Le professeur émérite de Lyon III, parfois controversé, démonte les arguties algériennes de l’existence millénaire d’une Algérie fantasmée par le régime Tebboune criminalisant la colonisation d’ un pays imaginaire !
Ou alors il faudra que Tebboune assume les crimes contre l’ humanité commis par cette « entité », à avoir les razzias et le piratage des corsaires barbaresques écumant les côtes de la méditerranée, captivant les riverains de ces côtes pour les revendre au marché aux esclaves. (lire Malek Chebel sur le sujet). Mais chuttt… Il ne faut pas trop en parler nous a dit madame Taubira pour ne pas « stigmatiser » (curieux terme !) les populations de nos banlieues !
La traite des esclaves étant seulement l’apanage des Blancs, la traite musulmane ou intra-africaine millénaire étant, elle, un sujet tabou inavouable !
«L’histoire est l’enfer et le paradis des Algériens», disait Mohamed Harbi. Une phrase qui semble écrite pour Farid Belkadi. Pour ne pas voir la réalité qui est que l’Algérie est bien une création coloniale française, ce dernier préfère en effet se laisser bercer par les éthers de l’imaginaire… Par Bernard Lugan, le 09/06/2026 (2)
Ali Farid Belkadi est un historien algérien, un historien de l’école officielle qui postule l’existence d’un État algérien préexistant à la colonisation française. Le 3 avril 2025 il a publié sur le site TSAun article intitulé «Mémoire trahie, patrimoine confisqué: réconciliation biaisée d’un comité sous influence politique», dans lequel il se propose de «répondre à ceux qui répètent que l’Algérie n’existait pas» avant la conquête française. En dépit d’une chronologie «zigzagante» alourdie par de nombreuses répétitions, « son article contient les trois grandes idées qui résument le complexe existentiel algérien », et que je vais analyser chronologiquement.
1-Farid Belkadi nous dit que l’actuelle Algérie est «un territoire historique, habité depuis des millénaires». Exact, et l’on pourrait même dire même depuis plus d’un million d’années, et ensuite depuis des dizaines de milliers d’années par les proto-Berbères, puis par les Berbères. Cela ne fonde pas pour autant l’existence de l’actuelle Algérie…
Voulant emporter la conviction, Farid Belkadi s’égare dans ce que les anglo-saxons définissent comme «to push too far a good point». Il évoque ainsi Hérodote qui parle des Libyens, des Garamantes, des Nasamons, peuples berbères de l’actuelle Libye qui n’ont rien à voir avec les Massyles, les Massaessyles ou les Gétules qui, eux, sont les ancêtres des actuels berbères algériens. Plus encore, il écrit que «les stèles égyptiennes parlent des Meshwesh, des Libou, des Tehenou, tous ancêtres probables des Berbères algériens» ce qui est un furieux contre-sens, à moins naturellement de considérer la totalité des Berbères vivant à l’ouest du Nil comme des «pré-Algériens»… Mais, plus encore, Farid Belkadi ne craint pas d’écrire que «le Tassili n’Ajjer conserve des milliers de gravures rupestres attestant de croyances, de rituels et d’une cosmogonie propre aux peuples du Sahara». L’on serait tenté de lui demander le rapport qu’il y a avec l’Algérie… d’autant plus que cette région ne lui a été rattachée par la France qu’en 1962.
2- Le second pilier de l’argumentaire de Farid Belkadi est Tlemcen dont il écrit avec justesse que «les Zianides de Tlemcen structurent un État puissant, doté d’une diplomatie reconnue». Là encore, cela est tout à fait exact, mais, il n’empêche que la principauté de Tlemcen ne fut pas le noyau fondateur de l’Algérie, à la différence de Fès et de Marrakech qui fondèrent un empire. De plus, Tlemcen n’eut en réalité qu’une période d’indépendance restreinte par rapport au Maroc. De 790, début de la première période marocaine, à 1554 date de prise de contrôle par les Turcs, soit durant 764 ans, Tlemcen fut effectivement et directement marocaine durant 320 ans. Durant ses plages d’indépendance, la ville eut certes une brillante destinée, mais elle ne dépassa pas le stade de la principauté.
« Durant les XVI° et XII° siècles le Beylik d’ Alger fut un abcès de fixation, une zone tampon entre l’ empire des Habsbourg et celui des Ottomans. Une marche frontière en quelque sorte. Il n’y eut jamais de rupture entre Alger et le centre de l’ empire ottoman » o Bernard Lugan
Pour mémoire, Tlemcen a connu quatre périodes marocaines, la période idrissienne qui dura 139 ans, de 790 à 931, la période almoravide (1078-1143) durant laquelle Tlemcen fut la seconde capitale de l’empire marocain après Marrakech. La troisième période marocaine débuta en 1143 (ou en 1144 ou en 1145), quand le sultan almohade Abd el-Moumen (1130-1163) prit Tlemcen. Les Almohades confièrent la ville à des gouverneurs issus de la tribu berbère Zianide (ou Beni Abd el Wadide). En 1236, le gouverneur Yaghmorasan ben Zayan (1236-1283), se proclama indépendant. La période mérinide de Tlemcen dura de 1337 à 1358 et elle se termina après la mort du sultan marocain Abou Inane Faris (1351-1358). Sous le règne du zianide Abou Hamou Musa II (1359-1388), la villeconnut une grande prospérité illustrée par un développement architectural et culturel qui en fit une ville de savants et d’artistes réputés, puis Tlemcen entra ans une longue période de décadence, oscillant entre deux maîtres successifs, le Mérinide marocain à l’ouest et le «Tunisien» hafside à l’est. En 1517, le Turc Arudj Barberousse prit Tlemcen, mais, dès 1518, depuis la base espagnole d’Oran, Diego de Cordoba, lança une offensive contre Arudj Barberousse qui fut tué au combat. Tlemcen vivota ensuite jusqu’à la période ottomane qui débuta en 1553 (ou en 1555) quand le pacha turc d’Alger, Salah-Raïs prit la ville.
3- Laissant une fois de plus de côté le réel pour continuer à s’aventurer dans les méandres du postulat «national», Farid Belkadi aborde le troisième point de son argumentaire, celui de la prétendue existence d’une pré-Algérie sous les Ottomans. Ainsi écrit-il que «l ’Algérie n’était pas un désert politique: c’était la Régence d’Alger, reconnue internationalement, dotée d’une administration, d’une marine, d’un port, d’un dey élu et de relations diplomatiques».
Or, comme je l’ai démontré dans plusieurs de mes chroniques parues dans Le360, la Régence turque d’Alger ne fut pas une possession oubliée en terre africaine, mais un élément essentiel du dispositif impérial ottoman. À la différence de celles de Tripoli et de Tunis, la Régence d’Alger (Wilayat el-Djezair en arabe et Gezayir-i Garp en turc),demeura en effet une colonie de la Porte ottomane. Durant les XVIe et XVIIe siècles le Beylik d’Alger fut un abcès de fixation, une zone tampon entre l’empire des Habsbourg et celui des Ottomans. Une marche frontière en quelque sorte. Il n’y eut jamais de rupture entre Alger et le centre de l’empire ottoman. « Voilà qui explique largement pourquoi il n’y eut pas d’évolution vers une monarchie nationale comme en Tunisie avec les Husseinites, ou comme à Tripoli avec les Karamanli… La raison en est simple: pour qu’une telle évolution se produise, il eut fallu recruter localement des soldats et fonder une dynastie locale, -donc détendre les liens- avec Istanbul ». Les janissaires décidèrent au contraire de continuer à recruter leur milice dans l’Empire et par conséquent, de demeurer liés à lui, affirmant leur loyauté au sultan tout en ayant une certaine autonomie ».
«L’histoire est l’enfer et le paradis des Algériens» disait Mohamed Harbi. Une phrase qui semble écrite pour Farid Belkadi. « Pour ne pas voir la réalité qui est que l’Algérie est bien une création coloniale française », ce dernier préfère en effet se laisser bercer par les éthers de l’imaginaire…
Donc Macron va pouvoir leur réclamer des dédommagements pour crimes contre l’humanité pour l’esclavage organisé par les pirates barbaresques et la vente des européens au marché aux esclaves d’Alger.
Donc Macron va pouvoir leur réclamer des dédommagements pour crimes contre l’humanité pour l’esclavage organisé par les pirates barbaresques et la vente des européens au marché aux esclaves d’Alger.
Impossible car il suce les mahométans !