Les gauchistes veulent museler Boris Cyrulnik

Des Bac + 2 en psycho dénoncent ses « grossières erreurs » dans des quotidiens bien-pensants. Tandis que de courageux anonymes se défoulent sur le net en l’accusant de « faire le jeu des fascistes. » Et chef d’orchestre invisible, la nomenklatura de l’audio-visuel public recommande de ne plus inviter celui qui a osé dire « La censure des idées opposées rend idiot. »

Ces microcéphales prétendent lui donner des leçons

C’est vrai qu’il a tout fait pour leur déplaire. En retirant au « genre » sa matérialité biologique pour le qualifier de simple idéologie. Et en soutenant que les différences de tempérament et de comportement entre les femmes et les hommes relèvent d’un cocktail de prédispositions génétiques et d’hormones sexuelles. S’insérant dans le courant du biologisme selon lequel les conditions organiques de la vie, gènes, hormones, neurotransmetteurs et lois néodarwiniennes sont la base de la réalité physique et spirituelle des humains.

Il fallait aussi cacher que Macronescu avait demandé à Cyrulnik de diriger un « Comité des 1 000 premiers jours de l’enfant », la période fondatrice dans le développement des tout-petits. Inconnue de Brichel malgré ses trois moutards. Les experts bénévoles ont rendu leur rapport fin 2020 mais le tyran avait engagé en parallèle des Boches du cabinet conseil Roland Berger pour le même travail facturé 425 000 € HT.

Un témoignage qui n’a rien à voir avec du name dropping

Au début du millénaire, j’étais en escale à Porquerolles à bord de Moana Nui, le voilier qui allait me ramener au Fenua. L’élection de 2002 avait marqué le suicide collectif d’un peuple inconscient et nourri ma désespérance. J’avais vendu ma baraque et décidé de changer d’air. Définitivement. Ressassant les propos d’un cousin pied-noir : « Si mes parents étaient partis à temps, ils n’auraient pas tout perdu. »

Sur le ponton, un voisin m’avait demandé : « Alors, tu connais Cyrulnik ? » J’avais répondu : « Oui, comme tout le monde…» Étonnement de mon interlocuteur : « Mais vous parliez ensemble tout à l’heure ! » De bateaux, de chiens, de Saint-Mandrier, du Cap Sicié et de la Seyne-sur-Mer où il résidait. Ce plaisancier aimable et discret qui naviguait sur un pointu répondant au joli nom de Borgnefesse, était d’une modestie à faire honte à tous les bateleurs des télés.

Pendant 12 ans, de 2006 à 2018 je me suis nourri de sa philosophie.

J’avais enrichi ma bibliothèque de bord d’une demi-douzaine de ses bouquins ; c’était stimulant de recalibrer mes neurones sur des sujets qui en valaient la peine. Comme les sept piliers de la résilience qu’abhorrent les parasites de la société d’assistés. L’acceptation des faits, l’optimisme contrôlé, la recherche de solutions réalistes, l’abandon de la posture victimaire, l’esprit de décision au moment opportun, la recherche d’alliances et la planification du futur.

Des valeurs venues de la Grèce antique qui ont soutenu pendant plus de 2000 ans la civilisation avant qu’elle s’effondre. Bousculée par des barbares venus de loin. De quoi rompre la monotonie des longues traversées et la léthargie des paresseuses escales tropicales.

Jusqu’en 2018, j’ai vécu sur la planète Mer. Entre navigations insulaires, pêche, plongée, festins et fêtes locales avec mon peuple. Ignorant ce qui se passait en métropole. Dégoûté. Jusqu’à ce que les Gilets jaunes et le Covidus macronibus m’extirpent de cette réalité alternative.

À 88 ans, l’esprit toujours aussi vif (il me fait penser dans un autre style à feu Jean d’Ormesson), Boris Cyrulnik dénonce les dérives de notre anti-civilisation.

À l’occasion du lancement de son dernier bouquin Au saccage des petits bonheurs, invité par la télé suisse, il alertait sur la « décivilisation » qui nourrit l’angoisse, paralyse les talents et décourage les initiatives. Une analyse de la dégénérescence des liens familiaux et sociaux, avec l’effondrement des solidarités, l’emballement de nos vies en fonction des modes consuméristes, des mots d’ordre politiciens et des illusions d’une société plurielle équitable qui n’existe que dans l’esprit des manipulateurs pervers pour mieux contrôler les jobards.

Dans ce nouvel essai, il décortique notre « décivilisation », qui saccage les petits bonheurs des relations humaines authentiques. Simples, directes, instinctives comme chez nous les Polynésiens. Des rires, des moqueries, des coups de gueule et des accolades qui valent mieux que l’indifférence ou la soumission. Tandis qu’en métropole, la peur de parler paralyse en raison des délits d’opinion et d’une justice partisane.

Cyrulnik prend de la hauteur en dénonçant « le sacre du moi » cette logique aussi féroce qu’obtuse, orchestrée par des éructations communautaristes qui préconisent l’élimination symbolique de tous ceux qui ne font pas partie de la bande.

Cette appartenance malsaine est fille naturelle de l’hitlérisme, du stalinisme, du maoïsme et du polpotisme. Elle refuse le droit de vivre à ceux qui pensent différemment. Ceux qui n’adhèrent pas à la doxa. Même si, de nos jours, la mort civile et civique et la ruine des dissidents ont remplacé l’élimination physique, le principe est inchangé. Ceux qui ont confisqué les leviers du pouvoir, médias, flicaille, tribunaux, pseudo-culture, convaincus de détenir la vérité, ne tolèrent pas d’opinions susceptibles de contester leur idéologie et leurs lubies.

Cyrulnik observe que, depuis les années 1990, les rituels de civilisation se transmettent de plus en plus mal. Les mots ne recouvrent plus les mêmes réalités, tandis que des récits orientés par la discorde et amplifiés par des médias militants désorganisent nos vies et favorisent l’explosion des détestations. Chacun contre tous les autres. Chaque groupe ethnique, politique, économique ou religieux, ennemi de ses concurrents pour réclamer des avantages. Et ces polémiques plaisent aux esprits simples inaptes à raisonner au-delà de leurs intérêts immédiats.

Pour Boris Cyrulnik, le saccage des petits bonheurs du quotidien s’explique par l’accélération folle de nos vies et une perte du sens collectif. Avec pour corollaires la montée de toutes sortes d’anxiétés, de pensées suicidaires et une hausse exponentielle des agressions physiques et sexuelles. Cette combinaison fragilise les rites qui fondaient la vie collective à l’image des repas partagés, des fêtes villageoises, de l’entraide spontanée et des règles implicites d’un voisinage apaisé.

Les conventions liées à une langue commune sont aussi en voie de disparition. De créolisation dirait mollah Chon. Pour parler ensemble, il faut s’accorder sur le sens des mots et ne pas chercher, avec le concours des sycophantes et des juges, derrière chaque phrase, chaque expression, chaque idiosyncrasie, un sens caché, une insulte implicite, une menace tacite. On a commencé par condamner des opinions plutôt que des faits. La phase suivante consiste à sanctionner des intentions supposées.

Le retour des hommes providentiels

Le célèbre psychanalyste considère que l’usage massif des écrans contribue à fragiliser les liens humains. S’ils permettent de communiquer, c’est dans le monde du superficiel et de l’éphémère. Ils ne remplacent pas des relations pérennes fondée sur la durée, la répétition, la connaissance et les respect de l’autre. Un buzz en éclipse un autre, une indignation à géométrie variable prend le relais provisoire d’une élucubration grégaire.

La désorganisation civilisationnelle crée un terrain favorable à la tentation autoritaire. Comme si exister implique de détruire le voisin. Ou de le réduire au silence. Lorsque l’appartenance nationale se fragilise, chaque partie de la population coupée des autres se cherche une figure paternaliste censée rétablir la cohésion. Il y a toujours un escroc candidat au poste qui dit : « Votez pour moi, je sais ce qu’il faut faire.» Même s’il a tout raté dix fois dans le bocal des poissons rouges.

Juste une réserve au discours de Boris. Il limite sa réflexion aux trente dernières années, les trente hideuses, alors que le malaise est plus ancien. Il remonte à l’effondrement de notre empire après WW2. À la dislocation d’une France patriote et de culture judéo-chrétienne en une foultitude de sectes et de chapelles gauchisantes après 1968. Et à l’irruption, l’enracinement et l’agressivité d’une religion étrangère qui vise à nous remplacer, dans la béatitude docile des moutons téléphages.

Christian Navis

https://climatorealist.blogspot.com/

Ripostelaique.com

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