Les bistros de Paris remplacés par des kebabs : nostalgie en peinture avec Takanori Oguiss

C’est un symbole de l’art de vivre à la française qui semble s’essouffler. Alors que Paris et sa petite couronne disposaient de plus de 1 900 cafés en 2002, Le Parisien a fait savoir le 29 janvier qu’ils sont aujourd’hui 1 400. Une chute spectaculaire de 40% notée par une étude de la Chambre de commerce.

Ce déclin global du nombre de cafés à Paris, la rédactrice de l’étude l’explique par un facteur majeur : « la très forte montée de la concurrence avec la restauration rapide ». Ainsi, les chaînes de fast-food et les kebabs se sont multipliés et se sont implantés dans des secteurs stratégiques, laissant moins le champ libre aux bars.

Takanori Oguiss ( 30 novembre 1901 – 14 octobre 1986) est un peintre japonais figuratif qui a essentiellement travaillé en France.

On lui doit de nombreuses vues de Paris, rues, places et boutiques.

Que reste-t-il de tout cela ? 

Takanori Oguiss (1962)

Né à Inazawa, Japon, Takanori Oguiss, fils d’un propriétaire terrien de la région de Nagoya, après avoir étudié aux Beaux-Arts de Tokyo, arrive à Paris, à la façon de tout un groupe de peintres japonais, tel ses amis Foujita et Inokuma, ou Sadami Yokote, en 1927.

Takanori Oguiss s’établit dans le quartier de Montparnasse, fréquente les peintres de la Ruche, et est notamment impressionné par les tableaux de Maurice Utrillo. Dans les années 1930, il occupe un atelier au pied de la Butte Montmartre, rue Ordener, non loin de ses amis Inokuma et Fujita.

Takanori Oguiss s’établit en 1948 définitivement en France, peignant dans des couleurs vives les vieux quartiers pittoresques, les boutiques anciennes, merceries ou papeteries, marchands de vins et liqueurs, bois et charbons, et les marchés aux fleurs. Il écrit et illustre en 1951 des Nouvelles de Paris, éditées chez Maïnichi.

Takanori Oguiss Café Chez Lucien

 

 

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10 Commentaires

  1. Au centre de mon bourg en côtes d armor, un kebab et une pizzeria, même pas une crêperie… Deux bars qui permettent au collabos du village de picoler, ils ont voté à 80 % pour macron et portent le masque. Les côtes d armor le département avec le plus haut taux de suicide d Europe…

  2. La chute est encore plus spectaculaire, mon village de 700 âmes comptait 7 bistrots il y’a 50 ans, il en reste un seul qui n’ouvre que trois heures par jour quatre jours par semaine.
    Et c’est « tenu » par des « cousines » d’Assa.
    Le twavail à mi-temps c’est déjà twès fatiguant là dis-donc.

  3. Taubira propose de donner 20 000€ à des jeunes qui portent un projet.
    On va avoir encore plus de kebabs !!
    Quelle tristesse

    • @ Mauricette , ou des barber chop ! ou encore des bars a chichas ! Pauvres de nous !!

  4. Ami Jules Ferry, en un mot, j’adore! Merci pour cette superbe expo! Quand je vois ça, j’ai envie de pleurer. C’était le bon temps, la France, la vraie! Splendide! Je me rappelle l’odeur et le goût des expressos, inimitables, la fraîcheur de la bière à la pression les jours d’été, les consommateurs qui venaient refaire le monde en sirotant leurs ballons de rouge, le bruit des verres, des chaises, les affichettes des marques de digestifs ou d’apéritifs, les œufs durs sur le zinc, les baby-foot ou les billards, quelquefois un juke-box. Tout ces bruits familiers, évanouis, je les entends parfois le soir, quand la nostalgie est trop forte, quand mon coeur est prêt d’éclater. Merci, mon ami!

    • Il y avait aussi des réclames pour les véhicules à moteur
      De Dion – bouton …

    • @Argo

      Bonjour Argo,

      Idem.

      C’était aussi le point de rendez-vous avec les copains et les copines avant de sortir le samedi soir, quand on n’avait pas besoin de portables ou de réseaux dits sociaux pour communiquer. On y rencontrait toutes les générations et de sacrés personnages. Chaque bar avait son vivier de jeunes qui, les années passant, devenaient les vieux habitués qui accueillaient les petits nouveaux. Il y avait des échanges sur tout et sur rien; les informations sérieuses aussi bien que les cancans y avaient leur place. On riait, on parlait fort, parfois on s’engueulait. Bref, c’était un des piliers de l’art de vivre à la française, tel le festin qui clôture chaque album d’Astérix et Obélix.

    • @ Argo
      … et l’odeur des cigarettes brunes, Gitane, Gitane maïs, une gitane dansante en volutes de fumée, Gauloise au casque ailé, les P4… négligemment posés sur les tables… pas très sain pour la santé, certes, mais j’avais juste envie d’apporter un brin de nostalgie dans votre description. Moi aussi, j’avais connu cette France-là.

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