Après l’entrée de 50 à 60 000 migrants à Ceuta et la mort de 72 personnes, Ursula von der Leyen a trouvé la solution miracle : plus de barrières physiques… et davantage d’argent pour le Maroc. Toujours plus. Toujours la même logique. On ne ferme pas le robinet, on paie le plombier qui laisse couler.
La présidente de la Commission a félicité l’Espagne et le Maroc pour leur « gestion efficace » (sic !), avant de proposer d’améliorer le soutien technique et financier à Rabat. Comme si le Royaume n’avait pas déjà largement démontré qu’il savait ouvrir et fermer la vanne selon les humeurs diplomatiques. On ne sanctionne pas. On négocie. On verse. On s’incline.
Et Emmanuel Macron ? La France s’est isolée. Vingt-deux pays européens ont réclamé un durcissement coordonné. Paris, lui, a renforcé les contrôles à la frontière espagnole – mesure de pure communication – tout en offrant son « soutien » et en restant fidèle à la ligne molle : dialogue, partenariat, argent. Jamais de poing sur la table. Jamais de condition claire : plus un euro tant que les flux ne sont pas stoppés net. C’est pourtant le seul langage, la seule attitude ayant une chance de nous éviter le Camp des Saints...
Pendant ce temps, en France, les services publics craquent, les hôpitaux manquent de lits, les Français peinent à se soigner, se loger, se chauffer. Mais l’argent qu’on n’a plus, on le trouve toujours pour soudoyer un voisin qui utilise la migration comme levier. C’est la doctrine de l’impuissance : on achète la paix frontalière à crédit, sur le dos des contribuables, en espérant que le prochain chantage sera moins cher.
Von der Leyen et Macron ne défendent pas les frontières. Ils gèrent une rente migratoire. Ils transforment la souveraineté en ligne budgétaire. Et pendant qu’ils multiplient les chèques et les discours sur le « partenaire stratégique », les Français, eux, n’ont même plus le droit de dire qu’ils n’en peuvent plus.
Ce n’est plus de la politique. C’est de la reddition financée.
Christine Tasin
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