Interdire le voile, belle idée de Marine… qui restera lettre morte si on ne sort pas de l’UE

Bien sûr que pour les féministes et islamophobes et fiers de l’être que nous sommes le projet mérite d’être salué pour sa clarté et son ambition. Mais sa réalisation se heurte à de solides obstacles juridiques français et européens.

Marine ne peut pas ne pas le savoir, alors, un défi, une façon de rallier les patriotes féministes pour ensuite dire « regardez le Conseil d’Etat, ou le Conseil Constitutionnel, ou l’UE… ne veulent pas, c’est pas notre faute, mais on a bien prouvé qu’on était laïques ?

Marine Le Pen et le Rassemblement national proposent donc d’interdire le port du voile islamique dans l’espace public et de sanctionner les contrevenantes par une amende, comparable à celle pour non-port de la ceinture de sécurité. Jean-Philippe Tanguy l’a confirmé clairement : la mesure est tranchée . C’est une position de cohérence.

Effectivement, le voile n’est pas un simple accessoire vestimentaire ; pour beaucoup de Français, malgré les manipulations des dhimmis, des bobos  et des gauchos, il incarne une idéologie politique et religieuse qui s’oppose frontalement aux valeurs d’égalité, de liberté individuelle et de laïcité que la France a construites. Soutenir les femmes contraintes de le porter ailleurs dans le monde, tout en refusant de normaliser ce symbole ici, relève d’une logique de fermeté, de cohérence et de solidarité. 

Le débat interne au RN a été tranché en faveur de cette ligne. C’est un choix politique assumé, qui répond à une demande réelle d’une large partie de l’opinion. Encourager cette volonté de rompre avec l’angélisme et de remettre le cadre républicain au centre est légitime.

 Mais est-ce faisable ?

Sur le plan purement national, les freins sont déjà importants. La Constitution protège la liberté de conscience, l’égalité devant la loi et le libre exercice des cultes. La laïcité, telle qu’elle est interprétée, impose la neutralité à l’État et à ses agents, pas aux citoyens dans la rue. Une interdiction générale du voile (le foulard qui laisse le visage visible, distinct de la burqa ou du niqab déjà interdits depuis 2010) ciblerait une pratique religieuse spécifique. Cela exposerait immédiatement la loi à une censure du Conseil constitutionnel pour rupture d’égalité et atteinte disproportionnée aux libertés. On rappellera en passant que ce n’est pas un hasard si Macron a imposé son âme damnée Richard Ferrand à la présidence du Conseil Constitutionnel... A l’époque ( février 2025) j’avais copieusement injurié Marine d’avoir laissé passer cette nomination scandaleuse pour la République et la démocratie, et je n’avais pas été la seule ! 

L’abominable Ferrand à la tête du conseil constitutionnel, c’est la faute à Marine, pourvu qu’elle soit inéligib

Sarah Knafo : le choix du RN de s’abstenir pour la nomination de Ferrand est inompréhensible 

Ferrand ? Le RN et ses explications

Le gouvernement actuel a d’ailleurs déjà émis des réserves évidentes sur la constitutionnalité et l’applicabilité d’une telle amende. Même un référendum, parfois évoqué pour contourner le Conseil, ne résoudrait pas tout : les juges français restent compétents pour contrôler la conformité des lois aux traités internationaux une fois celles-ci en vigueur.

 Le verrou européen est encore plus solide

La Convention européenne des droits de l’homme (articles 9 et 14) garantit la liberté de manifester sa religion et interdit les discriminations. La Cour européenne des droits de l’homme a validé l’interdiction française du voile intégral en 2014 (affaire S.A.S. c. France) au nom du vivre-ensemble, en laissant une large marge d’appréciation aux États. Mais une interdiction  généralisée du simple voile, qui ne dissimule pas le visage, serait bien plus difficile à justifier. Il serait perçu comme une restriction excessive et discriminatoire, visant spécifiquement les musulmanes. Des recours individuels, puis un examen par la Cour de Strasbourg, seraient quasiment certains. Même une loi référendaire resterait soumise au contrôle de conventionnalité.

En résumé : le projet est politiquement clair et répond à une préoccupation partagée par une majorité de Français. Il mérite, bien sûr,  d’être défendu sans complexes Mais juridiquement, dans le cadre actuel des lois françaises et surtout des engagements européens, il est très fragile. Sans une révision en profondeur du cadre constitutionnel et conventionnel, ou une volonté politique capable d’assumer un conflit frontal avec les institutions, sa mise en œuvre pure et simple reste hautement incertaine. La question n’est donc pas seulement de vouloir. C’est aussi de pouvoir.

C’est pourquoi je suppose qu’il s’agit pour Marine d’une manoeuvre électoraliste mais qu’elle sait que, sauf changements majeurs, cela ne sera pas possible. Après tout elle aurait tort de s’en passer, les autres, scélérats, osent tout, eux.

Christine Tasin

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2 Commentaires

  1. C’est l’heure du catalogue électoral, chacun y va de sa proposition. Celle-ci n’est pas la plus démagogique, elle va dans le bon sens, mais a peu de chances d’être appliquée vu les barrages constitutionnels. Il faudrait sortir de l’UE, mais vu notre situation actuelle, c’est risqué. Encore eût-il fallu ne pas y entrer. Mais qu’est-ce que nous sommes allés faire dans cette galère? J’en veux aux crétins qui se sont prononcés pour le oui. Vu le peu d’écart entre le oui et le nom, j’ai cependant comme un doute sur la sincérité des résultats de ce référendum. Je ne sais pas si je suis le seul.

  2. Bonjour, ça ne se fera jamais! Déjà l’EU va s’y opposer et des imams commencent déjà à braire en disant qu’il faudrait aussi interdire la kippa, raisonnement, qui si on veut être honnête, est logique. Le mieux, quand on rencontre ces créatures, est de ne pas les voir, car leur but est avant tout, de se faire remarquer. On ne veut pas les obliger à se soumettre à nos lois! On veut qu’elles partent avec leur smala et leur idéologie incompatible avec la nôtre. Bonne journée.