Le socialiste qui sert de maire de Paris, Emmanuel Grégoire, nous livre une leçon de réalisme politique digne des plus grands classiques de la gauche gestionnaire.
Face aux camps de sans-abri (souvent des migrants) qui prospèrent sous la ligne 2 du métro, il annonce vouloir totalement libérer l’espace avant l’hiver. Priorité absolue, promesse de places d’hébergement, mobilisation… tout le vocabulaire habituel. Mais derrière le discours humanitaire et responsable se cache une vision plus cynique, déjà illustrée par ses prises de position antérieures.
Selon la logique qu’il défend, l’immigration peut (et doit) continuer. Seulement, il faut en dissimuler les aspects les plus visibles et dérangeants pour éviter que les Français, confrontés aux réalités du quotidien, ne basculent vers l’extrême droite. « Si on veut que les gens ne votent pas pour l’extrême droite, il faut qu’on leur démontre qu’on est capables de répondre aux problèmes et de trouver des solutions. » Traduction libre : cachez les camps, déplacez les tentes, créez des centres un peu plus loin, et le problème n’existe plus aux yeux de l’électeur moyen. La submersion migratoire ? Elle n’existe pas scientifiquement, avait-il déjà assuré. Les quelques centaines de jeunes déboutés du droit d’asile qui dorment sous les ponts ? Un raté du gouvernement, pas une conséquence d’une politique d’accueil peu contrôlée.
Mieux encore : « ces sans-papiers ne sont pas un fardeau, ils sont indispensables. » « La vérité, c’est que ce pays ne tourne pas sans ces sans-papiers. Ce pays ne sait pas s’occuper de ses aînés sans ces sans-papiers, ne sait pas faire tourner son système de santé, son industrie du bâtiment et probablement son agriculture sans cette main-d’œuvre. Nous devrions d’abord leur dire merci avant de leur cracher au visage. »
Remarquable franchise. La France aurait donc organisé son économie autour d’une main-d’œuvre irrégulière, précaire, et sous-payée. Tant mieux pour les secteurs en tension. Tant pis pour les salaires, la concurrence déloyale, les conditions de travail, les tensions sociales dans les quartiers, les coûts de l’hébergement d’urgence, de l’AME, de la scolarisation, de la sécurité… et pour les Français qui, eux, trouvent que le « modèle » a ses limites. Mais surtout, ne le dites pas trop fort. Montrez plutôt que l’on trouve des solutions : évacuations, relogements temporaires, discours sur l’histoire glorieuse de l’immigration parisienne. Ainsi, plus personne ne risque de voter mal.
Le génie de la position de Grégoire, c’est qu’elle est parfaitement cohérente avec elle-même. On ne s’attaque pas aux causes (flux, régularisations de fait, absence de renvois effectifs, attractivité du système). On gère les symptômes visibles pour préserver la paix sociale et électorale. Les camps sous le métro aérien dérangent les riverains ? On les libère. Les enfants à la rue sont les aspects les plus visibles et dérangeants pour éviter que les Français, confrontés aux réalités du quotidien, ne basculent vers l’extrême droite. « Si on veut que les gens ne votent pas pour l’extrême droite, il faut qu’on leur démontre qu’on est capables de répondre aux problèmes et de trouver des solutions. » Traduction libre : cachez les camps, déplacez les tentes, créez des centres un peu plus loin, et le problème n’existe plus aux yeux de l’électeur moyen. La submersion migratoire ? Elle n’existe pas scientifiquement, avait-il déjà assuré. Les quelques centaines de jeunes déboutés du droit d’asile qui dorment sous les ponts ? Un impensé du gouvernement, pas une conséquence d’une politique d’accueil peu contrôlée.
Mieux encore : ces sans-papiers ne sont pas un fardeau, ils sont indispensables. « La vérité, c’est que ce pays ne tourne pas sans ces sans-papiers. Ce pays ne sait pas s’occuper de ses aînés sans ces sans-papiers, ne sait pas faire tourner son système de santé, son industrie du bâtiment et probablement son agriculture sans cette main-d’œuvre. Nous devrions d’abord leur dire merci avant de leur cracher au visage. »
Remarquable franchise. La France aurait donc organisé son économie autour d’une main-d’œuvre irrégulière, précaire, et sous-payée. Tant mieux pour les secteurs en tension. Tant pis pour les salaires, la concurrence déloyale, les conditions de travail, les tensions sociales dans les quartiers, les coûts de l’hébergement d’urgence, de l’AME, de la scolarisation, de la sécurité… et pour les Français qui, eux, trouvent que « le modèle » a ses limites. Mais surtout, ne le dites pas trop fort. Montrez plutôt que l’on trouve des solutions : évacuations, relogements temporaires, discours sur l’histoire glorieuse de l’immigration parisienne. Ainsi, plus personne ne risque de voter mal.
Le génie de la position de Grégoire, c’est qu’elle est parfaitement cohérente avec elle-même. On ne s’attaque pas aux causes (flux, régularisations de fait, absence de renvois effectifs, attractivité du système). On gère les symptômes visibles pour préserver la paix sociale et électorale. Les camps sous le métro aérien dérangent les riverains ? On les libère. Les enfants à la rue font mauvaise presse ? Objectif zéro enfant à la rue. Les Français s’inquiètent ? On leur explique qu’ils devraient dire merci et que toute critique est un carburant pour l’extrême droite.
C’est une forme d’acquiescement assumé : l’immigration irrégulière est un fait structurel dont on tire profit (main-d’œuvre) tout en cherchant à en minimiser le négatif aux yeux du public. Tant que les camps ne sont plus sous la ligne 2, que les images sont moins choquantes et que le discours reste moralisateur, tout va bien.
Le problème de fond peut attendre. Ou plutôt : il ne doit surtout pas être nommé, sous peine de faire le jeu de ceux qui le nomment.
On pourrait y voir du pragmatisme. On peut aussi et surtout y voir une forme de mépris pour l’intelligence des citoyens. « Vous n’aimez pas ce que vous voyez ? C’est parce qu’on n’a pas assez bien caché. Votez pour nous, on saura mieux dissimuler. » Bravo pour la confiance démocratique.
Pendant ce temps, sous la ligne 2 ou ailleurs, les camps se reformeront, les flux continueront, et les mêmes arguments resserviront. Merci qui ? Merci les sans-papiers, bien sûr. Et merci Emmanuel Grégoire d’avoir eu le courage de formuler aussi clairement la doctrine : immigration oui, conséquences visibles non, extrême droite interdite. Le reste n’est que gestion d’image.
Christine Tasin
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Grégoire veut nous montrer Paris-Potemkine. Une mauvaise bonne conscience cynique ! Y se fout de nous, non ?