Lors du sommet Africa Forward, la France a voulu incarner un « partenariat renouvelé » avec ce continent, dans une zone vers laquelle Macron se tourne de plus en plus, après avoir été chassé du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso).
LUDOVIC MARIN / AFP
o Par Ferghane Azihari, pour Le Figaro Magazine
Derrière les propos polémiques du chef de l’État sur l’usage de notre langue dans le monde, on discerne comme une joie secrète d’assister à l’abaissement de notre pays.
«L’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo et pas sur les quais de la Seine, parce que c’est là qu’il y a le plus de locuteurs » : c’est avec ce mot qu’Emmanuel Macron, souriant et applaudi, inaugura le nouveau campus de l’université Senghor, en Égypte. Une déclaration ambiguë, qui célèbre autant le rayonnement international de la langue de Molière que le relatif déclin démographique du peuple qui l’a forgée. Il fut un temps où Rivarol pouvait s’exclamer : « Quand on arrive chez un peuple, et qu’on y trouve la langue française, on peut se croire chez un peuple poli. » Un temps où l’Europe, forte de sa démographie, prétendait à l’hégémonie sans que nul ne le lui contestât. « L’Europe est la plus petite des quatre parties du monde, mais elle est parvenue à un si haut degré de puissance que l’histoire n’a presque rien à lui comparer là-dessus », observait Jaucourt au XVIIIe siècle. Une époque où le Vieux Continent pesait près d’un cinquième de la population mondiale, contre un dixième aujourd’hui, et encore moins demain si les tendances actuelles se poursuivent.
Jamais président de la République ne parut à ce point soulagé de l’affaiblissement de son propre pays
Or, il n’est de richesse ni de force que d’hommes. Se féliciter du dynamisme de la francophonie est une chose ; se réjouir de l’affaiblissement démographique de la France en est une autre, surtout quand ce déclin surgit dans un monde où les prédateurs ne désarment pas. Jamais président de la République ne parut à ce point soulagé de l’affaiblissement de son propre pays, comme si des siècles d’hégémonie avaient engendré une profonde lassitude d’être. Il n’est d’ailleurs pas certain que le déclin de l’Europe serve les intérêts de l’Afrique. L’érosion de la mortalité que l’on enregistre sur la rive sud de la Méditerranée – et qui explique en partie l’essor spectaculaire du nombre de francophones – n’est-elle pas surtout imputable à la diffusion de technologies étrangères ?
Dans ses Mémoires, Raymond Aron mettait ainsi en garde contre la tentation de valoriser le recul de l’Occident en vertu d’une mauvaise conception de l’humanisme : « La baisse de la population en Europe et aux États-Unis […] réduirait le nombre des producteurs efficaces, elle risquerait de stériliser les peuples riches qui sont aussi les innovateurs, les pionniers de la science et de la technique, l’élite qui pour le moment […] entraîne l’humanité entière et peut atténuer les souffrances des masses déshéritées. » Avec ou sans francophonie, il serait temps de se demander si l’on peut durablement rayonner à l’étranger quand on s’efface chez soi. Ferghane Azihari source
Juvénal de Lyon
Ce pitre nous fait honte tous les jours.
COMBIEN a coûté ce grand raout organisé pat la France et le Kenya? Sur quel budget ? Qui en a décidé ???