S’ils nous empêchent d’aller voter, 3ème partie :  Mussolini, Hitler, Pétain

Première partie ici 

Deuxième partie ici 

Troisième partie : Quelques exemples historiques de factions ou hommes ayant bloqué des Parlements, suspendu des scrutins… pour s’emparer du pouvoir, à tort ou à raison (c’est la postérité qui répond, en général, et pas de manière unanime)

Il est bien évident que ce travail n’est qu’une synthèse simple de ce que l’on trouve sur le net, Encyclopédia, IA… ou dans des livres scolaires et que nombre de faits et de personnages sont contestés (selon les partis politiques notamment). Il s’agit juste d’alimenter par des exemples historiques, quoi qu’on en pense, les risques/possibilités/avantages… en cas d’insurrection empêchant le vote en France.

Ces trois-là, pour le meilleur ou pour le pire ? A chacun et aux historiens de répondre… Ce qui est sûr c’est que la nature, comme la culture, a horreur du vide… Pas d’élections ? Pas de solutions ? Il y a (presque toujours) un homme là au bon endroit et au bon moment pour éviter que des foules errent et fassent n’importe quoi en catalysant les forces qui ne demandent que cela. Il faut juste être là où et quand il faut. Et c’est aussi pour cela et comme cela que de vraies ordures ont pris le pouvoir et l’ont gardé parfois très très longtemps… alors les rois de l’abstention ne me font pas rire, ils me font craindre le pire.
Christine Tasin
 

4  Le Parti fasciste et la Marche sur Rome de Mussolini en Italie (1922)

  • Le contexte : L’Italie traverse une crise politique et sociale profonde après la Première Guerre mondiale. Benito Mussolini et ses Chemises noires  multiplient les violences de rue contre la gauche pour déstabiliser l’État.
  • L’action : En octobre 1922, Mussoliniexige le pouvoir et lance environ 25000 fascistes dans une marche armée vers Rome. Le Premier ministre Luigi Facta veut proclamer l’état de siège pour faire intervenir l’armée et bloquer les fascistes, mais le roi Victor-Emmanuel IIIcède à la menace, refuse de signer le décret et nommeMussolini chef du gouvernement.
  • La prise de pouvoir : Bien que Mussolini soit entré au pouvoir de manière légale en apparence, la menace de la force a paralysé les institutions constitutionnelles. Quelques mois plus tard, la loi Acerbo (1923) modifie de force le système électoral, et l’assassinat du député d’opposition Giacomo Matteotti scelle la dictature fasciste totale en 1925.

5. Le Parti nazi et le vote de la Loi des pleins pouvoirs en Allemagne, Hitler  (1933)

  • Le contexte :Hitler est nommé chancelier en janvier 1933. Après l’incendie du Reichstag en février, il suspend les libertés fondamentales. Les élections de mars 1933 ne lui donnent cependant pas la majorité qualifiée (des deux tiers) nécessaire pour modifier la Constitution.
  • L’action : Pour faire voter la Loi des pleins pouvoirs le 23 mars 1933, les nazis empêchent physiquement l’opposition parlementaire de voter. Le Parti communiste (KPD) est totalement banni et ses élus sont arrêtés ou en fuite. Le jour du scrutin à l’Opéra Kroll, des hommes armés de la SA et de la SS entourent et pénètrent dans la salle pour intimider les députés restants (seuls les socialistes du SPD oseront voter contre).
  • La prise de pouvoir :En faussant le quorum et en empêchant les opposants de voter par la terreur, Hitler obtient les pleins pouvoirs. Il dissout tous les autres partis politiques et syndicats dans les mois qui suivent, détruisant définitivement la République de Weimar

6 Le 10 juillet 1940, 80 parlementaires (57 députés et 23 sénateurs) ont voté contre les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. [1]
Contexte du vote
  • Date : 10 juillet 1940.
  • Lieu : Salle du théâtre du Casino de Vichy.
  • Résultat : 569 voix pour, 80 voix contre, 20 abstentions (sur 669 votants).
  • Conséquence : Ce vote a mis fin à la IIIe République et instauré le régime de Vichy. [1, 2, 3]
    Quelques figures marquantes parmi les 80
    • Léon Blum (député SFIO de l’Aude)
    • Vincent Auriol (député de la Haute-Garonne, futur président de la République)
    • Laurent Bonnevay (député du Rhône)
    • Auguste Champetier de Ribes (sénateur des Basses-Pyrénées) [1, 2, 3, 4]
      La majorité des 80 parlementaires ayant voté contre les pleins pouvoirs appartenait à la gauche républicaine, principalement à la SFIO.
      Répartition politique des 80
        • SFIO (Socialistes) : 36 parlementaires (le groupe le plus nombreux).
        • Parti Radical-Socialiste et Radicaux indépendants : 27 parlementaires.
        • Droite et Centre-Droit (Alliance démocratique, PDP, etc.) : 13 parlementaires (dont Laurent Bonnevay et Auguste Champetier de Ribes).
        • Autres (Socialistes indépendants, USR, USR) : 4 parlementaires.

      Note : Les parlementaires communistes ne figurent pas dans cette liste car leur parti avait été interdit dès 1939.
      Le sort des 80 sous le régime de Vichy
      Le régime de Philippe Pétain a immédiatement ciblé ces opposants par des mesures de surveillance et de répression.
        • La prison ou l’internement : Plusieurs figures majeures comme Léon Blum et Marx Dormoy ont été rapidement arrêtés et internés.
        • Les assassinats : Certains ont été exécutés par la Milice française. C’est le cas de Marx Dormoy (assassiné en 1941) et de Jean Zay (qui n’a pas pu voter car embarqué sur le Massilia, mais qui partageait leur combat).
        • La destitution : Presque tous ont été déchus de leurs mandats locaux (maires, conseillers généraux) par le gouvernement de Vichy.
        • La clandestinité et la Résistance : Une grande partie d’entre eux a rejoint les réseaux de la Résistance intérieure (comme le réseau Libération-Sud) ou s’est cachée pour échapper à la Gestapo.

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      1 Commentaire

      1. Qu’est-ce que c’est que ce pays où une élue peut appeler à la désobéissance civile sans être inquiétée ? Une pétaudière dirigée par un roi du même nom.