Il fallait oser. Alors qu’un juge d’instruction décide enfin, dans l’affaire de Crépol, de retenir la circonstance aggravante de racisme anti-Blancs pour le meurtre de Thomas, voilà qu’Hervé Joly, historien et chercheur au CNRS, sort de son bureau pour nous expliquer que reconnaître un « prétendu » racisme anti-Blancs serait « un véritable appel à la guerre civile » .
Comprenez bien le niveau intellectuel de la chose : appeler un chat un chat, constater que des jeunes peuvent tabasser, poignarder ou insulter quelqu’un parce qu’il est Blanc, ce serait, selon ce « savant » (à la mode de Molière) ouvrir la porte à la guerre civile. En revanche, parler pendant des décennies de racisme systémique, de privilège blanc , de blanchité comme structure de domination, ça, c’est de la science sociale de haut vol. La nuance est subtile, on vous l’accorde.
La brêle Joly n’en est pas à son coup d’essai. Plus tôt, il avait déjà pondu cette perle : « Le racisme anti-blancs n’existe pas dans le monde occidental parce que les Blancs n’existent pas comme communauté. […] Le racisme vise par définition des minorités. » Autrement dit : si vous êtes majoritaire, on n’a pas le droit de vous haïr pour votre couleur. C’est pratique. Ça permet de transformer n’importe quelle agression raciale en simple délinquance, frustration sociale ou propos isolés… Quand un Blanc est traité de sale Blanc c’est une injure individuelle. Quand c’est l’inverse, c’est un système.
Pendant ce temps, la réalité continue son petit bonhomme de chemin, documentée chaque jour par des sites comme Fdesouche, par des témoignages d’enseignants, de collégiens, de riverains de quartiers où être Blanc est devenu un handicap quotidien. Rackets, humiliations, lynchages, jeux de cour d’école ciblés : le phénomène est massif dans certaines zones, et le nier ne le fait pas disparaître. Des sondages montrent que 70 à 80 % des Français en reconnaissent l’existence. Mais pour Joly et ses amis, ces millions de gens sont soit des extrémistes, soit des victimes d’une « stratégie de l’extrême droite qui noie le poisson ».
Le tour de passe-passe est classique. On redéfinit le racisme pour qu’il ne puisse s’appliquer qu’aux minorités. On invente une hiérarchie morale où certains groupes ont le droit à la haine compréhensible et d’autres n’ont même pas le droit de se plaindre. On transforme l’universalité de la nature humaine (la capacité de tous les groupes à la xénophobie et à la violence identitaire) en dogme : seuls les Blancs peuvent être racistes de manière significative. Le reste, c’est de la « résistance » ou du « vécu » .
Cette posture n’est pas de l’histoire. C’est de l’idéologie déguisée en expertise. Elle refuse de regarder le réel en face : dans une société de plus en plus fragmentée, où des populations issues de l’immigration deviennent majoritaires localement, les dynamiques de domination et d’hostilité se retournent. Ce n’est ni complotiste ni extrême de le constater. C’est empirique. Les tribunaux commencent à le reconnaître (c’est dire l’ampleur du phénomène)… Une partie de la population le vit.
Mais des intellos salariés par la République préfèrent crier à la guerre civile plutôt que d’admettre que leur grille de lecture est fausse.
Hervé Joly a le droit d’avoir une opinion. Il a même le droit d’être un historien du CNRS qui se trompe. Ce qu’il n’a pas le droit de faire, c’est de transformer le déni en vertu et l’aveuglement en position morale supérieure.
Le racisme anti-Blancs n’est pas un prétendu phénomène. C’est une réalité que l’on peut mesurer, documenter et combattre comme n’importe quelle autre forme de racisme. Le nier, ce n’est pas protéger la paix civile. C’est la fragiliser en laissant pourrir un ressentiment que l’on refuse même de nommer.
Christine Tasin
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Plus diverse mais infiniment plus dangereuse. Ce n’est pas joly, monsieur le chercheur de poux dans la tête, de nier l’évidence.