La gauche bretonne a perdu la bataille des idées, la violence est son dernier recours

Nous avons eu le plaisir de croiser la route d’un vrai militant breton, Pierre-Yves Thomas, qui vient d’être élu conseiller municipal à Saint-Brieuc, et d’être nommé responsable de la région Bretagne de Reconquête par Eric Zemmour. L’occasion pour nous de faire connaissance un peu plus avec cet homme attachant et courageux.

L’appel de Fillon à voter Macron a été la goutte d’eau de trop pour moi

Riposte Laïque : Avant d’approfondir cet entretien, pouvez-vous nous dire qui vous êtes, quel est votre parcours professionnel et politique, et le cheminement qui vous a conduit à devenir aujourd’hui un cadre de Reconquête, en Bretagne ?

Pierre-Yves Thomas : Mes premiers engagements politiques furent à l’âge de 17 ans, lors des élections présidentielles de 1981. Cette année-là, Valéry Giscard d’Estaing était le candidat le plus couramment soutenu par mes amis du lycée et c’est ainsi que, un dimanche après-midi, j’ai enfourché mon cyclomoteur Peugeot 103 d’adolescent pour rencontrer un ami de mes parents, assureur de son état et qui était également militant de la bonne cause. Nous avons préparé la colle dans son garage et ce fut parti pour ma première tournée d’affichage sur Saint-Brieuc, le début d’une longue série de campagnes militantes, jusqu’à aujourd’hui.

En réalité sympathisant RPR, mon activité professionnelle et ma situation familiale ont cependant dicté quelques priorités de vie, et donc une pause dans l’engagement politique. C’est aux Présidentielles 2012 que j’ai repris du service, lors de la campagne en soutien au candidat Sarkozy.

Pourtant, la période UMP-LR des années 2010 me décevait progressivement de plus en plus. J’observais déjà, depuis plusieurs années, l’abandon, par ce parti, de convictions assumées à droite, et mon avis fut conforté par l’appel de François FILLON  à voter pour Emmanuel MACRON en 2017. « Re-zo-re ! », me suis-je alors dit, trop c’est trop, et j’ai pris la décision de tourner la page de ce mouvement.

En 2021, j’ai été vite repéré et engagé par « Les Amis d’Eric Zemmour », c’est ainsi que je suis rapidement devenu responsable départemental Reconquête!22 pour les Côtes-d’Armor, fonction que je remplis sans discontinuer depuis lors.

J’ajouterai que, depuis mi-septembre 2026, je suis également représentant et responsable régional Reconquête! pour la Bretagne, en collaboration avec les délégués départementaux.

Je suis très fier d’avoir participé, modestement, à la victoire de Callac

Riposte Laïque : Vous avez été en première ligne, c’était près de chez vous, de la bataille de Callac, contre le projet Horizon, qui voulait imposer des centaines de migrants à la population, en plein centre-ville. Quel est votre regard, plusieurs années plus tard, sur cette bataille ?

Pierre-Yves Thomas : Quelques années plus tard, je continue de rendre honneur à toutes les parties prenantes patriotes à la « bataille de CALLAC » contre le sinistre projet « Horizon » de 2022, une initiative  déplorable qui était voulue à la fois par cette gauche bretonne matricée dans un sans-frontiérisme rétrograde d’accueil inconditionnel de « l’Autre » au détriment des Français, et aussi par des parrains bobos parisiens, généreux arroseurs financiers mais qui ne connaissaient rien aux problématiques –très réelles – et aux défis de la ruralité. Nous patriotes, fiers de notre Bretagne et de notre pays, avons gagné cette bataille, et CALLAC est le symbole de la ténacité payante du peuple de droite enraciné qui a réussi à faire plier l’alliance funeste d’une gauche locale inconséquente et destructrice, avec le progressisme mondialiste.

L’histoire de la création de la liste municipale patriote unitaire de Saint-Brieuc

Riposte Laïque : Lors des dernières élections municipales, vous avez mené une liste qui s’affichait ouvertement de droite, à Saint-Brieuc, et avez réalisé le score inattendu de 13 %. Vous êtes aujourd’hui conseiller municipal de cette ville. Pouvez-vous nous parler de l’histoire de cette liste, et surtout de votre expériences des premiers mois d’élu municipal ?

Pierre-Yves Thomas : La liste « Saint-Brieuc, LA droite pour tous » aux dernières élections municipales est tout simplement partie d’un constat, c’était il y a un an, en septembre 2025 : les mouvements de droite sur les Côtes-d’Armor ne se parlaient pas, tout à fait à l’instar de ce qui pouvait être observé dans l’immense majorité des autres départements de l’Hexagone. Nous avons alors pris l’initiative d’organiser une rencontre, un « apéro » un samedi de septembre, en conviant tous les responsables que nous pouvions identifier, dans nos relations personnelles, de mouvements à droite : Reconquête!, VIA Parti Chrétien Démocrate, UDR (Ciottistes), RN, Les Patriotes, LR et IDL.

Sept mouvements se sont donc retrouvés autour d’une table garnie de cacahuètes, de bières et de jus de fruit et nous avons cordialement fait connaissance, discuté sur l’actualité politique, sur l’avenir de la France et c’est ainsi qu’est apparue l’idée de créer une liste commune aux Municipales 2026 à Saint-Brieuc. Certes, nous avons mutuellement dû composer avec les attentes et les sensibilités respectives des participants, ce qui était d’ailleurs un excellent exercice de relations humaines qui me laisse un excellent souvenir. En janvier 2026, les équipiers du Rassemblement National ont, d’eux-mêmes, décidé de plier bagage, à mon sens sous le poids, du moins en partie, d’une pression non négligeable de leur parti. En tout cas, il n’y eut pas de conflit particulier et tout s’est passé dans un cadre de liberté d’action qui était, depuis le début, la règle commune.

Finalement, la liste « Saint-Brieuc, LA droite pour tous ! » a mené le combat des élections municipales du mois de mars en intégrant des profils très variés incluant notamment des militants et des adhérents Reconquête!, LR, Les Patriotes, UDR, DLF, en plus d’une fraction importe de citoyens non encartés.

Aujourd’hui seul élu au conseil municipal de Saint-Brieuc, je suis très heureux de pouvoir porter la voix de tous nos électeurs aux séances du conseil municipal qui se réunit environ une fois par mois. Je fais également partie de la commission des Finances et de la commission d’attribution des subventions, ce qui me permet de comprendre le fonctionnement des mécanismes internes à la municipalité.

Le nouveau maire macroniste de Saint-Brieuc, Victor Bonnot, n’a rien d’un homme de droite

Riposte Laïque : Saint-Brieuc a été perdu par la gauche, après des décennies de gestion socialiste. Les nouveaux élus, qui se disent de droite, mènent-il une politique différente de celle de leurs prédécesseurs ?

Pierre-Yves Thomas : Je suis très réservé sur la qualification politique de la nouvelle équipe municipale en place. Victor BONNOT, nouveau maire de la commune, et sa liste se sont faits élire sur le slogan auto-proclamé de « Liste de droite et du centre », ce qui était tout simplement une usurpation d’identité vis-à-vis des électeurs briochins, une sorte de tromperie sur la marchandise qui aurait presque mérité, en d’autres circonstances, un signalement à la Répression des Fraudes.

« Saint-Brieuc, LA droite pour tous ! » était véritablement la seule liste de droite, une droite raisonnée, tempérée, à ce scrutin municipal et force est de constater que, aujourd’hui, la mairie de Saint-Brieuc est tenue par une équipe, non pas de droite et du centre, mais essentiellement macroniste –Victor BONNOT est lui-même délégué départemental du parti Horizons d’Edouard Philippe, donc de centre-gauche, dans le sillage d’Emmanuel MACRON, lui-même issue du Parti Socialiste.

A ce sujet, il est très important de garder à l’esprit qu’Horizons et le macronisme représentent politiquement le pire de la gauche et de la droite réunis : une gauche de l’argent qui a abandonné les classes ouvrières et une droite qui a complètement oublié un certain nombre de principes et de valeurs chers à la droite sur lesquels le macronisme et Horizons s’assoient  sans vergogne.

Suivez le coq — l’application

Quelques exemples récents illustrent la mise en pratique de cette duplicité :

En séance de conseil municipal du 8 juillet dernier, la majorité municipale est prise main dans la main avec l’opposition socialo-communiste, LFI compris, pour dilapider l’argent public en votant une subvention à une association de jeunes migrants du département alors que la ville est très endettée, alimentant par ailleurs la pompe aspirante de l’immigration clandestine et encourageant implicitement le désordre migratoire, à Saint-Brieuc comme ailleurs.

En séance de conseil municipal du mercredi 23 septembre, c’était il y a quelques jours, le maire, Victor BONNOT, a balayé d’un revers de la main ma mise en garde sur la formulation d’une charte pour le conservatoire briochin qui accueille des scolaires, laquelle charte faisait la part belle au « genre » et aux « identités de genre », tout un sabir incompréhensible pour le grand public, mais qui est l’expression d’un agenda idéologique et politique menant typiquement à une emprise sur nos enfants, la démonstration en a été largement faite ici ou là. Alors que le périscolaire continue de secouer le monde politique dans lequel l’administration socialiste de Paris est mouillée jusqu’au cou, un minimum de prudence ou de réflexion auraient été de mise.

Mais non, Victor BONNOT n’a pas trouvé mieux que de qualifier ma mise en garde et mes recommandations de « fantasme » (sic), preuve s’il en est de son inculture, de son ignorance totale sur ces questions. Si, au moins, il avait pu démontrer minimum d’humilité en la matière, ce n’aurait déjà pas été mal mais non, pas même cela.

Je suis la cible des élus de gauche de Saint-Brieuc et particulièrement de LFI

Riposte Laïque : Quelle est l’attitude de vos collègues conseiller municipaux à votre égard ?

Pierre-Yves Thomas : Je crois pouvoir dire que l’attitude de mes collègues conseillers municipaux à mon égard est assez variable, ce qui n’est guère surprenant. J’avoue ici avoir essentiellement un sentiment de bienveillance, par principe, envers la personne de mes collègues. Cela se traduit par des rapports plutôt cordiaux avec les membres de la majorité municipale même si, et c’est tout à fait naturel, nous n’avons pas les mêmes positions sur un certain nombre de sujets.

Je ne peux malheureusement pas en dire autant avec mes collègues socialo-communistes de l’opposition municipale. Alors que, de par leur étiquette politique, ils plaident à qui veulent les entendre, la tolérance, l’ouverture et la diversité, je suis obligé de constater qu’une majorité d’entre eux a du mal à souffrir de me voir tout simplement prendre la parole en séance de conseil municipal. A la séance du 23 septembre par exemple, le maire a été obligé de rappeler à l’ordre un conseiller de cette minorité qui aurait préféré que je ne m’exprime pas, que je ne porte pas la voix des Briochins qui m’ont fait confiance.

En la matière, la palme revient au conseiller LFI Henri ALLOY qui, en séance du 23 septembre toujours, s’est lancé dans une diatribe à mon encontre, aussi confuse qu’inepte, au point que le reste du conseil municipal n’en a rien compris et qu’il s’est tout simplement ridiculisé.

Dimanche, nous serons présents dans le Finistère pour les élections sénatoriales

Riposte Laïque : Vous présentez également une liste dans le Finistère, aux prochaines élections sénatoriales. Qu’espérez-vous ?

Pierre-Yves Thomas : Oui, c’est tout à fait exact. Cette liste est menée par mon collègue et ami Yann LERICHE, qui est personnellement établi à Brest. C’est une candidature très courageuse, Yann est un homme très consciencieux et travailleur, et  j’invite les grands électeurs finistériens de centre et de droite à voter pour lui car le programme qu’il porte, sur sept principaux axes, est tout à fait de nature à répondre aux attentes des communes et des maires :

  • Abrogation de la loi du 21 mai 2025 sur la parité dans les petites communes.
  • Soutien aux maires qui refusent le mariage de personnes en situation irrégulière.
  • Renfort des pouvoirs de police du maire.
  • Protection des maires en cas de menaces et d’agressions.
  • Rééquilibrage des relations entre les communes et les intercommunalités.
  • Aucune fermeture de classe en zone rurale sans l’accord des maires.
  • Sanctuarisation des dotations globales de fonctionnement pour les communes de moins de 500 habitants.

Dans le Finistère, 10 listes sont en concurrence, dont 5 listes de gauche, pour 4 sièges de sénateurs à pourvoir et le scrutin est donc très ouvert, chacun ayant ses chances.

J’observe la montée de la violence de la gauche, en Bretagne et partout ailleurs…

Riposte Laïque : Beaucoup prédisent, dans les semaines et les mois à venir, une campagne présidentielle qui risque d’être violente. En Bretagne, il y a de nombreux bastions antifas. Craignez-vous pour la sécurité de vos militants ?

Pierre-Yves Thomas : J’observe en effet, sur les cinq dernières années, un durcissement des postures politiques qui se traduisent parfois, particulièrement à gauche et à l’extrême-gauche, par des discours particulièrement radicaux et excessifs et, parfois aussi, par des agissements condamnables, y compris en Bretagne et dans les Côtes-d’Armor.

Je disais plus haut que certains conseillers municipaux à Saint-Brieuc préféreraient ne pas me voir parler, jusqu’à tenter de couper, voire interdire la parole. Un autre, le conseiller municipal LFI, se lance impudemment dans le dénigrement gratuit. Ce sont des alertes significatives.

En militantisme de terrain aussi, les situations peuvent déraper et il conviendra en effet d’être vigilant. Mais, en réalité, quelle est la traduction de cette atmosphère ? La violence verbale et la violence physique ne sont finalement que de succédanés argumentaires d’une gauche et d’une extrême-gauche qui n’ont plus grand-chose à offrir à la société, après des décennies de toute puissance idéologique et de mainmise, parfois absolue, sur les institutions, sur les mentalités et dans l’opinion. Mais la gauche et l’extrême-gauche sont dorénavant en train perdre la bataille des idées. Le mouvement de balancier est déjà engagé depuis plusieurs années, la gauche et l’extrême-gauche le réalisent, et c’est également ce qui tend à les rendre violents.

Pour ma part, comme responsable politique, je n’ai pas peur, absolument pas. En revanche, je prendrai soin, chaque fois que nécessaire, de la sécurité de mes militants jusqu’à la victoire, assurément.

Un très grand merci pour votre interview.

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