Effets de courts  séjours en forêt sur notre fonction immunitaire

Les cellules NK (Natural Killer) ou cellules tueuses naturelles

C’est une population très importante de nos  lymphocytes spécialisés de l’immunité innée. Ils jouent un rôle critique dans la destruction des cellules cancéreuses et des cellules infectées par des virus. Contrairement aux lymphocytes T et B qui nécessitent une présentation d’antigène spécifique et plusieurs jours d’activation, les cellules NK agissent en première ligne de défense de manière ultra-rapide et sans éducation préalable. 

Caractéristiques majeures

Elles partagent le même ancêtre cellulaire de la moelle osseuse que les lymphocytes T et B. 

Pour éviter d’attaquer les tissus sains, la cellule NK passe son temps à palper les autres cellules via une balance complexe de récepteurs activateurs et inhibiteurs. 

Pour détruire leurs cibles, elles disposent de plusieurs armes redondantes pour provoquer l’apoptose soit le suicide cellulaire contrôlé.

Bien qu’appartenant à l’immunité innée, historiquement jugée sans mémoire, les cellules NK peuvent subir une reprogrammation génétique et développer une mémoire immunitaire, notamment contre certaines agressions virales et contre la bactérie du pneumocoque. Cela ouvre d’immenses perspectives en immunothérapie. 

L’environnement forestier, un boosteur nos cellules NK

Depuis longtemps, les êtres humains apprécient l’environnement forestier pour son atmosphère paisible, ses paysages magnifiques, son climat doux et son air pur et frais. Pas en Suisse malheureusement, dernièrement  un tout petit peu plus que la moitié des Suisses ont voté  pour persister à faire exploser la population suisse afin de diminuer les terres agricoles et les forêts pour que la Suisse ne soit qu’une grande mégalopole, du style architecture brutaliste et inhumaine, cela  de Genève au Lac de Constance.

Au Japon, une sortie de bain de forêt, appelée Shinrinyoku en japonais, consiste en un court et tranquille séjour dans une forêt. Cette activité est considérée comme une forme d’aromathérapie naturelle. Une telle sortie  consiste à se rendre en forêt pour se détendre et se ressourcer tout en respirant des substances volatiles, appelées phytoncides (huiles essentielles du bois), qui sont des composés organiques volatils antimicrobiens issus des arbres, tels que l’α-pinène et le limonène. C’est une activité de détente et/ou de gestion du stress reconnue au Japon. La pratique régulière du Shinrinyoku contribue à réduire le risque de maladies liées au stress psychosocial, parce que les réponses aux questionnaire POMS (Profile of Mood States, questionnaire auto-administré mesurant l’état d’humeur) ont démontré qu’une telle sortie de bain de forêt augmentait significativement le score de vigueur et diminuait les scores d’anxiété, de dépression et de colère. Le Shinrinyoku est très populaire au Japon puisque, lors d’une enquête, 25,6 % des Japonais interrogés y avaient déjà participé. 

Cette étude résumée ci-après porte sur les effets du Shinrinyoku sur la fonction immunitaire humaine. À partir de 2005, des adultes japonais, hommes et femmes, ont participé à une série d’études visant à évaluer l’effet des sorties de bain de forêt sur la fonction immunitaire humaine. Les participants ont effectué un séjour de 3 jours et 2 nuits dans des zones forestières ; des prélèvements sanguins et urinaires ont été effectués le deuxième jour  de chaque séjour et le troisième jour de chaque séjour, ainsi que les 7e et 30e jours après les séjours. L’activité des cellules tueuses naturelles (NK), le nombre de ces lymphocytes NK et de lymphocytes exprimant les protéines anticancéreuses intracellulaires, la granulysine, la perforine et les granzymes A/B dans le sang, ainsi que la concentration d’adrénaline urinaire ont été mesurés. 

Les mêmes mesures ont été effectuées avant les séjours, en forêt lors d’une journée de travail normale, à titre de contrôle. 

Les valeurs moyennes de l’activité des cellules NK et du nombre de cellules NK, ainsi que les protéines tueuses,  la granulysine, la perforine et les granzymes A/B,  furent significativement plus élevées les jours en forêt que les jours témoins, tandis que les valeurs moyennes de la concentration d’adrénaline urinaire les jours en forêt a été significativement plus faibles que celles des jours témoins, tant chez les hommes que chez les femmes. L’augmentation de l’activité des cellules NK a persisté pendant plus de 30 jours après ces séjours, ce qui suggère qu’un séjour une fois par mois permettrait aux individus de maintenir un niveau plus élevé d’activité des cellules NK. 

Ces résultats indiquent que ces jours  en forêt augmentent lactivité des cellules NK, grâce à une augmentation du nombre de ces cellules et des niveaux de protéines anticancéreuses intracellulaires. Les phytoncides libérés par les arbres et la diminution de la production dhormones de stress pourraient contribuer en partie à laugmentation de lactivité des cellules NK. Étant donné que les cellules NK sont capables de détruire les cellules tumorales en libérant des protéines anticancéreuses, telles que la perforine, la GRN et les GrA/B, et que les sorties en forêt augmentent l’activité des cellules NK ainsi que le taux intracellulaire de ces protéines anticancéreuses, les résultats de cette étude suggèrent que ces séjours en forêts pourraient avoir un effet préventif sur l’apparition et le développement du cancer et de pathologies virales.

La lutte traditionnelle suisse que de grands et forts lutteurs pratiquent sur de la sciure de bois est-elle aussi accessoirement une aromathérapie? 

 

PD. Dr. méd. Dominique Schwander

juillet 2026

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1 Commentaire

  1. Toujours intéressant,ces articles,si on vit près des bois,ou si on est dans un environnement boisé,est ce que ça peut etre la cause d’une bonne santé?