
Je n’ai pas connu le temps où, depuis un bureau, l’État décidait de ce que les Français avaient le droit de regarder et d’entendre. Je croyais ce temps derrière nous. Je me trompais. La toute dernière mise en demeure de CNews, rendue il y a quelques jours par l’Arcom, vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tout le paysage audiovisuel français risque de s’engouffrer. Et je pèse chaque mot. Je n’invite personne à me croire sur parole. J’invite chacun à lire la décision. Car on y trouve des passages qui devraient tous nous inquiéter, quelle que soit la chaîne que l’on aime regarder.
Pour le titre voir la note 1
Oui, nos libertés se meurent à petit feu.
La France, patrie autoproclamée des droits de l’homme, est en train de devenir le pays qui ferme ses chaînes de télévision. Après C8, sacrifiée sur l’autel de la bienséance médiatique en 2025, voici maintenant CNews dans le viseur de l’Arcom. La dernière mise en demeure de ce régulateur soi-disant indépendant sonne comme un avertissement funeste : critiquez trop souvent l’exécutif, osez un « cadre d’interprétation » qui déplaît, et vous risquez la corde.
Maxime Saada, patron de Canal+, le dit sans détour dans sa tribune au Figaro : l’Arcom ne se contente plus de compter les temps de parole. Elle juge désormais la tonalité, l’éditorial, le séquençage des émissions… Elle reproche à CNews de répéter les mêmes commentaires sur l’action du gouvernement et d’ouvrir ses débats par des éditoriaux qui fixent une ligne. Traduction : taisez-vous, ou équilibrez avec ce que nous voulons entendre. Sinon, amendes, puis fermeture. C’est la trajectoire évidente, comme pour C8.
Vers un régime totalitaire soft ?
On nous vend cela comme une défense du « pluralism ». Belle hypocrisie ! Le pluralisme, c’est laisser les Français choisir librement leurs sources d’information, pas imposer un équilibre artificiel décidé par une autorité administrative. Quand un régulateur devient juge de ce qui est trop à droite, insuffisamment ferme ou déséquilibré , ce n’est plus de la régulation : c’est de la police de la pensée.
La France s’indigne quand des régimes autoritaires musèlent la presse à l’étranger. Mais chez nous ? On retire des fréquences TNT à des chaînes plébiscitées par des millions de citoyens. On criminalise la critique récurrente du pouvoir. On dicte aux rédactions comment structurer leurs émissions. Demain, quels autres médias oseront encore sortir du rang ? Quels journalistes, quels intellectuels, quels citoyens ?
C’est le totalitarisme à la sauce technocratique : pas de chars dans les rues, pas/peu de dissidents en prison (pour l’instant), mais une érosion silencieuse des libertés fondamentales. Liberté d’expression ? Conditionnée. Pluralisme ? Toléré tant qu’il reste minoritaire et policé. Débat public ? Encadré par l’Arcom, le CSA nouvelle version, bras armé d’un pouvoir qui ne supporte plus la contradiction.
Réveillez-vous. Ce n’est pas seulement CNews qui est visée. C’est votre droit de penser autrement, de regarder autre chose que la doxa officielle, de refuser la pensée unique. La France qui ferme ses chaînes n’est plus tout à fait une démocratie libérale. Elle glisse vers un régime où l’État décide ce que vous avez le droit d’entendre.
Il est temps de tirer la sonnette d’alarme, fort. Avant que le silence ne devienne la norme.
Christine Tasin
(1)
Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d’hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière
Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est advenu
Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Rutebeuf (1230-1285)
Adaptation en Français moderne
de la Griesche d’Hiver.
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C’est de la dictature macroniène. Il l’avait bien dit le petit merdeux qu’il voulait emmerder les français.
Pas le droit de critiquer Macron ? On peut, mais pas trop. Pas le droit d’être pro russe. Pas le droit à la moindre réserve sur le réchauffement climatique… Il est vrai que Cnews n’épargne pas le président de la République. Tous les présidents français ont été fortement critiqués dans la presse. Macron veut fermer Cnews. C’est clair. Comme un vulgaire Erdogan qui met en prison les journalistes. On ne va pas jusqu’à pendre les opposants comme den Iran. Mais vouloir museler une chaîne libre (de droite?) ne vaut pas mieux. Macron n’aime pas la contradiction, on le sait depuis longtemps. C’est l’Arcom qu’il faut fermer. Ce « machin » aux ordres de qui? devinez?