Le 24 août 2026, l’annonce officielle de la localisation de l’épave de l’Altalena, gisant intacte à 503 mètres de profondeur au large de Tel-Aviv, a instantanément déclenché une tempête politique d’une rare violence. Soixante-dix-huit ans après le bombardement du navire, la réapparition physique de cette coque d’acier ne relève plus de l’archéologie maritime, mais d’une confrontation frontale entre deux visions irréconciliables d’Israël.
Pour la droite nationaliste et religieuse, aujourd’hui au cœur du pouvoir, la découverte de l’épave à 503 mètres de profondeur n’est pas une simple curiosité historique : c’est une résurrection, un rappel à l’ordre. Pendant des décennies, ce camp politique a vécu avec le sentiment d’avoir été exclu du récit national fondateur, écrit par et pour la gauche laïque de David Ben-Gourion. L’Altalena était leur blessure ouverte, le symbole d’un « crime fratricide » où des Juifs survivants de la Shoah ont été ciblés par d’autres Juifs. Où était la compassion si louangée du peuple juif… étaient-ils des juifs ou bien leur sosie ?
En s’emparant immédiatement de cette découverte par la voix de ministres de la droite radicale comme Itamar Ben-Gvir, le mouvement national-religieux opère une forme de justice historique. Il ne s’agit plus de commémorer un naufrage, mais de réhabiliter les combattants de l’Irgoun comme les véritables héros sacrifiés de 1948. La promesse de Benjamin Netanyahou de renflouer la coque du navire agit comme un puissant blason politique : remonter l’Altalena à la surface, c’est symboliquement hisser la mémoire de la droite nationaliste au sommet de l’État, validant sa victoire culturelle et politique sur l’ancien établissement laïque.
La plaie demeure toujours ouverte et s’aggrave avec la haine du juif, du religieux, du croyant et du nationaliste. La Plaie c’est aussi Itshaq Rabin… En 1948, sur la plage de Tel-Aviv, c’est lui qui s’est retrouvé en première ligne pour faire exécuter l’ordre d’ouvrir le feu sur des rescapés de la Shoah, sur ses frères, sur Menahem Begin, le nationaliste. Cette coupure subsiste encore aujourd’hui avec ses adeptes de la gauche laïque, qui ne ratent aucune occasion d’humilier le juif croyant, s’en prenant aux symboles les plus sacrés jusque dans l’espace public le jour de Kippour. Apparemment la punition n’a eu aucun effet, puisqu’ils sont toujours prêts à récidiver. Toujours à l’affût pour diaboliser la religion, le judaïsme, la foi, la nation… et les saintes lois divines.
Cette gauche laïque aspire à un État démocratique tout en employant des outils dictatoriaux. Pour elle, la religion et les caractéristiques définissant le Juif doivent disparaître. Elle omet seulement qu’elle concourt avec une autre ethnie qui lutte pour la remplacer : l’islam… virulent, hégémonique et barbare.
Face à cette ferveur nationaliste, la gauche laïque et le centre libéral contemplent la résurrection de l’Altalena sous l’ombre envahissante d’une sourde angoisse. Pour les héritiers politiques de David Ben-Gourion, le tir de canon de 1948 n’était pas un crime, mais un sacrifice tragique et absolu pour sauver l’État naissant du chaos, pour le sauver du judaïsme. Herzl n’avait-il pas suggéré, dans ses premiers errements, de convertir les juifs au catholicisme pour sauver leurs vies ? Dans leur mémoire, ce geste terrible a brisé la menace d’un coup d’État militaire et d’un séparatisme idéologique, imposant une règle fondamentale : une seule loi, un seul gouvernement, et une seule armée unifiée, Tsahal. Où est le juif ? Nulle part.
Aujourd’hui, alors que l’épave refait surface dans un Israël profondément fracturé, les milieux séculiers craignent que l’histoire ne soit réécrite pour affaiblir les institutions démocratiques. Le ridicule ne tue pas – où est-elle donc cette démocratie ? Au sein des cours de justice locales et internationales, lorsque les juges accusent Israël de génocide et projettent les soldats de l’armée israélienne vers l’échafaud ?
Voir la droite religieuse glorifier une milice dissidente de 1948 résonne, pour eux, comme un dangereux signal d’alarme dans le présent. Ils y voient la légitimation d’un agenda messianique qui place l’idéologie sectorielle au-dessus des lois. Derrière la bataille des mémoires autour du navire, c’est la survie même d’un prétendu modèle démocratique et unifié d’Israël que la gauche tente désespérément de défendre, mobilisant ses partisans dans la rue, notamment à travers les blocages de la rue Kaplan.
En somme, c’est la leçon oubliée de Menahem Begin face à la rue Kaplan… Mais pour qui réellement ? Sinon pour le Juif Croyant.
C’est dans l’ombre de cette coque brisée que se cache pourtant la leçon la plus tragique de l’histoire israélienne. En ce jour maudit de juin 1948, alors que le navire brûlait sous les tirs ordonnés par le commandement de Tsahal et que ses hommes réclamaient vengeance, Menahem Begin a choisi les larmes plutôt que les armes : « Ne levez pas les mains contre vos frères. Pas de guerre civile ». Par ce sacrifice personnel et politique, il a sauvé la nation naissante d’un suicide collectif. C’est le lourd prix de la compassion face à l’absurde.
Comment ne pas comparer cette épreuve à celle que nous vivons à l’heure actuelle, lorsque la gauche Kaplaniste hurle « Bibi Criminel » et est capable de jeter en pâture tout Israël en échange de sa tête ? Cette même gauche capable de dénoncer les soldats israéliens sur la base des mensonges des assassins du Hamas durant l’attaque du 7 octobre 2023…
Que Justice soit faite !
Ne sommes-nous pas en plein mois d’Elloul ? Le mois du Pardon et de la Techouva – Le retour vers Dieu – Elloul est considéré comme le mois de la miséricorde divine et du pardon. C’est le moment idéal pour faire son introspection (Hechbon Nefech) et entamer un processus de repentance (Techouva). Historiquement, c’est le 1er Elloul que Moïse est remonté sur le mont Sinaï pour recevoir les secondes Tables de la Loi, après l’épisode du Veau d’or. Il en est redescendu 40 jours plus tard, le jour de Yom Kippour, marquant le pardon absolu de Dieu.
AM ISRAËL HAY
Thérèse Zrihen-Dvir
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