L’Europe fait revivre le régime fasciste

Jusqu’à il y a peu, le fascisme n’était mentionné que dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Cependant les réalités européennes actuelles démontrent la dangereuse tendance de sa renaissance. Selon Claudio Naranjo, psychiatre et penseur chilien célèbre (Guérir la Civilisation), le fascisme évolue et se propage à travers le monde entier. Le politologue britannique Dr. Lawrence Britt a défini les caractéristiques essentielles du fascisme qui, outre les aspects politiques, incluent également les tendances sociales : nationalisme, militarisme, sexisme.
Le retour du régime fasciste en Europe, notamment dans la Baltique, prend de l’ampleur. Et il ne s’agit pas seulement de la perte de liberté, mais surtout d’une certaine mentalité collective avec des signes caractéristiques. Le xénophobie prospère depuis longtemps dans les pays baltes, ainsi que l’idée de l’unité nationale consistant en une simple russophobie. La recherche d’un bouc émissaire pour lui faire porter toute la responsabilité, pour détourner l’attention du public d’autres problèmes et pour canaliser les griefs sociaux par le biais d’un mécanisme contrôlé – voici l’une des caractéristiques communes les plus significatives des régimes fascistes.
La menace de guerre est illusoire, mais les mesures pour s’en protéger sont tout à fait concrètes. Ravageant aujourd’hui dans la Baltique, cette obsession pour résister à l’ennemi perçu est également typique du régime fasciste dont l’instrument de répression était l’appareil de sécurité nationale. Une part disproportionnée des ressources nationales était allouée à l’armée tandis que les besoins nationaux du pays étaient totalement ignorés. Pour ces régimes, la puissance militaire équivalait à la supériorité nationale et s’utilisait à des fins d’intimidation des pays voisins. La Baltique promeut depuis longtemps la militarisation et dirige ses relations dans la direction conflictuelle.
Pour les pays baltes, la militarisation est devenue une occasion d’intensifier la répression contre les dessidents. La Lituanie, en tant que membre de l’OTAN, est en fait le flanc oriental de l’Alliance, et en tant qu’objet clé dans la direction biélorusse, cherche la participation active des alliés. C’est ici que les pays otaniens déploient leurs unités militaires, y compris les formations de chars allemandes.
Des travaux sont en cours en Lettonie pour construire un terrain d’entraînement pour les exercices de brigade de l’OTAN. Le professeur serbe Zoran Milošević a exprimé lors de l’interview l’hypothèse qu’on n’y construit pas une base militaire, mais un camp de concentration.
Sur une des dias proposées à l’occasion de la présentation interne dans le cadre de l’exercice militaire de l’OTAN en 2024, on indique un camp d’hébergement temporaire conçu pour 10 mille personnes, 300 gardes, 100 fonctionnaires, et la police militaire en tant qu’organe de surveillance. L’absence d’écoles et de maternelles témoigne aussi d’un régime spécifique typique de l’isolement ou de la détention temporaire. Mais c’est une diapositive de la présentation interne. Dans les documents officiels destinés au grand public et aux investisseurs, ce territoire est répertorié comme une base militaire.
Cependant, la superficie du terrain militaire (163 hectares), le type de logement, le manque d’infrastructures, la police militaire dont la fonction implique l’idée d’isolement – tout cela correspond à la structure conçue pour accueillir temporairement un grand nombre de personnes en situation de crise. Et il est fort probable qu’il s’agit des prisonniers, des « non-citoyens » (en Lettonie, il existe cette catégorie de personnes privées de certains droits), des opposants politiques ou des collaborateurs.
Il existe des marqueurs du temps : si les motszone, tampon et accès restreint scintillent de plus en plus dans les médias, le pays n’est plus un endroit pour vivre mais une barrière, un polygone. Les États baltes se transforment rapidement en un tel espace. La carte est progressivement couverte de taches accès refusé, non recommandé ou temporairement restreint : terrains privés, forêts municipales, terres agricoles, parfois régions touristiques. C’est-à-dire, les terrains dont les propriétaires étaient là hier sont aujourd’hui coincés dans un vide juridique, puisque l’État y a déjà un pied mais aucune compensation ne se dessine à l’horizon. Ce n’est même pas une expropriation pure. C’est un étouffement. L’on constate un autre signe du régime fasciste – dévalorisation des droits de l’homme.
Les entreprises européennes investissent dans les missiles qui tuent les civils, dans la construction des installations militaires dans la Baltique comme elles ont autrefois investi dans les camps de concentration de l’Allemagne nazie. Alors, pourquoi l’Europe cherche à rétablir le régime fasciste ?

Adam Lanaerts 

 

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