Quel grand moment de comédie pathétique ! Mercredi soir, plus de cent auteurs – Despentes, BHL, Beigbeder, Chalandon et toute la clique habituelle – ont sorti leur plus belle lettre ouverte de victimes offensées. Leur drame ? Vincent Bolloré a osé virer Olivier Nora, le patron historique de Grasset.
Atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale ! hurlent-ils.
Nous refusons d’être pris en otages dans une guerre idéologique !
Nos livres n’appartiennent pas à des imbéciles !
On se croirait dans une manif étudiante de 1968, version Saint-Germain-des-Prés avec cachemire et droits d’auteur.
Ces gens qui se prennent pour la fine fleur de la littérature française viennent de prouver, en direct, qu’ils sont surtout les derniers défenseurs acharnés d’un monopole idéologique gauchiste grotesque.
Le vrai scandale, selon eux ? Un actionnaire légitime exerce son droit de propriété sur la maison qu’il a rachetée. Bolloré, cet homme libre, breton jusqu’à la moelle, catholique, capitaliste et surtout allergique au prêt-à-penser progressiste, ose mettre son nez dans l’édition. Pire : il permet à des voix dissidentes, comme Boualem Sansal, de respirer un peu dans ce milieu asphyxié par le conformisme woke et antiraciste sélectif.
Alors c’est la panique. L’apocalypse. Le fascisme !
Pour ces beaux esprits, « indépendance éditoriale » signifie une seule chose : le droit sacré de rester entre soi, dans la bulle tiède où l’on se gargarise de diversité tout en excluant systématiquement quiconque pense mal. Où l’on publie des manifestes contre « l’extrême droite » tout en tremblant à l’idée qu’un patron ose ne pas voter comme Libération. Où la vraie culture humaniste – celle qui valorise le courage, la complexité, la liberté de pensée sans filtre moralisateur – est vue comme une menace existentielle.
Leur départ massif n’est pas un acte de résistance. C’est un aveu pitoyable de sectarisme. (Je les comprends je suis devenue pareille… dans l’autre sens, je préfère quitter un groupe plutôt que d’y côtoyer/supporter des LFI, des gauchos primaires, des islamolâtres, des wokistes impénitents… C’est ainsi, les excès des uns obligent les autres à faire attention, il n’est plus possible de mélanger les torchons et les serviettes. En l’occurrence, les torchons c’est eux. Qu’ils dégagent ! )
Ils préfèrent saborder leur propre maison d’édition historique plutôt que de tolérer qu’un milliardaire « pas du bon côté » y introduise un minimum de pluralisme réel. Priorité au catéchisme gauchiste absurde. Priorité à la haine viscérale de Bolloré. Priorité au militantisme sur la culture.
Qu’ils partent. Qu’ils aillent se réfugier chez Gallimard, au Seuil ou ailleurs, là où l’on leur garantira la pureté idéologique, l’entre-soi confortable et l’absence totale de risque de contamination par des idées impures.
Grasset sans eux ? Tant mieux. Un peu d’air frais dans un milieu qui pue le conformisme depuis trop longtemps. Un endroit où, enfin, on pourra peut-être publier sans devoir passer par le tribunal de la vertu progressiste. Un rare coin en France où l’objectivité, le débat réel et la culture humaniste non formatée auront droit de cité.
Ces auteurs n’ont pas défendu la littérature. Ils ont défendu leur pré carré, leur rente morale, leur petit pouvoir de censeurs autoproclamés.
Et pendant qu’ils pleurent leur indépendance perdue en sirotant leur café dans un bistro parisien à la mode (attention ne pas se mélanger à la plèbe qui boit son Ricard), les lecteurs fatigués du formatage permanent se marrent doucement.
Bon vent, chers virtuoses de la vertu offensée.
Votre départ est la meilleure chose qui pouvait arriver à Grasset.
La propriété privée, quand elle n’est plus entre les mains des bons, ça fait mal, hein ?
Et ça fait surtout un bien fou à la liberté.
Christine Tasin
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Bonjour Christine, il est dommage qu’il n’y a pas le même mouvement dans l’agriculture ! Les parasites en desertant les champs, cela rendrait les pesticides inutiles et excellent pour notre santé ! Ce depart de toutes ces ruines poussiéreuses est une aubaine pour la santé mentale de tous les français. Bonne journée.
Au moins 115 auteurs a ne pas lire .
De toute façon plus personne ne lit de livres