Belgique : un physicien nucléaire espionné par des djihadistes présumés

Belgique : un physicien nucléaire espionné par des djihadistes présumés

 Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)

Les services belges de l’antiterrorisme sont en possession d’un étrange document depuis le 30 novembre 2015 et l’une des perquisitions menées dans la foulée des attentats de Paris : une vidéo longue d’une dizaine heures montrant la maison d’un haut responsable du Centre d’études nucléaires (CEN) de Mol, en Flandre. Ce physicien serait le directeur du programme de recherche et de développement nucléaire belge.

D’autres images, filmées par une caméra de surveillance, ont indiqué aux policiers que deux hommes – qui n’ont pu être identifiés – étaient venus, à une date indéterminée, récupérer leur caméra, placée discrètement sous un buisson.
A quoi devait servir ce film, retrouvé chez l’épouse de Mohamed Bakkali, 26 ans, arrêté à Bruxelles après les attentats, et soupçonné d’être l’un des logisticiens de la cellule de Molenbeek ? Il n’y a pas, à ce stade, d’explication officielle. Le parquet fédéral a confirmé, jeudi 18 février, les informations du quotidien La Dernière Heure, en affirmant toutefois qu’il ne disposait d’aucun élément quant au risque concret d’un attentat contre une installation nucléaire, évoqué par le journal.

Le scénario d’un kidnapping

Diverses substances radioactives sont entreposées à Mol, confirme l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, sans donner plus de détails. Le CEN, l’un des leaders mondiaux dans la production d’isotopes à usage médical, possède, en tout cas, de faibles quantités d’uranium qui pourraient servir à fabriquer une « bombe sale ». Selon des experts, l’organisation Etat islamique dispose des connaissances nécessaires pour concevoir un engin de ce type.
Certaines sources évoquent dès lors l’idée d’un kidnapping, doublé d’une prise en otage de la famille du directeur de recherche. Celui-ci aurait dès lors été forcé de pénétrer dans l’enceinte du CEN pour ydérober du matériel. Un plan qui aurait toutefois été compliqué à mettre en œuvre : le responsable visé ne disposait d’aucune protection particulière mais l’uranium stocké à Mol est placé dans un endroit ultra sécurisé qui ne peut être ouvert que par deux responsables au moins.

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Bakkali en lien avec Abdeslam

Le lien entre cette affaire et les attentats de Paris semble, lui, établi. La trace de Mohamed Bakkali a été retrouvée dans plusieurs caches où se réunissaient des membres du groupe, dont Salah Abdeslam, toujours en fuite, le seul survivant identifié du commando des tueries. L’avocat de Mohamed Bakkali refuse tout commentaire depuis l’arrestation de son client.
Le ministère de l’intérieur estime, quant à lui, qu’il n’y a pas de raison de renforcer la surveillance, déjà stricte, mise en place à Mol et aux abords des centrales nucléaires, à Doel, en Flandre, et Tihange, en Wallonie. L’opposition écologiste critique ce qu’elle qualifie d’« inaction » alors, rappelle-t-elle, qu’un incident s’est déjà produit à Doel, en août 2014. Une fuite dans la salle des machines avait endommagé la turbine de l’un des réacteurs, mis hors d’usage durant plusieurs mois. L’enquête a conclu à un sabotage mais n’a pas encore permis d’identifier son, ou ses auteurs.
A la fin janvier, un ingénieur en formation avait été écarté par Electrabel, l’exploitant du parc nucléaire : cet homme, qui présentait des signes de radicalisation, était le beau-frère d’un militant du groupe Sharia4Belgium, condamné à une lourde peine. Un autre salarié a disparu du jour au lendemain et a probablement rejoint la Syrie.
L’affaire de la vidéo ajoute au trouble alors que la police recherche toujours plusieurs personnes qui pourraient être impliquées dans la préparation des attentats de Paris. Ces enquêtes mettent au jour une série de dossiers connexes : mardi, trois personnes ont été arrêtées à Bruxelles et mises en examen pour participation à une organisation terroriste. Elles tentaient notamment de recruter des jeunes pour lesenvoyer en Syrie.

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2016/02/18/en-belgique-un-haut-responsable-du-nucleaire-espionne-par-des-djihadistes-presumes_4867507_4809495.html

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2 Commentaires

  1. Il n’y a pas que ce genre de risque pour effrayer les populations. Si les réservoirs d’eau des grandes villes étaient contaminés avec des germes mortels le même jour, on ne s’en apercevrait pas tout de suite si la maladie est longue à se déclarer. Les dégâts pourraient être extrêmement importants.

  2. La plus grosse menace que représente pour nous DAECH, sont les attaques à la bombe et les voitures piégées, mais surtout le risque de destruction de centrale nucléaires en Europe, au conséquences colossales pour des millions d’innocents !
    Le scénario des djihadistes venant tenter de nous assassiner avec les moyens artisanaux tels que des armes blanches ou des kalash, ne doit pas nous déstabiliser outre mesure , car nous pouvons moyennant intelligence et détermination y faire face, et seuls vraiment les moutons bélands , assistés et pacifistes sont condamnés par ce genre de méthode, alors que d’autres individus plus avisés , totalement en éveil , et sachant s’adapter , auront de bonnes chances de survie !
    En revanche avec le risque nucléaire que je viens d’évoquer , nous changeons totalement d’échelle de conséquences effroyables ,et je péte de trouille en devinant que nos dirigeants incompétents , n’ont pas pris la mesure du probléme , et non pas engager des mesures destinées à lutter contre une attaque à la bombe contre une centrale , ou pire la chute programmée d’un ;;;;;;avions de ligne .

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