Il n’y a pas de guerre déclarée entre la France et la Russie. Aucun état de siège, aucun conflit armé direct. Pourtant, mercredi 29 juillet 2026, le ministère de l’Intérieur a notifié à Xenia Fedorova, journaliste russe, ancienne directrice de RT France, un arrêté d’expulsion. Motif officiel : elle serait un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes , son comportement porterait atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État et constituerait une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public .
Traduction : elle a le tort de ne pas répéter la doxa officielle sur l’Ukraine, l’OTAN et l’Europe. Elle parle sur CNews, Europe 1, dans le JDNews. Elle dérange. Alors on la met à la porte. Assignée à résidence, obligation de pointer au commissariat, interdite de travailler normalement. Son avocat dénonce une atteinte grave à la liberté d’expression. Canal+ et Lagardère, qui l’emploient, le confirment : la liberté d’expression se défend précisément quand les opinions dérangent.
Pendant ce temps, la même France accueille, régularise, loge, soigne et parfois naturalise des milliers de personnes venues de pays en guerre ou en chaos, parmi lesquelles se trouvent, en proportions non négligeables, des délinquants, des récidivistes, des auteurs d’agressions sexuelles, de vols violents, voire d’homicides. On connaît les faits divers. On connaît les statistiques de la justice et de la police. On sait que certains, une fois sur le territoire, multiplient les infractions sous le regard bienveillant ou impuissant d’une administration qui préfère parler d’ « intégration » plutôt que d’expulsion effective.
Mais Xenia Fedorova, elle, n’a pas poignardé, violé ni cambriolé. Elle a parlé. Elle a contesté le récit dominant. Elle a dit que l’Occident prolongeait la guerre, que l’Europe risquait de s’engager dans une escalade contre la Russie. Des opinions. Des analyses. Des points de vue. Dans un pays qui se targue d’être la patrie des droits de l’homme et de la libre communication des pensées (article 11 de la Déclaration de 1789), cela suffit désormais pour devenir persona non grata.
Le deux poids, deux mesures est d’une clarté obscène. On expulse une journaliste russe parce qu’elle dérange le narratif géopolitique. On hésite, on traîne, on multiplie les recours et les délais quand il s’agit d’éloigner un étranger condamné pour des faits de sang ou de violence. On invoque la menace pour l’ordre public contre celle qui parle, mais on semble beaucoup plus tolérant envers ceux qui agissent.
La France n’est pas en guerre contre la Russie. Elle est, en revanche, en guerre contre le pluralisme dès qu’il touche à certains sujets. Elle se permet de qualifier Fedorova de « propagandiste » tout en fermant les yeux sur les discours de haine, d’antisémitisme ou d’appel à la violence qui prospèrent dans d’autres milieux, souvent plus discrets dans les médias mainstream.
Canal+ a raison de crier à l’atteinte à la liberté d’expression. Mais le problème est plus large. Quand un État commence à expulser des journalistes pour leurs opinions en temps de paix, il ne défend pas l’ordre public : il révèle sa fragilité idéologique. Et quand, dans le même temps, il peaufine l’art de l’accueil sélectif – ouvert aux uns, fermé aux autres selon le degré de conformité politique – il ne protège plus la nation. Il la divise et la discrédite.
Xenia Fedorova va former un recours. Tant mieux. Mais le signal est déjà envoyé : en France, en 2026, mieux vaut être un délinquant bien silencieux qu’une journaliste trop bavarde.
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ils la remplaceront par un imam !!
La France de Macron ou la pensée unique. Au fait, refuser la pluralité des opinions, c’est bien une des caractéristiques des dictatures ?
Une injustice totale. Toujours le 2 poids 2 mesures. Maintenant elle va devoir affronter Poutine.