C’est sur X, lundi 7 septembre, à propos de la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, 44% des voix, premier Land qui pourrait basculer depuis 1945. Et Olivier Faure, premier secrétaire du PS et candidat à la primaire de la gauche, dégaine son analyse géopolitique de comptoir:
L’AfD, c’est « l’internationale réactionnaire d’extrême droite qui avance à visage découvert ». Et dans la bouche de Faure et de ses camarades Bompard/Mélenchon, la traduction est claire: AfD = pro-nazi, pro-russe, pro-Trump. Le combo ultime du diable.
Le problème, c’est que même pour un socialiste, l’histoire devrait compter un minimum.
Pro-nazi ET pro-russe ? Il faut choisir.
Olivier Faure nous explique que l’AfD serait à la fois nazi et pro-Poutine. Sauf que la Russie, enfin l’Union soviétique à l’époque, a perdu 27 millions de morts pour écraser le nazisme. C’est l’Armée Rouge qui a planté le drapeau sur le Reichstag. C’est Stalingrad, Koursk, la bataille de Berlin. Les Russes ne sont pas des nazis, ils sont le peuple qui a payé le prix le plus lourd pour les vaincre.
Pro-nazi ET pro-Trump ? Il faut réviser.
Les États-Unis de Trump ? Ce sont les États-Unis. Ceux du Débarquement. Omaha Beach, Utah Beach, 200000 GI’s morts en Europe pour libérer les camps. L’Amérique de Trump, c’est la même Amérique qui a jugé les nazis à Nuremberg. Trump peut être tout ce qu’on veut, protectionniste, brutal, anti-woke, mais nazi, non. Son gendre est juif orthodoxe, sa fille s’est convertie au judaïsme, son administration est la plus pro-israélienne de l’histoire américaine. On a vu plus nazi comme profil.
En fait, ni la Russie ni l’Amérique de Trump ne sont des nazis. Ce sont, historiquement, les deux puissances qui se sont battues CONTRE les nazis. Le dire, ce n’est pas être pro-russe ou pro-Trump, c’est juste avoir ouvert un livre d’histoire une fois dans sa vie.
Faure ferait mieux de balayer devant sa porte.
Au lieu de jouer à « le diable c’est l’AfD », Olivier Faure ferait mieux de dénoncer ses petits copains de gauche tentés par la dictature.
Qui dans son alliance a défilé avec des drapeaux du Hamas le 8 octobre ?
Qui a refusé d’appeler le Hamas terroriste pendant des semaines ?
Qui trouve que Cuba, le Venezuela de Maduro, ou même la Chine de Xi sont des « modèles qui résistent à l’impérialisme » ?
Qui a soutenu des régimes qui enferment des opposants, qui interdisent les journaux, qui tirent sur leur peuple ?
Ce n’est pas l’AfD qui a une passion pour les régimes autoritaires. C’est une partie de la gauche de Faure. La France Insoumise qui explique que Poutine est certes un problème mais que l’OTAN est pire. Le PCF qui n’a jamais vraiment fait son deuil de l’URSS. Et le PS de Faure qui s’allie avec tout ça pour garder 30 députés.
L’AfD a certes un programme anti-immigration, anti-éoliennes, pro-famille traditionnelle, c’est un fait (parti d’ailleurs dirigé par une femme, lesbienne, vivant avec une femme de couleur ;- ). On peut le combattre sur ses idées. Mais le coup du « pro-nazi, pro-russe, pro-Trump = le diable », c’est le niveau zéro de l’analyse politique.
C’est pratique: quand on n’a plus d’idées pour la France, on agite le chiffon nazi. Et on oublie que ceux qu’on traite de nazis aujourd’hui sont les héritiers de ceux qui ont justement écrasé les vrais nazis en 1945.
Faure devrait relire Jaurès au lieu de tweeter.
Christine Tasin
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Faure, chef d’un parti lilliputien qui ne doit sa survie qu’en restant accroché aux basques de Mélenchon. Faure serait plus à sa place en étant contremaître dans une imprimerie qui imprime des livres de recettes de cuisine. Il a autant de charisme qu’une moule de bouchot.