Mal de dos… Soulager les douleurs ou bien recourir à la chirurgie ?

Soulager les douleurs dorsales ou recourir à la chirurgie commerciale du rachis ?

Je vous traduis ci-après l’introduction à une newsletter d’un médecin du Misdwest, une confrère généraliste expérimentée, critique et bon pharmacologue que j’apprécie. J’y ajouterai quelques citations intéressantes et des conseils dont ceux d’un de mes meilleurs anciens collaborateurs qui s’est spécialisé en clinique de la douleur..

En bref, cette introduction de Midwest Doctor

La médecine moderne fonctionne bien trop souvent comme un entonnoir ou tunnel de vente: les patients sont vus le moins longtemps possible par des médecins médiocres, adeptes de la Via Positiva et orientés vers des services lucratifs, sans que l’on cherche à identifier la cause profonde de leur problème.

Les douleurs dorsales ayant de multiples causes, 90 % des lombalgies sont simplement qualifiées de non spécifiques. Les causes les plus fréquentes restent méconnues et les patients sont pris en charge selon un parcours de soins standardisé, où presque chaque étape passe à côté de la véritable cause, voire l’aggrave. Par exemple, tous les analgésiques, toutes les opération présentent des problèmes importants.

• Certaines interventions chirurgicales du rachis sont nécessaires ou offrent des avantages concrets réels. Mais, lors d’essais randomisés, les arthrodèses, les interventions les plus lucratives, n’ont cessé de se révéler moins efficaces que les traitements non chirurgicaux, tout en présentant de nombreuses complications, parfois graves. Pourtant, elles sont de plus en plus prisées. Une enquête approfondie menée dans un hôpital ayant généré des revenus records grâce à un volume important d’interventions neurochirurgicales vertébrales illustre ce phénomène, tandis que ses propres médecins démissionnaient pour protester contre des interventions jugées inappropriées et des conditions de travail dangereuses.

Parallèlement, les pays ne disposant pas des ressources nécessaires pour maintenir un monopole médical ont activement exploré des alternatives peu coûteuses. La Russie et l’Europe de l’Est ont ainsi développé une littérature abondante sur le traitement des hernies discales et des radiculopathies par application topique de DMSO, incluant un essai contrôlé par placebo et des recommandations nationales de traitement. Des centaines de mes lecteurs ont fait le même constat, y compris de nombreux patients se remettant d’arthrodèses qui s’étaient révélées inefficaces.

Cet article détaillera pourquoi chaque étape du parcours conventionnel est dangereuse, les approches oubliées sur lesquelles mes confrères et moi nous appuyons depuis des décennies pour soulager les douleurs cervicales et dorsales sans chirurgie, et comment le DMSO peut être utilisé spécifiquement dans ces cas.

L’un des plus grands problèmes du système de santé, qui reflète à mon avis la société dans son ensemble, est que tout est devenu si rapide que les médecins n’ont plus le temps d’établir un véritable lien avec leurs patients. De ce fait, de nombreux aspects essentiels de la médecine sont négligés. J’ai connu beaucoup de patients qui ont subi des préjudices du système médical à cause du modèle de la consultation de quinze minutes.

Lorsque j’ai lancé cette newsletter, mon objectif était de répondre à chacun des lecteurs qui me contactaient, mais avec le développement de cette publication, cela est devenu impossible. La meilleure solution que j’ai trouvée est celle des discussions ouvertes mensuelles, où toute question accumulée au cours du mois précédent peut être posée publiquement (ce qui me permet de traiter les questions beaucoup plus rapidement et permet à tous de voir les réponses), en lien avec un sujet suggéré par de nombreux lecteurs.

Le sujet de ce mois-ci est une lacune majeure de la médecine qui me préoccupe depuis longtemps. Pourquoi les douleurs dorsales mettent à mal la médecine moderne ?

Quelques citations du texte complet de ce Midwest Doctor et quelques remarques

Les quelques observations suivantes vous seront utiles pour poser des questions à votre médecin.

Dans la plupart des cas, ce statu quo s’explique par la brièveté des consultations : les médecins (hors praticiens privés) n’ont pas le temps d’appréhender l’anamnèse et le tableau clinique dans leur ensemble ni d’identifier la cause profonde de l’affection du patient. Note du Dr. D. Schwander: le pire est, à mon avis, le système de la Sécurité sociale canadienne qui n’autorise le patient à ne poser qu’une question au médecin lors de sa consultation ! De plus, le système médical est incité à développer des produits à forte valeur ajoutée (médicaments symptomatiques, par exemple) plutôt que de véritables traitements pour les affections courantes.

Les chirurgies de décompression (laminectomie, discectomie) consistent à retirer le tissu osseux ou discal comprimant un nerf. Elles offrent le plus grand bénéfice de toutes les interventions chirurgicales du rachis. Au niveau lombaire, elles transforment souvent la vie des patients avec des effets secondaires minimes. Au niveau cervical, elles soulagent la plupart des patients, mais présentent un risque de complications plus élevé. Les données actuelles confirment leur efficacité chez les patients souffrant à la fois de douleurs et de signes cliniques de compression nerveuse, et j’ai constaté une amélioration spectaculaire chez de nombreuses personnes grâce à ces interventions.

Les arthrodèses vertébrales consistent à fusionner des vertèbres à l’aide de matériel (métal et vis), bloquant définitivement la mobilité du segment concerné. Aussi loin que je me souvienne, j’ai rencontré des gens qui ont subi des arthrodèses qui ne les ont pas aidés et qui ont causé une foule de problèmes, parce que le corps dépend de la liberté de mouvement de toute la colonne vertébrale de multiples façons)

Il est important de souligner les causes fréquentes de lombalgie :
• Muscles tendus.
• Laxité ligamentaire.
• Mauvais alignement osseux.
• Immobilisation et position assise prolongée.
• Douleur psychologique.
• Hernie discale comprimant une racine nerveuse.
• Douleur référée.
Pathologie structurale.
Les spondyloarthropathies séronégatives: Un groupe d’affections articulaires inflammatoires qui ne présentent pas certains des marqueurs sanguins classiques des maladies rhumatismales (et sont donc souvent non diagnostiquées).

Injections de corticoïdes: L’inflammation des articulations facettaires et des racines nerveuses adjacentes étant à l’origine de la lombalgie, une approche courante pour les lombalgies ne répondant pas aux traitements conservateurs consiste à injecter des corticoïdes dans ces zones. Le principal problème de cette approche est que les corticoïdes endommagent les os et les ligaments ; ainsi, en échange d’injections répétées et de leur soulagement temporaire procuré par les corticoïdes, l’irritation sous-jacente s’aggrave.

Prise en charge des douleurs dorsales

Le traitement conservateur (non chirurgical) est la prise en charge de première intention pour 80 à 90 % des hernies discales lombaires, car la majorité des hernies se résorbent spontanément avec le temps. Il s’agit de réduire l’inflammation de votre nerf comprimé et de soulager votre douleur.

1. Traitement

Antalgiques
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
Décontracturants musculaires
Corticoïdes par voie orale : Parfois prescrits sur une très courte durée pour un effet anti-inflammatoire puissant.
Exercices, ciblés physiothérapie et réadaptation dès que la crise aiguë diminue.
Modification de l’activité en évitant le repos strict au lit et en adaptant ses mouvements.
Apprentissage de l’hygiène posturale pour protéger ses disques intervertébraux au quotidien.
Infiltration épidurale ou péri-radiculaire de corticoïdes sous contrôle radiologiquepar un médecin très expérimenté : Si les douleurs persistent malgré les médicaments, les exercices et la physiothérapie.

2. Chirurgie

Le traitement conservateur dure généralement 6 à 8 semaines pour être pleinement efficace, le patient doit donc faire des efforts, cela avec patience.
La chirurgie (microdiscectomie) devient indispensable dans les situations suivantes:
Perte de contrôle des sphincters urinaires ou anaux ou déficit moteur et sensitif dû à la lésion du nerf crural ou du nerf sciatique.
Limitation sévère du périmètre de marche.
Douleurs intolérables et rebelles malgré un long et complet traitement conservateur bien mené par des médecins expérimentés et bien suivi par le patient.
La spondylodèse est suivie tôt ou tard par un syndrome du segment adjacent qui oblige à l’étendre sur plusieurs niveaux. C’est l’effet domino. Les bons médecins expérimentés adeptes des la Via Negativa ne la proposent qu’en cas d’instabilité prévisible après décompression et si possible par abord intersomatique antérieur.

Conclusion

Le Professeur allemand de psychologie Gerd Gigerenzer a rappelé une règle heuristique toute simple que les médecins eux-mêmes appliquent régulièrement lorsqu’ils consultent un confrère mais pas assez les patients : ne demandez jamais au médecin ce que vous devez faire; demandez-lui, ce qu’il ferait ou ce qu’il ne ferait pas lui, s’il était à votre place. La différence de réponse risque bien de vous étonner.

 

Que pouvez-vous faire pour gérer votre perte de lordose lombaire et/ou votre bas du dos douloureux ?

La perte de lordose lombaire (hypolordose ou aplatissement du bas du dos) se produit lorsque la courbure naturelle s’efface, souvent à cause d’une forte contraction des muscles de la sangle abdominale ou des fessiers qui redressent et bloquent le bas du dos, en réaction à une douleur, un disque abîmé ou une hernie discale qui irrite les tissus voisins, une mauvaise position assise prolongée au travail ou en voiture et bien sûr le vieillissement naturel des articulations. Ces lombalgies sont ainsi dues à une mauvaise posture, de l’arthrose, un lumbago, une ou des interventions chirurgicales de la colonne vertébrale.

Votre bas du dos plat encaisse moins bien les chocs verticaux et quand vous vous fléchissez par exemple pour mettre vos chaussettes ou arracher des mauvaises herbes.

Pour y remédier en parallèle avec des exercices de musculation :
Étirez les fléchisseurs de la hanche : le muscle psoas rétracté tire le bassin et fige la mauvaise posture.
Travaillez la mobilité thoracique : libérer le haut du dos réduit la pression sur les lombaires.
Privilégiez toujours les exercices isométriques.
Optez pour la mobilité quotidienne dans le respect de votre douleur et l’adaptation de vos efforts à votre âge. Si un exercice est douloureux le jour même ou le lendemain, il vous faut l’interrompre et le remplacer par un autre.
Privilégiez toujours la qualité du mouvement et un dos neutre plutôt que la charge : le bas du dos ne pardonne pas les excès.
Dans votre voiture augmentez la cambrure lombaire de votre siège (beaucoup de sièges électriques le permettent), assis ou couché sur le dos mettez un linge roulé sous votre région lombaire

Voici quelques exercices de ceux à faire chaque matin, que je vous encourage à faire pour lutter contre vos douleurs du bas du dos.

1. Routine de 10 minutes de Amber Yang pour soulager les raideurs du dos au réveil.
https://www.theepochtimes.com/health/stiff-back-upon-waking-10-minute-spinal-exercises-to-relieve-back-pain-6038098


2. Le Stomach Vacuum
C’est un exercice de respiration hypopressive ciblant le muscle transverse de l’abdomen. Pour le réaliser, expirez tout l’air de vos poumons, puis aspirez votre ventre sous les côtes en essayant de plaquer votre nombril contre votre colonne vertébrale. Maintenez cette position 15 à 30 secondes.

3. Le Pont Fessier (Glute Bridge)
C’est l’un des exercices de musculation les plus efficaces pour isoler et renforcer les fessiers (grand fessier), les ischio-jambiers et la sangle abdominale.
Action : allongé sur le dos, genoux pliés, montez le bassin en serrant les fesses.
Sécurité : n’allez pas trop haut pour ne pas cambrer le haut du dos (hyper-extension).
Progression : à faire sur une seule jambe ou avec un élastique autour des genoux.

4. Le Clam (Le Coquillage)
Est idéal pour renforcer les muscles fessiers (petit et moyen fessier).
Action : allongé sur le côté, hanches à 45°, ouvrez le genou supérieur en gardant les pieds collés.
Sécurité : le bassin ne doit pas basculer vers l’arrière.

5. L’Extension de hanche à quatre pattes (Kickbacks)
Excellent exercice de renforcement ciblant principalement le grand fessier.
Action : à quatre pattes, poussez le talon vers le plafond en gardant le genou plié à 90°.
Sécurité : le bas du dos doit rester parfaitement plat, ne le laissez pas se creuser en montant la jambe.

6. Les marches latérales avec élastique (Monster Walks)
Particulièrement efficace pour isoler et renforcer le moyen fessier (muscle abducteur de la hanche) et stabiliser les genoux.
Action : debout, élastique autour des cuisses ou des chevilles, faites des pas sur le côté en légère flexion de hanche.
Sécurité : garde la colonne en position neutre et verticale, excellent pour le haut des fesses

7.Natation
Nager une demi-heure en alternant sur le dos et sur le ventre. La nage sur le dos protège la colonne vertébrale et calme les douleurs alors que la nage sur le ventre comme le crawl brûle plus d’énergie et muscle le corps entier.

8. Rameur
Le rameur est un bon exercice pour le renforcement musculaire abdomino-lombaire. A la condition d’utiliser une faible charge et de garder son dos bien droit sur le siège coulissant.
Mais gare aux excès.

8. Exercices interdits ou à haut risque
Squats et soulevés de terre lourds: la perte de lordose augmente le risque de but trunk (arrondissement du bas du dos en bas du mouvement) fatal pour les disques).
Presse à cuisses (Leg Press) : plaque le dos et force une flexion lombaire en fin de course.
Extensions lombaires sur banc à 45° : risque d’hyper-extension néfaste.

Conclusion
Pour conclure, il n’y a pas de recette miracle mais des conseils individuels et la méfiance envers les jeunes chirurgiens trop enthousiastes, souvent inexpérimentés et les médecins adeptes de la via positiva de la médecine commerciale.

Un deuxième avis est toujours souhaitable.

L’exercice physique est un des meilleurs médicaments. Il est bénéfique pour presque tous les systèmes organiques de votre corps. Être sédentaire, c’est comme fumer un paquet de cigarettes par jour ou se droguer au Fentanyl ou à tant d’autres drogues, c’est un suicide retardé. Des chercheurs ont analysé les données d’études portant sur plus d’un million de personnes et ont constaté que rester assis plus de huit heures par jour sans activité physique était associé à un risque de mortalité similaire à celui observé en cas d’obésité et de tabagisme.



Dominique Schwander

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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