Le Danemark, un exemple à suivre ???



La France est dans une crise financière et économique énorme.
Une proposition que j’ai transmise à quelques politiques.
Peu d’échos !


1/ Le Danemark : historique, situation et fonctionnement actuels.
A l’issue de la guerre 39/45, la situation du Danemark n’est pas brillante, sa balance commerciale continuellement déficitaire jusqu’en 1986 : ci-dessous un tableau depuis 1948.
https://fr.countryeconomy.com/commerce/balance/danemark

Ainsi dans les années 70/80, le Danemark entreprend une réforme sur plus d’une décennie.
Depuis 1987, la balance commerciale du Danemark a toujours été excédentaire.
Le Danemark a certes eu la chance de découvrir des gisements de gaz et de pétrole sur ses côtes. Une exploitation commençant dans les années 70. Cela a participé évidement à sa réussite…
Aujourd’hui, le PIB par habitant y est de l’ordre de 67 000€ (France 41 000€) – les relevés statistiques ne sont pas tous d’accord…

La réforme économique et sociale du Danemark a consisté à transférer toutes les charges sociales du travail sur la consommation (taux de TVA fort et unique 25%), ce qui améliore la compétitivité des fabrications nationales et amoindrit la concurrence de pays aux faibles charges pratiquant un dumping social et fiscal.
S’ajoute cependant une forte fiscalité sur les revenus (le système de transfert n’est pas suffisant à lui seul pour ce système social-démocrate important).

Le social danois est très avancé mais rigoureux, le chômage est combattu par une formation immédiate des demandeurs d’emploi (taux 5%).
Le départ à la retraite y est à 67 ans, une retraite de base assurée par un système général (nécessitant, lui, un nombre d’années modéré). Par contre, les Danois doivent cotiser extérieurement pour assurer leur confort…
La dette d’État danoise fluctue entre 30 et 36 %. Le budget de l’État y est équilibré, voire il est arrivé une fois … qu’il fut excédentaire (on croit rêver) !!!
Par contre, les ménages sont fortement endettés, ce qui laisse supposer une confiance en l’avenir…
A noter que le Danemark a gardé sa monnaie et une certaine indépendance au sein de l’UE…

2/ Le système danois peut-il être appliqué à la France ?

Remarque : Je ne suis pas convaincu que les économies sur les dépenses envisagées par certains politiques seront suffisantes pour redresser la situation, il faut modifier le système social…

La France, c’est 12 fois le Danemark, donc autrement plus difficile !
Autre aspect, la mentalité française peu portée à accepter les contraintes, ce qui induit à la facilité, au déficit budgétaire (imposer dans la constitution l’interdiction d’un budget déficitaire ?).
L’intérêt est la mise en place d’un système qui éviterait de (re)tomber dans les travers des aides et subventions perpétuelles sans cesse renouvelées, toujours objets de discussions et conflits sociaux et idéologiques.

Appliquer instantanément le système (rappel suppression charge sur le travail, transfert sur la consommation) sur l’intégralité du travail induirait un choc fiscal au niveau de la TVA (25%, voire 30% sur tous les produits et services sans exception), en particulier sur les produits de consommation courante, et par conséquent un rejet.
Une solution serait une application par étapes. Au moins deux grandes étapes, la première sur les professions assurant la production de valeurs, la seconde sur les professions de service non exportable, le commercial, l’administratif, etc.
La première étape, l’application sur les entreprises, voire uniquement sur les professions assurant la production de valeurs (industrie, agriculture, etc.). Nous savons que notre balance commerciale est déficitaire chaque année depuis 2003, un virage résultat de l’abandon de l’industrie au profit des services (le seul secteur services de la balance commerciale est excédentaire mais ne suffit pas à redresser les comptes).
Cette étape est très lourde, une application par secteur serait moins traumatisante, en commençant par de petits secteurs qui généralement ont vu le départs de nombreuses entreprises sous l’effet de la concurrence et des charges trop fortes en France. Le but rétablir progressivement la confiance entrepreneuriale et donner envie à poursuivre les transformations.

Au cours de cette même étape, les taux de TVA des produits de consommation courante doivent être relevés progressivement au fur et à mesure de l’extension de la réforme.
Note : je postule en tout premier un début sur l’agriculture et la pêche, secteurs très touchés, et sur des industries rares, ce qui induit une faible progression du taux de TVA réduit.
Rien que pour assurer cette première étape, 5/10 ans nécessaires ?
La deuxième étape serait d’appliquer la transformation aux métiers autres que directement productifs de valeurs, en résumé le non industriel et non agricole. Là encore 5/10 ans…
En conclusion, il faut vraiment une volonté nationale. Les premiers résultats sur un nombre de secteurs limité seront prépondérant pour la poursuite de la transformation.

 

3/ Quelles évolutions sociales et sociétales ?

Premier aspect, tous les secteurs professionnels (ouvrier, agricoles, administratifs, commerciaux, artisanaux, tous les emplois jusqu’aux professions libérales) seraient couverts pas un système unique de base. Des secteurs où les retraites sont anormalement basses comme souvent dans les secteurs agricoles, artisanaux seraient couverts pour partie assurant un minimum que les concernés n’ont pas forcément.

Deuxième aspect, les salariés (recevant leur salaire brut, voire majoré – existent autres solutions), les commerçants, etc. seraient responsables de leurs retraites et couvertures complémentaires…
Note : l’évolution de l’organisation sociale nécessite une refonte complète du système, y aller par étape semble souhaitable.

Conclusions :

Le système est celui de la responsabilisation sans pour cela tomber dans le libéralisme absolu.
De même les associations, les syndicats, etc. doivent se financer sans avoir de subventions d’État ou des collectivités. Cela peut ne pas être absolu, tout en gardant la possibilité que leurs adhérents soient partiellement défiscalisés sur leurs cotisations ou dons (une limite, l’État ne doit pas participer plus que le particulier ==>50% max).
A répéter, le système ne peut supporter de dérogations une fois défini, tant sur des taux de TVA différenciés, que la multiplication de niches, au risque de retomber dans tous les travers que nous connaissons…

Jean-Paul Saint-Marc

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