17 ans de prison pour avoir fait « un peu » justice soi-même !!!

Grégory Lenoci condamné à 17 ans de prison pour tentative d’assassinat ? Juste  un père qui a perdu le contrôle face à un voisin pédocriminel. Qui pourrait lui jeter la pierre ? Pas moi, pas vous, mais certains juges oui….

Le 20 août 2026, le tribunal correctionnel de Namur a condamné Grégory Lenoci, 49 ans, à 17 ans de prison assortis de 10 ans de mise à disposition du tribunal de l’application des peines, pour tentative d’assassinat avec préméditation sur son voisin Marc P. Il devra également verser 10 000 euros de dommages et intérêts à la victime. Le verdict a été accueilli dans un climat chaotique, avec des huées et des slogans de soutien dans la salle. Lenoci a immédiatement annoncé son intention de faire appel.

Tout avait commencé le 22 juillet 2025 à Jambes (près de Namur). Le beau-fils de Grégory Lenoci, alors âgé d’environ 6-7 ans, raconte avoir été chez le voisin Marc P.  « pour jouer à Minecraft « . Il évoque d’abord des « caresses » , puis un « jeu secret »au cours duquel, les yeux bandés, on lui faisait « goûter »  et « deviner « des choses… y compris « un truc bizarre » . Les parents se convainquent qu’il s’agit du pénis de Marc P.

Le lendemain, Lenoci dépose plainte. La police lui apprend que Marc P. a déjà été condamné en 2020 à trois ans de prison avec sursis pour tentative de viol sur mineur, et qu’il est soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de fréquenter des enfants. Une audition de l’enfant est programmée rapidement (moins de 24 heures après la plainte, selon le parquet). Mais Lenoci estime que ça n’avance pas assez vite .

Le 24 juillet, il invite Marc P. chez lui pour discuter. Selon ses propres déclarations à l’audience : « Je lui ai demandé s’il savait pourquoi je l’avais invité. Il a répondu que c’était certainement à propos du jeu secret. […] Il a répondu qu’il bandait les yeux de mon fils et qu’il lui faisait sucer des choses. […] “Mon zizi.” C’est à ce moment que j’ai perdu le contrôle

Lenoci, de forte carrure et pratiquant des sports de combat, roue son voisin de coups de poing et de pied, le laisse gisant dans son sang, filme une partie de la scène et diffuse la vidéo sur les réseaux sociaux. Il appelle ensuite les secours en disant : Je crois qu’il est en train de mourir.  Marc P., aujourd’hui encore dans un état semi-végétatif (incapable de se déplacer, de se nourrir seul ou de communiquer), n’a jamais pu être entendu par les enquêteurs.

Ce que retient la justice

Le parquet avait requis exactement 17 ans, qualifiant les faits de tentative d’assassinat préméditée. Les juges ont suivi : préméditation retenue (invitation du voisin, propos tenus à sa psychologue quelques heures avant : « Il ne ressortira pas vivant de chez moi », « je vais prendre 20-25 ans »), extrême violence des coups, zones visées, antécédents judiciaires de Lenoci (plusieurs condamnations pour coups et blessures, dont une double récidive générale) et personnalité décrite par les experts comme « antisociale » et « psychopathique. » Le tribunal a écarté la thèse de la contrainte irrésistible avancée par la défense.

La défense, menée par Me Étienne Gras, plaidait l’acquittement en arguant que « le système judiciaire a failli  » : un pédocriminel déjà condamné, sous contrôle judiciaire, qui recevait encore des enfants chez lui, et une plainte qui, selon eux, n’avait pas été traitée avec la célérité attendue. Lenoci a toujours nié l’intention de tuer : Je reconnais des coups et blessures et non pas une tentative d’assassinat. 

Un débat qui dépasse ce seul cas, quand la justice ne fait pas son boulot (on pense, entre autres, à la malheureuse Lyhanna…) que reste-t-il au pékin moyen ?

L’affaire soulève en effet des questions brûlantes. D’un côté, le principe fondamental : nul ne peut se faire justice soi-même. La justice belge a insisté sur ce point : Tout le monde est en danger dans une société où chacun rend la justice lui-même.  Publier la vidéo a amplifié le trouble social et les appels à la  justice populaire .

De l’autre, le contexte est particulièrement sensible. Marc P. était un récidiviste sous surveillance, (qu’est-ce que ça aurait été s’il n’avait pas été surveillé ???) accusé de nouveaux faits sur mineur. Plusieurs voix (soutiens de Lenoci, certains élus comme Georges-Louis Bouchez) ont jugé la peine inique et disproportionnée.  Le sentiment d’impuissance face à la lenteur ou aux défaillances perçues de la justice en matière de pédocriminalité a clairement nourri la colère.

Lenoci a agi avec une violence extrême et a filmé sa vengeance. Les séquelles de Marc P. sont irréversibles. Mais 17 ans de taule pour avoir “réglé son compte » à un salaud, à une ordure que la justice avait laissé libre, à  un pédocriminel qui avait agressé son gosse paraît plus qu’excessif  et injuste ! 

L’appel permettra peut-être (on l’espère !!! ne serait-ce que pour la jurisprudence, terrible pour ceux qui, à l’avenir vengeraient leur enfant violé, assassiné)… de revisiter la qualification (tentative d’assassinat vs coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité permanente) et la question de la préméditation. En attendant, l’affaire Lenoci illustre crûment la tension permanente entre le monopole légitime de la violence par l’État et la colère des parents face à des agressions sexuelles sur enfants, surtout lorsque le système semble avoir déjà failli une première fois. Certes, l’affaire se passe en Belgique, mais on a les mêmes (et pire ?) avec la justice du Mur des cons en France…

Parce que, quand même, des juges qui condamnent plus lourdement celui qui fait justice lui-même que le criminel qui a abusé d’un enfant innocent… ça interpelle, non ? Qu’est-ce que cette justice ? Qu’est-ce que ce pays ? 

Christine Tasin

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4 Commentaires

  1. « Juste un père qui a perdu le contrôle » mais qui avait déjà été condamné 3 fois auparavant pour coups et blessures.
    Ça interpelle non ?
    De plus, inviter quelqu’un chez soi pour « discuter » puis finalement pour le tabasser à mort me débecte.
    Bref : Ce « papa » a des gros problèmes.
    Je pense qu’on a ici la rencontre entre 2 types très à l’ouest.

  2. Argument des juges : on ne doit pas se faire justice. Oui, mais quand la Justice ne fait pas son travail, qui est de protéger les mineurs des pédocriminels? En tout cas, celui-là ne pourra plus nuire à quiconque, un pédophile de moins, qui a quand-même détruit une famille et traumatisé un enfant.

  3. Pour moi ça a été un réflexe, il ne s’est pas fait justice !
    Si Le voisin du Juge lui apprenait de la même façon qu’il s’était fait sucer par son fils, quelle aurait été la réaction du Juge ? Ah il l’aurait remercié peut-être des cours d’anatomie donnés à son fils ?
    Rien ne va plus pour beaucoup de choses en France, il faut « renverser la table » !

  4. L’injustice prévaut en France, en Belgique et en Europe au seul bénéfice des coupables. Il ne fait pas bon être victime en Europe car les juges pourris trouveront toujours des arguments pour disculper les coupables.