu’en disponibilité. Il argumente que lui a démissionné de tout… Je suppose quand même qu’il n’a pas renoncé à sa retraite de ministre. Et puis, 7 ans à se goinfrer, il a dû en mettre de côté, non ?
Il essaie de nous démontrer, sans grande conviction, qu’il a fait de la France le pays le plus attractif pour les entreprises étrangères… après avoir vendu la quasi-totalité de nos fleurons industriels ! Il n’a même pas honte. Et moi, désolé, je n’ai pas vu beaucoup de sociétés étrangères venir s’installer en France. Il faudrait d’ailleurs être complètement cinglé, vu les charges afférentes aux salaires et le système fiscal le plus défavorable au monde. Bien au contraire, beaucoup de sociétés françaises cherchent à délocaliser lorsque leurs activités le permettent, pour bénéficier de salaires moins élevés et de charges sociales et fiscales beaucoup moins lourdes !
Et ça continue: « Vous proposez de récupérer environ 3 milliards d’euros sur les retraites, c’est un expédient ! Ça ne règlera aucune question. Moi, ce que je ne veux pas, c’est trouver des boucs émissaires: les retraités, les ultra-riches, etc. Moi, ce que je veux, c’est qu’on arrête de prendre dans la poche des Français et que les Français s’enrichissent. » Bruno Le Maire ne sait plus vraiment où il habite et utilise tous les arguments possibles pour essayer de se justifier !
Puis il nous parle de limiter notre déficit à 3 %, ce qui est un vœu pieux, mais – et c’est là encore où il est à côté de la plaque – uniquement pour faire plaisir à l’Europe. Autrement dit, il avoue que ce ne sont plus les Français qui dirigent la France, mais l’Europe de von der Leyen…
Sarah reprend: « Il est bien facile de venir nous dire aujourd’hui que le système est mort, alors que pendant 7 ans vous en avez largement profité… La France s’est appauvrie et s’est lourdement endettée durant votre passage au ministère de l’Économie, et il est facile de venir nous dire aujourd’hui que vous prenez vos responsabilités sans jamais nous dire lesquelles. Et à chaque fois vous trouvez un autre bouc émissaire… Vous avez accusé vos services, ce qui est la pire des inélégances, puis le Covid, puis la guerre en Ukraine. Et cerise sur le gâteau, s’il n’y avait pas eu cette funeste dissolution, vous auriez vu ce que vous auriez vu… parce qu’avec moi on aurait relevé les comptes publics... »
Bruno Le Maire a beaucoup de difficultés à justifier la dette de 1 000 milliards, qu’il attribue au Covid. Sarah lui demande de justifier ces sommes et il balbutie, jusqu’au moment où Sarah lui assène le coup de grâce en lui indiquant qu’elle a les comptes de la Cour des comptes, qui eux attribuent 130 milliards de dette sur les 1 000 milliards au Covid. Elle lui demande de justifier les 870 milliards restants et là, il en est bien incapable. Il nous parle des boucliers tarifaires, mais là encore Sarah a les chiffres: 56 milliards d’euros. Il manque toujours 814 milliards d’euros. Il justifie cela avec la dette sociale… Il veut nous embrouiller avec les ruptures conventionnelles, qu’il admet qu’il faudrait supprimer… Il nous répète qu’il veut passer d’un État-providence à un État-puissance… Ça, ce sont des paroles qui ne veulent pas dire grand-chose. Il reconnaît quand même que la France est au bord de la falaise, mais refuse d’en assumer la responsabilité !
Sarah reprend et lui démontre, chiffres à l’appui, qu’il est complètement à côté de la plaque et lui reproche de ne pas avoir dévoilé aux Français qu’il voulait prendre des dispositions – selon ce qu’il déclare aujourd’hui – concernant la baisse des dépenses publiques, mais qu’il ne pouvait pas… Ce qui amène Sarah à lui rétorquer qu’il avait le pouvoir de démissionner. Et elle lui assène un nouveau KO: « Quand vous baissez les impôts des Français de 2 points – félicitations pour cette baisse qui avait été promise par Emmanuel Macron – et que dans le même temps vous augmentez notre taux d’endettement de 16 points, cela ne s’appelle pas une baisse, mais un report, car la dette ce n’est que de l’impôt différé. Vous avez simplement endetté le pays en notre nom à tous et nous n’avons jamais signé pour ça. »
Le débat se termine sur le fait que Sarah lui démontre que son ministère emploie beaucoup trop de fonctionnaires, bien que lui affirme que le ministère de l’Économie est le ministère qui a le plus diminué son nombre de fonctionnaires… Ce qui laisse une vague idée de la gabegie qui règne dans les autres ministères…
Ce débat nous a démontré à quel point, au niveau du ministère de l’Économie, nous avions le ministre le plus nul de tous les pays européens. <Ce message a été modifié.
Patrick Jardin
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