Contre une aide de Xi en Iran, Trump pourrait bien lâcher Taïwan

Taïwan sacrifié sur l’autel des négociations sino-américaines ? Je le pense. Car face aux intérêts de l’Amérique, ce confetti sur la mer de Chine ne pèse pas bien lourd.

C’est du moins mon avis. Jamais les Chinois n’accepteront de compromis sur Taïwan, la 23e province faisant partie intégrante de la Chine, en dépit de sa sécession en 1949.

Si Pékin ne souhaite pas l’épreuve de force et opte pour un retour pacifique comme pour Hong-Kong ou Macao, il n’est pas question d’envisager une quelconque indépendance pour cette île de 23 millions d’habitants, chinoise depuis le XVIIe siècle.

Trump plaide pour le statu quo, mais cela n’aura qu’un temps. Xi attend que Taïwan tombe comme un fruit mûr. Et à ce petit jeu, le leader chinois a davantage de cartes en mains que Trump.

Enlisé en Iran pour avoir mis fin prématurément à la « guerre des 12 jours » en 2025, en renouvelant la même erreur en 2026, Trump espère le soutien de Xi Jinping pour s’extirper du bourbier qu’il a lui-même provoqué, en refusant d’écouter Netanyahu qui veut en finir avec la théocratie chiite une bonne fois pour toutes.

À ce stade, non seulement aucun objectif de guerre n’a été pleinement atteint, mais le peuple iranien a été littéralement abandonné après avoir cru aux promesses d’une libération prochaine.

À Taïwan, on s’interroge à juste titre, craignant de voir Trump lâcher Taipei contre une aide chinoise face au régime iranien, revigoré par les reculs incessants du président américain, qui donne l’image déplorable d’un cerf aux abois.

L’autre point important pour Trump est l’accès aux terres rares et aux minéraux critiques chinois, indispensables aux industries de pointe américaines.

Pour ne pas froisser Pékin avant cette visite officielle, Washington a retardé la livraison de 14 milliards de matériels militaires à Taipei. Xi Jinping va-t-il en exiger l’annulation ?

Car Trump espère aussi confirmer quelques gros contrats et en négocier d’autres avec Pékin. Une armée de grands patrons américains l’accompagnent.

Le camp taïwanais craint donc de faire les frais de ce ces négociations et il a raison. Certains responsables à Taipei jugent d’ailleurs qu’il serait bon de se rapprocher de Pékin pour assurer une paix durable. Un premier pas vers un retour pacifique dans le giron de la Chine continentale ?

La Chine étant le premier client de Téhéran en achetant 80 % de sa production de pétrole, il est évident que Xi Jinping a tout intérêt lui aussi à voir le détroit d’Ormuz libre d’accès.

Et Téhéran ne peut se passer des soutiens de Pékin et Moscou, notamment en matière de munitions et de renseignement. Par conséquent, les Gardiens de la Révolution qui semblent tenir les rênes du pays à la place des mollahs ne peuvent pas traiter Xi Jinping de la même façon qu’ils humilient Trump en rejetant ses propositions et en exigeant l’inacceptable, comme le contrôle permanent du détroit d’Ormuz, avec péage obligatoire.

Quand Xi parle, Téhéran l’écoute. Et c’est la carte que joue Trump.

Dans cette rencontre des « deux grands », c’est Xi qui possède les meilleurs atouts. Il peut se retourner vers le pétrole russe et si le marché américain se ferme aux produits chinois, il stoppera l’accès aux terres rares, dont la Chine détient le quasi-monopole du raffinage et dont l’Amérique a un besoin impératif.

Ce voyage étant particulièrement court, nous en saurons bientôt davantage.

Jacques Guillemain

Ripostelaique.com

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