Le contrat vénézuélien de Mathieu Pigasse : le « coup de sa vie » et ses zones d’ombre

Illustration tirée d’un article du Point sur ce sujet.

En mai 2026, Pigasse, via la banque américaine Centerview (dont il dirige le bureau parisien), a décroché le mandat de restructuration de la dette extérieure du Venezuela. Montant estimé : entre 150 et 200 milliards de dollars (jusqu’à 240 milliards selon certains ), soit plus de 200 % du PIB du pays.

C’est l’une des plus grandes opérations de dette souveraine de l’histoire récente, comparable à celle de la Grèce en 2012.

Le contrat a été obtenu sans appel d’offres. Pigasse a bénéficié de ses anciens liens avec Delcy Rodríguez (président par intérim depuis la chute de Maduro en janvier 2026) et, surtout, de l’appui de Mauricio Claver-Carone, ancien émissaire de Donald Trump pour l’Amérique latine. Un passage à la Maison-Blanche fin janvier (projection privée du documentaire sur Melania Trump) et des voyages à Caracas auraient scellé le deal. Les États-Unis, qui tirent les ficelles du Venezuela post-Maduro, auraient validé le recours à des conseillers internationaux.

Côté rémunération, des estimations circulent : un forfait mensuel autour de 750 000 dollars et une commission de succès de 0,1 % sur la dette restructurée, soit potentiellement 150 à 200 millions de dollars au total. Des chiffres que la banque américaine Centerview (qui a à Paris un bureau dirigés par Pigasse) conteste, mais qui ont fait grincer des dents (Lazard aurait proposé de reprendre le dossier pour 25 millions seulement). En tout cas, c’est un jackpot pour le « banquier de gauche ».

 Et que dit Bardella de tout cela ?

Jordan Bardella n’a pas commenté directement le contrat vénézuélien. En revanche, sa réaction aux déclarations de Pigasse aux AMFIS de LFI (22 août 2026) est cinglante et éclaire parfaitement le paradoxe.

Sur X, le président du RN a écrit :

 « Matthieu Pigasse raconte n’importe quoi.  Annuler la dette détenue par la Banque de France ne donnerait pas davantage de marge de manœuvre.
 La Banque de France est détenue par l’État. Les intérêts versés par l’État sur la dette détenue par la Banque de France sont ensuite reversés à l’État sous forme de dividendes. Cela ne soulagerait donc en rien les finances publiques…
 En revanche, une telle annulation pourrait inquiéter les investisseurs, qui pourraient craindre que l’État soit tenté de faire la même chose avec les créanciers privés. Ils exigeront alors des taux d’intérêt plus élevés… Il n’y a pas d’argent magique… »

Pigasse a répliqué en ironisant sur « l’économie pour les nuls  » et en rappelant les 700 milliards détenus par l’Eurosystème.

Le parallèle est cruel : le même homme qui explique aux militants LFI que la dette française peut s’évaporer « sans aucun impact » facture des millions (voire des dizaines ou centaines de millions) pour expliquer aux Vénézuéliens comment ne pas l’annuler d’un trait de plume, mais la renégocier âprement avec les créanciers (Chine, Russie, fonds américains, pétroliers…).

Autrement dit : pour la France, magie pure ; pour le Venezuela, restructuration complexe, coûteuse et politiquement pilotée depuis Washington.

Pigasse se défend en disant que son rôle est purement technique et qu’il aide des pays asphyxiés par la dette. Reste que le contraste entre le discours radical tenu devant LFI et le métier de « restructurateur » de dettes souveraines sous influence américaine continue de nourrir les critiques de double langage… Comme c’est étrange !!!

Jeanne La Pucelle

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3 Commentaires

  1. Vous n’avez pas compris que Pigasse (🎶c’est un petit nom charmant🎶 -Fernandel) se voit en futur négociateur avec l’UE (ou qui que ce soit) des négociations sur l’annulation de la dette française …. Moyennant un montant d’honoraires mensuels de X million d’euros PLUS une commission de succès (success fees) de Y% du montant des dettes annulées. On a beau être de gooche et trotskyste, on en demeure pas moins amoureux de l’argent … propre ou sale puisque selon l’école Pigasse l’argent n’a pas d’odeur.

  2. Mais Pigasse, dans l’ombre, en soutenant Mélanchion compte être le mandataire pour renégocier la dette française si, pour notre malheur, le satrape Mélanchion attivait au pouvoir. Il lui dirait : « Qui t ‘as fait roi ? ».
    Mais pour monter au cocotier… comme disait mémé, faut etc…