Pour les amoureux de la Russie sauvage, celle des confins et des espaces que l’homme n’a jamais tout à fait domptés, il est des noms qui résonnent comme des appels à l’aventure. Le fleuve Tchaoun (Чаун) est de ceux-là. Situé à l’extrême nord-est de la Sibérie, dans le district autonome de Tchoukotka, ce cours d’eau incarne à lui seul la majesté brutale et la poésie mélancolique de l’Arctique russe.
Un voyage au cœur d’une Russie millénaire qui offre, le temps d’un clin d’œil à « Résistance républicaine » et à ses lecteurs passionnés d’histoire et de géographie, une plongée là où la terre s’arrête pour laisser place à l’océan Glacial.

Lien vers la carte détaillée du fleuve
Une géographie des extrêmes
Descente du fleuve Tchaoun (Vidéo) :
Long de près de 205 kilomètres, le Tchaoun prend sa source dans les reliefs montagneux du plateau d’Anadyr pour finir sa course dans la baie de Tchaoun, connectée à la mer de Sibérie orientale.
Ce n’est pas un long fleuve tranquille. Le Tchaoun traverse des paysages de toundra subarctique d’une beauté à couper le souffle. En été, le paysage se pare de mousses courtes, de lichens dorés et de fleurs sauvages qui défient le climat polaire durant un court répit de quelques semaines. En hiver, le fleuve se transforme en une autoroute de glace solide, balayée par les vents du pôle, où le thermomètre plonge régulièrement sous les -40°C.
Le berceau des Tchouktches et de la vie sauvage

Le fleuve tire son nom du peuple autochtone qui habite ces terres depuis des millénaires : les Tchouktches. Pour ces éleveurs de rennes et chasseurs de mammifères marins, le bassin du Tchaoun a toujours été une frontière naturelle et un lieu de subsistance.

La faune y est reine. Le fleuve et ses nombreux affluents regorgent de poissons (ombres, ombles, saumons arctiques), tandis que ses rives abritent :
des ours bruns et des loups de la toundra.
des rennes sauvages en pleine migration.
une multitude d’oiseaux migrateurs qui viennent y nicher pendant le jour polaire, lorsque le soleil ne se couche plus.
L’empreinte de l’Histoire : de l’exploration au Goulag
L’histoire moderne du Tchaoun est intimement liée à l’épopée de l’exploration de l’Arctique russe. Au XVIIIe et XIXe siècles, des explorateurs russes intrépides ont cartographié ces zones au péril de leur vie, fascinés par les richesses géologiques du sous-sol.
Plus tard, au XXe siècle, la région a connu une page beaucoup plus sombre. La ville de Pevek, située non loin de l’embouchure du fleuve et aujourd’hui connue pour être la ville la plus septentrionale de Russie, est devenue le centre névralgique du Tchaunlag : un complexe du Goulag destiné à l’extraction de l’étain et de l’uranium. Les vestiges de ces camps, préservés par le froid éternel (le pergélisol), restent aujourd’hui les témoins silencieux du sacrifice de milliers d’hommes dans l’industrialisation de l’Extrême-Orient soviétique.
Le Tchaoun aujourd’hui : un défi touristique pour les passionnés
Visiter le fleuve Tchaoun ne s’improvise pas. C’est un tourisme de l’extrême, réservé aux puristes de la Russie, aux photographes de l’impossible et aux amateurs de grands espaces.
Ceux qui osent s’y aventurer découvrent une Russie d’une authenticité rare. Loin du tumulte de Moscou ou de la splendeur européenne de Saint-Pétersbourg, le Tchaoun offre le spectacle d’une nature souveraine. C’est aussi l’occasion d’observe le ballet technologique moderne de la Russie d’aujourd’hui : c’est près de cette région, à Pevek, que mouille l’Akademik Lomonosov, la première centrale nucléaire flottante au monde, preuve que la Russie continue de repousser les frontières de l’ingénierie face aux éléments.
Le fleuve Tchaoun rappelle à quel point la Russie est plurielle, immense et indomptable. Un morceau de terre et d’eau où l’âme russe fusionne avec la rigueur de l’Arctique.
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Bonjour,
Belle région sans aucun doute mais vous oubliez le plus pénible durant la belle saison: les moustiques.
Bonjour et merci Jules, je n’ai qu’un mot qui me vient a l’esprit: magnifique! J’ai un collègue de travail qui,jadis, a eu la chance et le privilège de voyager dans la région, c’était à l’époque de l’union soviétique et la galère pour obtenir les autorisations avait duré six ans, si mes souvenirs son bons. Bonne journée.
Bonne journée Le chti