Marie-Thérèse Kaiser (AfD) est condamnée, mais elle ne s’incline pas

En mai 2024, le Landgericht de Verden (Basse-Saxe) a confirmé la condamnation de Marie-Thérèse Kaiser, jeune élue et cadre AfD de Rotenburg, pour « incitation à la haine »  (Volksverhetzung, § 130 du Code pénal allemand). L’amende s’élève à 100 jours-amende de 60 euros, soit 6 000 euros au total, avec inscription au casier judiciaire.

L’affaire remonte à août 2021. Alors que le maire SPD de Hambourg annonçait l’accueil non bureaucratique  de 200 Afghans ayant travaillé pour la Bundeswehr, Kaiser publie un post sur les réseaux sociaux : « Réfugiés afghans ; maire SPD de Hambourg pour une admission non bureaucratique ; culture de l’accueil pour les viols en bande ? ». Elle renvoie à des articles de presse citant des statistiques officielles montrant une surreprésentation des suspects afghans dans les délits sexuels graves, notamment les viols collectifs.

Les tribunaux ont jugé que le post, par sa formulation rhétorique et son association générale, portait atteinte à la dignité humaine d’un groupe déterminé et sortait des faits de leur contexte. La liberté d’expression, selon le juge, ne couvrait pas cette formulation. Kaiser a toujours contesté ce raisonnement : elle affirme s’être appuyée sur des données publiques et avoir lancé un débat nécessaire sur les causes de la criminalité sexuelle. Après le jugement en appel, elle a annoncé vouloir poursuivre les recours, éventuellement jusqu’à la Cour constitutionnelle, estimant la décision purement politique.

Parce que, quand même… elle n’a pas inventé les chiffres officiels de criminalité allemands (BKA et réponses parlementaires) qui confirment depuis des années une surreprésentation de certains groupes de migrants, dont les Afghans, parmi les suspects de délits sexuels et de violences. En 2025, par exemple, sur les cas de viols collectifs recensés, les non-Allemands représentaient une part majoritaire des suspects identifiés, avec les Syriens et les Afghans en tête des nationalités étrangères. Les autorités et certains criminologues soulignent toutefois le poids de la structure démographique (forte proportion de jeunes hommes) et d’autres facteurs socio-économiques.

Kaiser, née en 1996, ancien mannequin devenue chef de section AfD locale et assistant parlementaire, n’a pas abandonné le terrain. Elle a continué à militer, a été candidate aux élections fédérales de 2025 et conserve une présence médiatique et sur les réseaux. Son cas est régulièrement cité, en Allemagne comme à l’étranger, dans les débats sur les limites de la liberté d’expression face aux questions migratoires et sécuritaires.

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