Crépol : trois ans de déni, et soudain Snapchat grince

Il aura fallu près de trois ans, une avalanche de rejets judiciaires et une conversation Snapchat de soixante participants pour que certaines évidences commencent enfin à percer. Pendant tout ce temps, des associations se réclamant de la République et de la lutte contre le racisme – AGRIF, Résistance républicaine, LEA – se sont vu refuser, encore et encore, le droit de se constituer partie civile dans l’affaire du meurtre de Thomas Perotto. ( et ça nous a coûté un certain prix pour rémunérer nos avocats, mais ça on n’en sera jamais remboursés !)

Les motifs de rejet ? Procéduraux, techniques, toujours un peu les mêmes : pas mandatées par « toutes »  les victimes, pas le bon angle, pas le bon moment.. . Tu parles ! Comme si la loi qui ouvre ce droit aux associations de lutte contre le racisme s’arrêtait magiquement dès que la victime est un  « petit Blanc  » de village.

Pendant ce temps, les témoignages s’accumulaient. Des propos rapportés dès les premiers jours : on est venus planter des Blancs, sale Français…

Et, enfin,, des juges d’instruction qui, en juillet 2026, finissent par retenir la circonstance aggravante de racismerace blanche et nation française contre l’avis du parquet. Un parquet qui, fidèle à sa ligne, continue de trouver ces témoignages minoritaires,  imprécis ,  contradictoires…  Rien de bien grave, en somme. Juste une rixe de jeunesse un peu musclée.

Et voilà que Le Figaro révèle le contenu d’une conversation Snapchat où figurent plusieurs des mis en examen. Une soixantaine de participants. Des propos qui pullulent :  N*ker la France wallah , Pays de ju*f , « Faut que les voler », « Ba*ser la France ».

Des échanges postérieurs aux faits, certes, mais qui dessinent un paysage mental. Une distinction nette entre « eux »  et  « les Français » . Un langage de rue où « Français »  n’est pas neutre. Des investigations numériques qui soulignent, selon les magistrats eux-mêmes, la façon dont le groupe de La Monnaie se distingue des « autres. »

On aura longtemps entendu que parler de racisme anti-Blancs relevait de l’extrême droite, du fantasme, de la récupération. Les grandes associations antiracistes traditionnelles, elles, sont restées absentes. Comme c’est étonnant quand on sait que les mêmes associations antiracistes traditionnelles ont porté plainte plusieurs fois contre Résistance républicaine et que j’ai nombre de fois usé mes guêtres à la 17ème Chambre où ils m’y avaient traînée, notamment pour avoir dit « islam assassin » après l’assassinat des policiers de Magnanville.  SOS Racisme n’a pas bougé à Crépol, comme c’est étrange…

Pendant ce temps, on expliquait aux associations républicaines qui tentaient d’entrer dans le dossier qu’elles n’avaient pas le droit de le faire. On leur a fermé la porte avec une constance admirable. On a protégé, en quelque sorte, le confort d’un récit : une bagarre, un dérapage, rien de structurel.

Aujourd’hui, les preuves s’empilent. Les juges ont basculé. Snapchat est là. Et ceux qui ont passé trois ans à expliquer qu’il ne fallait surtout pas laisser ces associations se porter partie civile regardent ailleurs, ou répètent que ce n’est  pas si simple… Ben voyons ! (1)

Thomas Perotto avait seize ans. Il est mort poignardé à la sortie d’un bal de village. Le reste est une longue démonstration de ce que l’on peut refuser de voir, aussi longtemps qu’il le faut, pour ne pas avoir à nommer certaines choses. Jusqu’au jour où un groupe Snapchat de soixante personnes vient, un peu grossièrement, rappeler que le déni a ses limites.

Christine Tasin

(1) Et comme notre demande a été refusée, nous sommes à présent obligés d’aller en cassation, et de payer un avocat de cassation. On vit une époque formidable… 

Si vous voulez /pouvez nous aider, merci d’avance :

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