« Nous n’étions plus que deux depuis six mois » : les moines vont quitter l’abbaye du Mont Saint-Michel, après leur arrivée il y a 25 ans
Les frères des Fraternités monastiques de Jérusalem s’apprêtent à tourner une page importante de l’histoire récente du Mont-Saint-Michel, un quart de siècle après leur installation dans l’abbaye en 2001.
A chacun sa Madeleine de Proust, à chacun ses souvenirs d’enfance qui l’ont marqué, à chacun son éthique et son sens du bien, du beau…
Du plus loin qu’il me souvienne, le Mont-Saint-Michel m’a fascinée.
Et cela bien des années avant que je ne lise le très remarquable livre de Sylvain Gouguenheim Aristote au Mont-saint-Michel les racines grecques de l’Europe chrétienne auquel il a dû moult avanies, procès, diffamations, difficultés professionnelles… j’en passe et des meilleures, et avant que je ne l’interviewe pour Riposte laïque en 2008. Il avait eu le culot de montrer le rôle essentiel des moines du Mont-Saint-Michel et de parler des racines grecques de l’Europe chrétienne, ce qui, pour des fêlés du ciboulot, revenait à cracher sur les érudits arabe-musulmans qui avaient pu eux aussi transmettre des textes…
https://ripostelaique.com/Interview-de-Sylvain-Gouguenheim/
En 2008, j’avais interviewé Sylvain Goughenheim pour son « Aristote au Mont-Saint-Michel
Comment ne pas être fasciné quand, à 8 ou 10 ans, vous découvrez cela ?
Fasciné et marqué à vie ? C’est sans doute cet éblouissement qui m’a amenée, un peu plus tard, à me passionner pour le latin, le grec, le Parthénon, Saint-Pierre de Rome, le forum romain, l’extraordinaire David de Michel Ange à Florence, sans parler des merveilles étrusques de Tarquinia !

Mais je m’égare et oublie mon propos, j’espère que vous m’excuserez.
L’art, l’histoire des hommes, c’est ce qui me fait vibrer, qui fait que je me sens vivante, qui ne donne envie de vivre, de profiter de cette beauté, de ce bonheur et de me battre pour qu’ils demeurent pour nos descendants.
Certes mais quel rapport avec les moines du Mont-Saint-Michel, me direz-vous !
Tout, votre honneur !
Ce qui attire les touristes au Mont-Saint-Michel c’est l’alliance, assez rare, de l’homme et des éléments.
Un Mont, un énorme rocher en pleine mer, accessible à marée basse... cela attire depuis toujours. Le moindre rocher découvert aux grandes marées, en Bretagne c’est un bonheur, le sentiment d’arriver sur une île déserte, d’être un explorateur.
Mais quand, en plus, au sommet de ce rocher une abbaye splendide rayonne, on ne voit qu’elle de loin… on ne peut qu’être ébloui, abasourdi, ému par le courage et l’intelligence de ces moines qui, ont consacré loin des bruits du monde leurs jours et leurs nuits à lire, recopier et traduire d’anciens manuscrits qui, sans eux, auraient été perdus…
Du Mont Tombe au Mont-Saint-Michel…
Le rocher granitique du Mont Saint-Michel s’appelait à l’origine Mont Tombe. En l’an 708, l’archange Michel apparaît en songe à saint Aubert, évêque d’Avranches, et lui demande de construire un sanctuaire en son nom. En 966, une communauté de Bénédictins s’établit et fait construire une première église. À la même époque, un bourg commence à se développer en contrebas pour accueillir les premiers pèlerins.
Les pèlerins étant de plus en plus nombreux, l’église d’origine devient trop petite pour les accueillir. Les bâtisseurs du XIe siècle accomplissent alors une véritable prouesse architecturale : ils édifient quatre cryptes tout autour de la pointe du rocher, puis bâtissent sur ces dernières une grande église abbatiale. Au XIIIe siècle, une donation du roi de France Philippe Auguste à la suite de la conquête de la Normandie permet d’entreprendre l’ensemble gothique de la Merveille. Celui-ci est formé par deux bâtiments de trois étages, couronnés par le cloître et le réfectoire des moines. Source
Chapeau bas. De quoi tomber à genoux devant ces hommes qui, au cours des siècles, sans relâche, ont ont construit cette merveille et physique et intellectuelle, pour le bien de l’humanité.
Alors, quand j’ai appris que les prêtres allaient quitter ce bastion de l’humanité en marche vers plus de grandeur, plus de connaissances, j’ai eu l’impression d’une grande perte, l’impression que quelque chose ne serait plus pareil au Mont-Saint-Michel, qu’il lui manquerait l’élan humain vers l’infini… C’est pourquoi je suis très triste ce soir.
Christine Tasin
P.S Je ne dis pas que nos jeunes doivent se tourner vers le noviciat, la prêtrise… Je regrette juste que l’église catholique,,par ses exigences, repousse nombre de nos jeunes qui auraient pu être prêtres.. Je suis athée et je considère que la vie est trop belle avec toutes ses formes y compris la sexualité, la reproduction pour approuver ceux qui font voeu de chasteté (pasteurs et juifs sont bien plus cohérents à mon sens qui ont droit au mariage) ; voeu de chasteté qui éloigne sans doute nombre de jeunes de la vocation et qui explique en partie qu’il n’y ait plus de volontaire pour vivre au Mont Saint Michel en se consacrant à Dieu, à la traduction et à la science, hélas. Cela s’apparente à une forme de suicide, et cela à l’heure où l’islam conquérant s’implante partout…
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Bonjour Christine,
Alors que je m’occupais du scoutisme et parlant avec un prêtre sur son parcours au séminaire, ilm’a confirmé que les prétandants à la prêtrise ne faisait que le voeux de célibat.
Amicalement.
Merci Jean-Charles
Merci Christine de nous rappeler Aristote… Le livre lumineux se Sylvain Gouguenheim sur la transmission du savoir de l:antiquité par les moines copistes et non par la prétendue version Islamique farfelue des Averroès et autres… « savants de l’islam » qui souvent finirent très mal.
Ce ne sont pas 5 moines et 7 moniales ?
https://www.ot-montsaintmichel.com/je-decouvre/visiter-le-mont-saint-michel/le-mont-saint-michel-autrement/le-mont-quete-spirituelle/les-fraternites-monastiques-de-jerusalem-et-horaires-de-messes/