La France a besoin de ses Juifs : ne partez pas, s’il vous plaît !

L’article de Pierre Lurçat que nous avons publié ce jour , pose une question radicale : le président du CRIF serait-il aveugle d’encourager les juifs à rester en France ? En s’appuyant sur Jabotinsky et sur la distinction entre antisémitisme des hommes  et antisémitisme des choses  l’auteur conclut que l’exil est par nature hostile, que la lutte contre l’antisémitisme en France est un vain mot, et que le seul horizon raisonnable est l’alyah. Cette position a le mérite de la clarté. Elle a aussi, à mes yeux, le défaut de l’abandon, même si je suis terriblement angoissée par l’antisémitisme qui se développe, à cause de l’immigration massive et du cynisme de politiques soufflant la haine. 

Mais abandonner le terrain, c’est précisément ce que souhaitent ceux qui veulent une France sans Juifs : les islamos qui importent un antisémitisme théologique et politique, et une partie de la gauche radicale (LFI et ses alliés) qui a transformé l’antisionisme en antisémitisme de salon et de rue. Laisser le champ libre à ces forces n’est pas une stratégie de survie pour les Juifs ; c’est une défaite pour la France elle-même.

Une présence ancienne, une contribution durable.  Les Juifs ne sont pas des hôtes de passage en France. Ce sont des Français de longue date, bien plus anciens qu’un grand nombre de nouveaux Français qui réclament, eux, d’avoir les mêmes droits que les Français de souche. Français de souche dont font partie les Juifs !!! Leur présence documentée remonte au moins au XIe siècle (le Mahzor de Vitry n’est qu’un jalon parmi d’autres). Ils ont participé à la construction de la culture, de la science, de l’économie et de la République. Les chasser ou les pousser à partir, c’est amputer le pays d’une partie de sa substance. Les institutions juives qui insistent sur cette continuité rappellent simplement un fait historique et politique : la France n’est pas un hôtel, et ses citoyens juifs n’ont pas à faire leurs valises chaque fois que la haine monte.

Le vrai front : mondialisation sauvage et immigration islamiste
Aujourd’hui, les menaces les plus concrètes ne viennent pas d’un antisémitisme des choses métaphysique, mais de phénomènes bien identifiables :
– une immigration massive, en partie non assimilée, qui importe des normes incompatibles avec la laïcité, l’égalité hommes-femmes et la liberté de conscience ;
– un islamisme politique qui fait de la haine des Juifs un marqueur identitaire ;
– une mondialisation débridée qui dissout les solidarités nationales au profit de flux incontrôlés de populations et de capitaux.

Sur ces sujets, les Juifs de France ont souvent été en première ligne – non par essence, mais par expérience historique et par lucidité. Ils savent ce que signifie vivre sous une pression communautaire hostile. Ils savent aussi que la République, quand elle cesse d’être une protection réelle, devient un slogan creux. Leur présence dans le débat public, dans les médias, dans l’université, dans l’économie et dans la vie associative est un atout pour tous ceux qui refusent la soumission progressive à des normes étrangères.

 Ne pas céder le terrain à LFI et à ses relais
L’antisémitisme d’une partie de la gauche n’est plus un secret. Les slogans, les manifestations, les propos tenus dans les rangs de LFI et de ses satellites le prouvent. Si les Juifs quittent la France ou se replient dans un silence prudent, qui restera pour nommer les choses, pour documenter les agressions, pour rappeler que l’antisionisme radical dégénère régulièrement en antisémitisme ? Laisser ce terrain aux seuls résistants républicains  ou aux seuls sionistes d’outre-Méditerranée, c’est accepter que le débat français soit monopolisé par des forces qui, sur le fond, n’ont aucune intention de défendre la République telle qu’elle a été conçue.

Rester n’est pas naïveté
Personne ne nie la montée des agressions antisémites, ni le sentiment d’insécurité dans certains quartiers, ni l’échec relatif des politiques d’intégration. Rester ne signifie pas faire semblant que tout va bien. Cela signifie refuser le fatalisme. Cela signifie continuer à combattre – y compris physiquement si nécessaire, comme Jabotinsky le préconisait face aux pogroms – tout en affirmant que la France n’est pas condamnée à devenir un territoire hostile aux Juifs. L’alyah est un droit et un choix légitime pour ceux qui le souhaitent. Elle n’est pas une obligation morale pour tous, et encore moins une stratégie de purification  du débat français.

La France a besoin de ses Juifs non par sentimentalité, mais par intérêt. Elle a besoin de citoyens qui refusent la dhimmitude, qui connaissent le prix de la liberté, et qui ne confondent pas la critique d’Israël avec la haine des Juifs. Elle a besoin de voix qui disent clairement que l’immigration musulmane massive et le communautarisme qui l’accompagne sont des menaces pour tous – Juifs, chrétiens, athées, et les rares musulmans  de naissance devenus laïques. Il y en a, comme mon ami Pascal Hilout, contributeur de Riposte laïque.

Encourager les Juifs à rester n’est pas de l’aveuglement. C’est un choix politique : celui de ne pas céder le pays à ceux qui veulent le vider de ses défenseurs les plus lucides. La République n’a pas besoin d’un CRIF qui se contente de communiqués. Elle a besoin de Juifs français qui restent, qui agissent, et qui refusent de transformer leur départ en victoire pour leurs ennemis.

La France a besoin de ses Juifs. Et les Juifs de France ont encore le droit de considérer que ce pays est le leur.

Christine Tasin

Note Bene je rappelle que l’on utilise Juifs pour parler des membres du peuple juif. Et que l’on parle des juifs pour parler des pratiquants la religion, comme on dit chrétiens, protestants etc.  sans majuscule. Il y a énormément de Juifs athées, il est bien de le savoir et de le marquer par la majuscule. Pierre Lurçat, dans l’appel que nous relayons, parle des juifs. Doit-on en conclure qu’il ne s’adresse qu’aux pratiquants religieux ? Je ne sais pas.

 

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11 Commentaires

  1. Je ne comprends pas l’antisémitisme des choses ??
    KEZAKO ?
    Je pense qu’une communauté juive a existé en France bien avant le XII -ème siècle, il faudrait en retrouver des textes.

  2. Ne pourrait-on pas faire une liste journalière de tous les brevets et inventions apportées par nos amis Juifs français pour la France et le monde civilisé ? Pour les inventions musulmanes une seule et unique ligne suffira.

  3. Si vous partagez l’opinion exprimée par Christine dans cet article, faites-le savoir concrètement à la plus proche synagogue de chez vous :
    IMPRIMER l’article et l’ENVOYER par La Poste à l’adresse postale que vous trouverez en indiquant votre ville ou département sur
    https://www.pagesjaunes.fr/annuaire/chercherlespros?quoiqui=synagogue
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    Mettre les deux feuilles dans une enveloppe, écrire l’adresse, timbrer et poster.

  4. Pendant la dernière guerre, mon grand père a sauvé un couple juif poursuivi par des allemands. Il a juste eu le temps de leur faire traverser la Garonne en bateaux, je suis très fier de se qu’il a fait.

  5. Je ne suis pas Juif de sang mais de coeur. J’ai meme envisagé un temps m’exiler en Israel mais c’est économiquement impossible pour moi, petit retraité après une vie de labeur. Je défendrai les Juifs et Israel jusqu’au sang s’il le faut.

  6. De toutes façons une alyah n’est pas simple et sans certificat de judéité délivré par le Consistoire, ca n’est pas possible.
    Donc, Juif ou pas, se pose la question de l’émigration. Mais pour où?

    • Mes grands parents ont cachés et sauvés 26 enfants Juifs et deux adultes durant la Shoah. Ils ont été déclarés Justes par l’Etat d’Israel. De ce fait, si je désirais aller vivre en Israel, ils m’ont fait savoir que je serai le bienvenu.

  7. Si nous devions connaître les douloureux événements des années sombres, eh bien je protégerais mes amis juifs, j’en cacherais chez moi s’il le fallait. J’en ai plus qu’assez des clichés, des stéréotypes à leur propos. Ils ont fait bien plus pour notre pays que ceux qui les persécutent. Ceux qui les persécutent, nous savons très bien qui ils sont, des destructeurs de notre pays dont la présence sur notre sol est plus que sujette à caution. Et ceux qui les soutiennent, honte à eux, la Shoah est là pour leur montrer leur ignominie, mais ont-ils seulement une conscience ? Le doute est permis. La conscience est ce qui sépare l’humain du monstre. Ce ne sont pas des êtres humains.