USA : Le ministère de la Justice engage des procédures de dénaturalisation contre 25 citoyens américains

Le ministère de la Justice engage des procédures de dénaturalisation contre 25 citoyens américains Au total, 123 procédures civiles de dénaturalisation ont été engagées sous l’administration actuelle — un nombre record dans l’histoire — selon le ministère de la Justice (DOJ).
4 août 2026 Des personnes attendent d’entrer dans le bureau local de l’agence fédérale ICE (Immigration and Customs Enforcement) à New York, situé dans l’immeuble fédéral Jacob K. Javits, le 8 septembre 2025. Michael M. Santiago/Getty Images
Le ministère de la Justice (DOJ) a engagé un nombre record de 25 procédures de dénaturalisation sur une période de deux semaines, entre le 20 juillet et le 3 août, marquant ainsi « la plus vaste opération de dénaturalisation jamais entreprise », selon le ministère. Ces plaintes en dénaturalisation ont été déposées auprès de plusieurs tribunaux fédéraux de district à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir commis diverses infractions graves, notamment des agressions, des tentatives de meurtre, des coups et blessures ainsi que des agressions sexuelles, a indiqué le DOJ dans un communiqué publié le 3 août.
En vertu de la loi sur l’immigration et la nationalité (Immigration and Nationality Act), la citoyenneté américaine d’une personne naturalisée peut être révoquée et son certificat de naturalisation annulé si cette naturalisation a été obtenue illégalement, ou acquise en dissimulant certains faits ou par le biais de fausses déclarations délibérées. 
L’une des personnes mises en cause, Tatiana Power, 46 ans et originaire de Moldavie, a été naturalisée en 2010. En 2021, Mme Power a été accusée d’avoir participé à un trafic de vidéos et d’images montrant des abus sexuels sur des enfants. Elle a reconnu avoir pris part à de telles activités avant d’obtenir la citoyenneté américaine, a précisé le DOJ. Le gouvernement fédéral demande la dénaturalisation de Mme Power en raison de ses actes criminels et des fausses déclarations qu’elle a utilisées pour obtenir sa naturalisation.
Dans une autre affaire, Jose Luis Martinez-Zavala, 80 ans et originaire du Mexique, a été naturalisé en 2014. Selon le ministère, lors de la procédure de naturalisation, M. Martinez-Zavala a omis de révéler qu’il avait commis, en 2010, une agression sexuelle aggravée sur un enfant. En 2020, M. Martinez-Zavala a été reconnu coupable de cette infraction. Lors de sa naturalisation, Martinez-Zavala a affirmé sous serment ne pas avoir commis le crime pour lequel il avait été arrêté, a indiqué le ministère de la Justice (DOJ).
Un autre prévenu, Dwyane Robinson, 44 ans et originaire de Jamaïque, avait tiré sur un homme et tenté de le tuer ; il a été reconnu coupable de tentative de meurtre au premier degré. Robinson avait obtenu la nationalité américaine grâce à son service militaire. Toutefois, en 2013, alors qu’il attendait son procès pour les crimes commis, il a été renvoyé de l’armée américaine. Le mois dernier, le ministère de la Justice a engagé une procédure pour lui retirer sa nationalité.

La naturalisation d’une personne peut être révoquée soit par une procédure civile, soit à la suite d’une condamnation pénale, selon une mise à jour du 13 juillet des Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS). L’État est soumis à une charge de la preuve élevée lorsqu’il engage de telles procédures. Pour les révocations civiles, l’État doit fournir des « preuves claires, convaincantes et sans équivoque, ne laissant place à aucun doute », a précisé l’USCIS. Pour les révocations pénales, la charge de la preuve est identique à celle des autres affaires pénales : la preuve doit être établie « hors de tout doute raisonnable ». L’USCIS transmet les dossiers en vue d’une révocation civile lorsque le demandeur a obtenu la naturalisation illégalement, a dissimulé des informations cruciales ou a délibérément présenté des faits erronés au cours de la procédure de naturalisation. Dans sa récente déclaration, le ministère de la Justice a indiqué que, sous l’administration Trump actuelle, il avait engagé 123 procédures civiles de déchéance de nationalité, un chiffre présenté comme le plus élevé jamais enregistré. « La citoyenneté américaine est l’un des plus grands privilèges de notre nation ; elle doit être obtenue légalement et honnêtement », a déclaré Todd Blanche, procureur général par intérim, dans le communiqué. The Epoch Times n’a pas réussi à joindre les représentants légaux de Tatiana Power, Jose Luis Martinez-Zavala et Dwyane Robinson. Déchéance de nationalité pour les criminels L’administration Trump a intensifié les efforts visant la déchéance de nationalité. Une note du ministère de la Justice datée de juin 2025 a enjoint à la Division civile de poursuivre activement les dossiers de déchéance de nationalité, en particulier dans les cas impliquant le terrorisme, les activités de gangs, les menaces à la sécurité nationale et les crimes graves non déclarés. La volonté de l’administration de procéder à des dénaturalisations a été critiquée par la représentante Grace Meng (Démocrate de New York) dans une publication du 24 avril sur X ; elle a souligné que les personnes engagées dans le processus de naturalisation font l’objet d’une « vérification approfondie ». « Le fait que le président prenne pour cible des citoyens américains naturalisés constitue non seulement une instrumentalisation irresponsable du ministère de la Justice, mais aussi une attaque contre les valeurs fondamentales de l’Amérique », a déclaré Mme Meng. La suite de l’article ci-dessous En janvier, le sénateur Eric Schmitt (Républicain du Missouri) a présenté le projet de loi « Stop Citizenship Abuse and Misrepresentation Act » (Loi visant à mettre fin aux abus et aux fausses déclarations en matière de citoyenneté). Ce texte vise à étendre la procédure de dénaturalisation aux personnes ayant commis des fraudes ou des crimes graves, ou ayant appartenu à des organisations terroristes, selon un communiqué publié le 19 janvier par le bureau du sénateur. Cette initiative législative est intervenue dans un contexte de fraudes massives commises par des réseaux criminels somaliens dans le Minnesota, impliquant de nombreux citoyens américains naturalisés.

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