Je vis au Canada et je lis régulièrement Résistance républicaine, un des rares blogs français dont j’apprécie l’objectivité sur ce qui se passe en Israël. Or le hasard m’a permis d’assister à l’une des premières projections de Naza, actuellement interdit en Israël. Je suis plutôt pour la liberté mais que des anti-Netanyahu (en fait des anti-Israël) sortent ce torchon cinématographique qui réécrit l’histoire du 7 septembre, entre autres, alors que des élections plus qu’importantes vont avoir lieu le 27 octobre pour renouveler les 120 membres de la Knesset, je trouve ça dégueulasse, passez-moi l’expression.
Alors permettez-moi, exceptionnellement, ce petit coup de gueule, Coup de gueule, oui, parce qu’on n’en peut plus de toutes ces critiques, de toute cette haine qui ne font qu’empirer depuis le 7 octobre. Le monde est-il devenu fou qu’il jette en enfer ceux qui l’ont subi et qu’il encense des assassins, des monstres ?
Nathan Jacob
Il a eu son ovation à Venise, son prix spécial du jury et ses 25 minutes d’applaudissements avec drapeaux palestiniens dans la salle. Reste à regarder ce qu’il y a vraiment à l’intérieur de Naza, de Yuval Abraham et Rachel Szor.
Le scénario est connu : 24 témoins anonymes, filmés de nuit sur des toits de Tel-Aviv, racontent les frappes à Gaza. Le titre vient de nezek agavi, le « dommage collatéral » comptabilisé par l’armée. Sur le papier, c’est une enquête choc. Dans les faits, c’est un montage d’accusations invérifiables.
Le problème numéro un : l’absence totale de pièces.
Pas un ordre de frappe. Pas un dossier de ciblage. Pas un compte-rendu opérationnel. Pas un échange interne. Les réalisateurs eux-mêmes le reconnaissent en creux : tout repose sur des récits oraux anonymisés. Pour un film qui prétend décortiquer un système assisté par intelligence artificielle à partir de milliers de téléphones piratés, c’est léger.
Et c’est encore plus léger quand on arrive au chiffre qui a fait le tour du monde: 500.
Un seul témoin, anonyme, affirme qu’une frappe aurait été autorisée alors que 500 victimes civiles étaient prévisibles. Pas de cible nommée. Pas de date. Pas de lieu. Pas de niveau hiérarchique ayant donné l’autorisation. Pas de bilan réel. Rien.
Tsahal a démenti formellement : l’armée n’a jamais planifié, approuvé ou conduit une frappe à Gaza en anticipant 500 civils tués. Elle souligne aussi l’évidence : impossible de vérifier qui est ce prétendu témoin, quel était son accès, s’il était même en position de savoir !!!
Résultat: le chiffre le plus spectaculaire du film c’est UNE VOIX sur 24. Et les 500 civils, c’est un seul homme qui le dit, sans preuve.
Et le reste fait pschitt ! On filme l’anonymat, on habille d’IA et de surveillance, on laisse entendre que tout est systématique. On compare à Shoah de Lanzmann pour donner du poids mémoriel, on ajoute une musique anxiogène, et on appelle ça un dossier à charge.
C’est précisément ce flou qui permet tout et rend tout « non crédible » ! Quand on ne donne ni date, ni lieu, ni document, personne ne peut contredire précisément. C’est infalsifiable, donc invérifiable. Ce n’est pas du journalisme d’investigation, c’est du témoignage sous protection totale.
No Other Land avait au moins le mérite de montrer un terrain. Naza ne montre que des silhouettes qui parlent dans le noir. 80 minutes de « on m’a dit », de « j’ai vu », de « c‘est comme un jeu vidéo », sans jamais produire l’écran où s’afficherait le fameux compteur de Naza.
On comprend pourquoi le film sortira gratuitement sur le site du Guardian en novembre, après une sortie limitée à 500 séances chez MK2 les 12 et 13 octobre : plus la diffusion est militante, moins on a besoin de répondre aux questions de méthode.
Au final, Naza ne révèle pas un système. Il illustre une méthode bien connue : prendre une accusation gravissime relevant du droit pénal international, la confier à une source anonyme impossible à recouper, et compter sur l’émotion du festival pour éviter l’épreuve des faits !
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Alors, s’agit-il de cinéastes juifs gauchiasses ?
Il s’agit du 7 octobre, et non du 7 septembre. [Corrigé, merci ! Un modérateur]
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Le mensonge revêt souvent les habits de la vérité pour tromper l’opinion, mais à l’aune du temps, on s’aperçoit que ce n’étaient que des oripeaux.
On méprisait le Juif lorsqu’il était petit tailleur ou petit épicier victime soumise des pogroms. On le hait aujourd’hui qu’il est soldat et se défend victorieusement contre les pogroms. A quoi bon essayer de répondre aux antisémites, pour qui le Juif aura toujours tort quoi qu’il fasse?
TRès juste Jean, merci