Le grand écart de la lâcheté : on chasse les amis de la France, on garde les ennemis

 

Voilà donc Tayeb Djellal. Algérien, presque neuf ans à Châlons-en-Champagne, femme, enfants scolarisés (dont un né ici, un autre au lycée, un aîné qui vise un Master), micro-entreprise, problèmes cardiaques, bénévolat à la Banque alimentaire, animation radio, et même une association « Passerelles de l’humanité » qui se vante de lutter contre la haine, les discriminations… et l’antisémitisme. Pas un islamiste. Pas un délinquant. Pas un râleur permanent. Un type qui dit aimer la France et qui, apparemment, le prouve par des actes plutôt que par des slogans.

Résultat ? Une OQTF. Obligation de quitter le territoire. Assignation à résidence. Le préfet a tranché. Et à présent cette famille exemplaire à qui on n’a rien à reprocher depuis  9 ans panique.   

Pendant ce temps, ailleurs en France, des individus fichés S, des prédicateurs qui crachent sur la République, des gens qui considèrent la laïcité comme une offense et les juifs comme des cibles, des multirécidivistes sous OQTF qui restent tranquillement parce que « c’est compliqué, » parce que le pays d’origine refuse les laissez-passer, parce que la CEDH, parce que les associations, parce que l’État de droit version sélective… ceux-là, on les héberge, on les soigne, on les alimente, et on s’indigne quand on ose enfin les expulser.

C’est le grand écart permanent de la politique migratoire française : une sévérité de façade pour les intégrés qui ne font pas de vagues, une indécision chronique face à ceux qui représentent un vrai problème. On se souvient encore de Macron, pas si lointain, qui regardait d’un œil sceptique les initiatives plus dures de certains partenaires européens, qui préférait « garder ses migrants » plutôt que de suivre le mouvement sur les retours effectifs ou l’externalisation. Toujours cette même posture : humanité sélective, fermeté cosmétique.

Le message est limpide. Si vous êtes un peu trop discret, trop travailleur, trop attaché à la France sans faire de bruit, on peut vous expédier. Si vous êtes bruyant, idéologiquement hostile, ou simplement trop embêtants à renvoyer, on trouve toujours une excuse. La France n’expulse pas les ennemis de la France avec la même énergie qu’elle déploie parfois contre ceux qui l’aiment réellement.

Tayeb Djellal n’est peut-être pas le symbole parfait de l’immigration idéale – neuf ans sans titre stable, c’est déjà un échec administratif. Mais le contraste reste obscène. On a des gens qui crient Allah akbar  dans les rues, qui refusent la mixité, qui glorifient le jihad, et on les laisse. On a un type qui crée une association contre l’antisémitisme et on lui dit de plier bagage.

Ce n’est plus de la politique. C’est de la lâcheté institutionnalisée. Une lâcheté qui choisit toujours la ligne de moindre résistance : expulser ceux qui ne crieront pas, qui n’appelleront pas à l’émeute, qui n’auront pas des centaines de militants prêts à bloquer les avions. Et laisser en place ceux qui, eux, savent faire peur.

La France n’a pas besoin de plus de solidarité émotionnelle. Elle a besoin de cohérence. Expulser les islamistes, les délinquants, les indésirables avérés. Et cesser de traiter comme des indésirables ceux qui, de toute évidence, ne le sont pas. Tant que ce double standard existera, chaque OQTF d’un « bon » migrant sera le symptôme d’une République qui a perdu le sens des priorités… et le courage de les appliquer.

Christine Tasin

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1 Commentaire

  1. Bonjour, je regrette, mais si il existe un besoin imperieux d’expulser les nuisibles qui arrivent dans notre pays, ce n’est pas pour autant que l’on doit laisser entrer ceux qui en apparence ne cause pas de problème, nous ne sommes pas en mesure d’accepter toute la misère du monde et on est même pas certain de la sincérité de l’individu qui utilise peut être la taqiya. En rentrant dans notre pays illégalement, c’est déjà un délinquant. donc dehors, comme tout ce qui vient du magrheb. Ce qui est scandaleux, c’est le temps incroyable qu’il faut pour expulser les étrangers, ce qu’ils leur donnent le temps d’avoir des enfants, les mettre à l’école etc…et ensuite venir braire quand ils sont expulsés. Il y a d’autres pays du maghreb qui peuvent les acceuillir. Bonne journée.