La lettre de douze pages adressée le 29 juillet 2026 par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, à Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, et révélée début août, est un document accablant.
Intitulée « Suites de l’affaire Lyhanna« , elle synthétise les remontées de 37 parquets généraux et dresse le portrait d’un système à bout de souffle face aux violences sexuelles sur mineurs.
L’affaire qui a tout fait exploser
Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte le 4 juin 2026 dans le Gers, violée et assassinée. Le principal suspect, Jérôme Barella, était déjà visé par plusieurs plaintes pour agressions sexuelles sur mineures, dont celle de la petite Rosa (viols répétés signalés en 2025). Ces dossiers n’avaient pas été traités avec l’urgence requise. Le meurtre a forcé une revue nationale des procédures : environ 70 000 dossiers passés au crible, 85 047 plaintes recensées en cours de traitement pour violences sexuelles sur mineurs.
La lettre de Darmanin révèle l’ampleur des failles structurelles qui ont permis à un tel drame de se produire… et qui menacent d’en produire d’autres.
Les causes : un système en déliquescence
Le constat est sans appel :
– Dossiers fantômes : des milliers de procédures jamais transmises à la justice. À Nîmes, 1 275 ont été découvertes (875 police, 400 gendarmerie) ; 905 à Caen ; un volume important à Agen n’avait donné lieu à aucune information du parquet.
– Procédures perdues ou abandonnées : une quinzaine à Bourges, 17 à Angers, six à Annecy, 23 non localisées à Paris…
– Manque criant d’effectifs et de priorisation : les services d’enquête sont débordés, les priorités des parquets ne sont plus suivies.
– Formation insuffisante : auditions de mineurs victimes « mal faites », questions fermées, observations déplacées.
– Outils informatiques obsolètes : logiciels vétustes obligeant parfois à revenir au papier, traçabilité défaillante.
– Désintérêt de la hiérarchie et coordination déficiente entre police, gendarmerie et justice.
Ces dysfonctionnements ne datent pas d’hier. Ils s’inscrivent dans un contexte de sous-investissement chronique, de réformes successives qui ont dilué les moyens de la police judiciaire, et d’une priorisation politique qui a trop longtemps relégué la protection de l’enfance au second plan. Darmanin, qui a lui-même passé plusieurs années place Beauvau, pointe aujourd’hui les manquements d’un appareil qu’il a largement contribué à diriger. Les syndicats de commissaires et de la police judiciaire ont d’ailleurs dénoncé une trahison et un torpillage de son propre bilan.
Les conséquences : combien d’affaires Lyhanna ?
Chaque dossier fantôme, chaque plainte oubliée, chaque audition bâclée représente un risque concret qu’un prédateur reste en liberté. L’affaire Lyhanna n’est pas un accident isolé : c’est le symptôme d’un système qui laisse filer des signalements pendant des mois, voire des années.
Depuis le lancement de la revue nationale, des centaines de personnes ont été incarcérées et plus d’un millier d’enquêtes ouvertes. Mais ces chiffres, obtenus sous la pression médiatique et politique, ne disent rien du nombre de victimes qui n’ont jamais osé porter plainte, ni de celles dont les dossiers dorment encore quelque part dans un commissariat. Combien d’enfants ont été exposés inutilement ? Combien d’autres Lyhanna ont été évitées de justesse… ou ne le seront pas ?
Les conséquences humaines sont irréparables pour les victimes et leurs familles. Les conséquences institutionnelles sont tout aussi graves : effondrement de la confiance dans la justice et les forces de l’ordre, sentiment d’impunité pour les auteurs, colère légitime des citoyens.
Sous la présidence de Macron, la protection de l’enfance a été proclamée priorité à plusieurs reprises. Les résultats, documentés noir sur blanc par le ministre de la Justice lui-même, disent le contraire. Quand un système laisse des milliers de plaintes pour violences sexuelles sur mineurs dans un stock fantôme, quand un homme déjà signalé pour des faits graves peut passer entre les mailles du filet et tuer une enfant, alors oui : jamais nos enfants n’ont été autant en danger.
Le courrier de Darmanin n’est pas seulement un document administratif. C’est un réquisitoire contre des années d’aveuglement et d’impuissance.
Christine Tasin
P.S Pendant ce temps, un Pierre Cassen, une Christine Tasin et tant d’autres patriotes sont passés au tribunal très souvent, accusés d’avoir osé dénoncer l’islamisation de notre société. On voit bien pourquoi trop de magistrats du Mur des cons se sont acharnés sur eux pour mieux laisser courir des criminels…
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Ça en serait risible si cela n’était pas aussi dramatique pour les enfants.
En fait, par ce courriel, Darmanin n’a fait que dresser le bilan de sa précédente mandature.
Macron, un impuissant qui n’a pas d’enfant ?