Deux poids, deux mesures, une fois de plus…
Après une rencontre jugée stérile avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez le 13 août, les syndicats de sapeurs-pompiers ont haussé le ton. Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale, a résumé le sentiment général : aucune réponse concrète sur le financement, ni sur la stratégie, ni sur le contenu du projet de loi de modernisation de la sécurité civile. Rémy Chabbouh (Sud SDIS) a même prévenu : Méfiez-vous de la colère d’hommes patients !
Un campement de protestation est annoncé place de la République à Paris du 26 au 29 septembre.
Un pompier des Bouches-du-Rhône, interrogé, a résumé le scandale avec une clarté brutale : L’argent va à l’Afrique, l’Ukraine… On leur octroie des millions d’euros alors qu’on ne dispose d’aucun moyen supplémentaire au titre de la sécurité civile. Emmanuel Macron joue un jeu dangereux.
Ce n’est pas une impression. C’est un constat.
Depuis février 2022, la France a engagé environ 8,6 milliards d’euros au profit de l’Ukraine (soutien militaire, contribution à la « Facilité européenne pour la paix », aide humanitaire). L’aide publique au développement, largement orientée vers l’Afrique, pèse plusieurs milliards d’euros chaque année dans le budget de l’État.
Pendant ce temps, les services d’incendie et de secours (SDIS), financés essentiellement par les départements et les communes, crient famine. Le budget national de la sécurité civile a certes progressé ces dernières années, mais les pompiers professionnels et volontaires dénoncent un manque criant de moyens humains, de matériel adapté aux mégafeux et de reconnaissance concrète après des étés d’enfer (Gironde, Var…). Les collectivités peinent à suivre, les recrutements stagnent ou baissent, et les surcoûts liés aux interventions explosent.
Du côté des éleveurs et des agriculteurs, le tableau n’est guère plus reluisant. Malgré les milliards de la PAC et les aides nationales, les filières animales subissent crises sanitaires, aléas climatiques, hausses de charges et concurrence déloyale. Les dispositifs d’urgence existent, mais ils restent souvent ponctuels et insuffisants face à la réalité du terrain : décapitalisation du cheptel, fermetures d’exploitations, désespoir dans les campagnes.
Alors que les Français paient des impôts records, que la dette publique explose et que les services publics de proximité (sécurité civile, agriculture, hôpital de proximité…) peinent à tenir, l’État continue d’afficher une générosité sélective. Priorité à la projection internationale, aux engagements européens, au détriment de ceux qui protègent le territoire et produisent notre nourriture.
Les pompiers ne demandent pas la lune. Ils demandent des moyens pour faire leur métier sans y laisser leur peau. Les éleveurs demandent de pouvoir vivre de leur travail.
Quand un pays préfère financer des causes lointaines plutôt que ceux qui le servent au quotidien, il ne faut pas s’étonner que la colère monte. Place de la République en septembre, ce ne sera pas qu’un campement de pompiers. Ce sera le symptôme d’un pays qui a perdu le sens des priorités.
Christine Tasin
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Vite, c’est Knafo qu’il nous faut aux finances…
Combien de causes lointaines
Macron a bien financées,
En Afrique et en Ukraine
Qui toutes nous ont sucés.
Jusqu’à la moelle.