Bon, on ne saura pas pourquoi le directeur de la CIA est allé à Moscou !

A l’heure où j’écris, on n’a pas de confirmation officielle unique et définitive de la  vraie  raison du voyage de  John Ratcliffe.  Les versions divergent, et les sources anonymes  qui circulent sur la toile restent non vérifiables.

Le 25 août 2026, John Ratcliffe,  directeur de la CIA,  a effectué un voyage non annoncé à Moscou, demeurant environ 8 h sur place.  Il était arrivé  à bord d’un C-17 militaire américain via Riga (Lettonie). Le Kremlin a confirmé des contacts entre services de renseignement  (notamment avec des homologues comme Sergueï Narychkine de la SVR (Service des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie, successeur du KGB), sans rencontre avec Vladimir Poutine (qui aurait toutefois été mis au courant).

C’est le premier voyage connu d’un directeur de la CIA en Russie depuis celui de William Burns en novembre 2021.

Explications principales qui circulent
– Des médias américains (Wall Street Journal, Politico, CBS, CNN, etc.), citent des personnes  « familiarisées avec le dossier  » : le but principal aurait été d’avertir la Russie de ne pas faire d’escalade contre des alliés de l’OTAN, en particulier les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), dans un contexte d’évaluations de renseignement US selon lesquelles Moscou pourrait envisager des actions limitées  pour tester la résolution de l’Alliance, face au blocage en Ukraine. Ratcliffe aurait aussi pressé la Russie de réduire son soutien militaire/économique à l’Iran et évoqué des sanctions supplémentaires si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert.

Donald Trump a qualifié le voyage de semi-routine, nié qu’il s’agisse d’un avertissement sur l’OTAN ou l’Iran, et l’a lié plutôt aux efforts pour mettre fin à la guerre en Ukraine ( « quelque chose pourrait en sortir » ). Il a affirmé ensuite que Poutine  n’attaquera pas un territoire de l’OTAN, qu’il n’y a pas de souci, et que Ratcliffe rencontre régulièrement son homologue.
Au Kremlin on évoque des contacts positifs entre services de renseignement, rien de plus détaillé. Les rapports sur un avertissement anti-OTAN ou des intentions russes d’attaquer l’Alliance sont qualifiés « d’histoires d’horreur » sans lien avec la réalité ni les intentions russes.

D’autres hypothèses ont circulé (Ukraine/négociations de paix, partage de renseignement avec l’Iran etc.), et l’Ukraine aurait été invitée à suspendre temporairement ses frappes sur Moscou et le nord de la Russie pendant le séjour.

Sud Ouest et HuffPost reprennent essentiellement les rapports américains  sur l’avertissement OTAN, tout en soulignant que Trump minimise et que le Kremlin reste vague.

Bref, il n’existe pas de version officielle américaine ou russe détaillée et concordante. Les rapports les plus précis viennent de sources anonymes dans la presse US, que Trump et le Kremlin contredisent ou relativisent. Les voyages de ce type (rares) servent souvent à transmettre des messages sensibles hors canaux diplomatiques classiques, mais sans accès aux comptes rendus, on ne peut pas trancher définitivement entre avertissement OTAN + Iran  et contacts de routine / Ukraine. La situation reste donc opaque, ce qui est fréquent pour les contacts entre services de renseignement.

Jeanne La Pucelle


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