Son arrière-grand-père est un homme dont on parle dans les livres d’histoire. Ils portent d’ailleurs le même nom.
Mehdi Abd el-Kader, dit Kid, arrière-petit-fils de l’émir Abd el-Kader, vit depuis plusieurs dizaines d’années à Saint-Julien-en Beauchêne. Loin de Beyrouth où il est né en 1924. Loin de la Syrie qu’il a quittée en 1944. Loin de l’Algérie où son ancêtre s’est illustré, mais où lui n’a jamais mis les pieds.
L’émir Abd el-Kader (1808 – 1883) est une figure, aussi bien en Algérie qu’en France. S’il est le symbole de la résistance algérienne contre l’occupant français, il est aussi célèbre pour son humanisme, sa sagesse, son esprit (lire en repères). « C’était quelqu’un de très simple. On lui a proposé d’occuper la moitié de l’Algérie, et il a refusé », raconte Kid, tout en feuilletant l‘album qui réunit sa propre histoire et une multitude de documents sur son illustre ancêtre.
L’ami de Napoléon III
Chose étonnante, l’Emir Abd el-Kader a réussi à être apprécié en France comme en Algérie.
« Napoléon III qui l’a fait libérer en 1852 voulait lui donner la nationalité française et des terres. Mais il a refusé en disant qu’il n’avait pas les mêmes coutumes que les Français », explique Mehdi Abd el-Kader. Avant d’ajouter :
« en 1860, lors des émeutes de Damas, il a sauvé le consul et 15 000 chrétiens. Malgré tout ce qu’il avait eu comme misères avec la France ». Kid rappelle aussi le rôle qu’a joué son aïeul dans la construction du canal de Suez, dont il était un fervent partisan.
Aujourd’hui, Mehdi Abd el-Kader reste fier de son ancêtre et s’étonne de voir tout ce qui est organisé autour de son personnage. Les expositions, les conférences, les ouvrages le concernant sont réguliers et nombreux. Kid suit tout cela avec attention.
Militaire, cascadeur, restaurateur…
Sa vie à lui aussi n’a rien d’ordinaire.
Après avoir quitté la Syrie en 1944, « il s’est engagé dans la Légion étrangère », avant d’intégrer l’école militaire de Saint-Cyr. Dans son album photo, on peut lire la lettre qu’il a écrite à Guy Mollet pour lui proposer de servir de médiateur dans le conflit algérien. Ou celle que lui a adressée Pierre Mendès-France.
On voit aussi Kid en compagnie du metteur en scène Terence Young. Très sportif, Mehdi a fait une « carrière » cinématographique en tant que cascadeur.
Il a également travaillé comme guide-interprète, restaurateur et a fini par se poser un jour dans les Alpes, dans ce petit village de Saint-Julien-en-Beauchêne où, infatigable malgré ses 87 ans, il passe ses journées à gravir les sommets alentour. Loin du Moyen-Orient de son arrière-grand-père et pourtant si proche de lui.
Repères
L’émir Abd el-Kader est né en 1808, près de Mascara en Algérie, et mort en 1883 à Damas en Syrie. De 1832 à 1847, il s’est illustré sur les champs de bataille en Algérie contre l’occupant français.
En 1847, il se rend à condition d’être exilé en Turquie. Les Français ne tiendront pas cette promesse. Fait prisonnier, ils le ramèneront en France. Il arrive à Toulon, puis séjourne au château de Pau et à Amboise. En 1852, Napoléon III lui redonne sa liberté.
Abd el-Kader s’installe alors à Damas. Il consacre sa vie à des œuvres de bienfaisance, à l’étude de textes sacrés et à la méditation. Il est à la fois poète, philosophe et soufi.
source Juvénal de Lyon
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Bonjour,
Merci pour ce bel hommage, Juvénal !
Les fils d’Abdel Kader servirent dans les armées françaises et obtinrent la Légion d’Honneur ! Aujourd’hui Tebboune les qualifieraient de traitres !
C’est quoi ce cirque? Abd elkader était notre ennemi en 1830. Impossible qu’il soit l’arrière grand père de ce bonhomme qui serait né aux environs de 1890. Bonjour la longévité, l’ancêtre toujours vert accorde des interviews et a sans doute un compte Tiktok et Instagram pendant qu’on y est😂😂😂
oui, Leman, c’est du cirque, mensonge et exaltation de l’ennemi sont les deux mamelles de la SOUMISSION de la France. Le remarquable Juvénal, que nous apprécions tous les jours, s’est fait avoir pour une fois. Respect à lui quand même.Pas à Abd el Kader, bien vu parce qu’il avait la réputation de ne pas tuer ses prisonniers chrétiens (qui a vérifié ?) mais dont il est attesté qu’il faisait scier les juifs vivants en deux.
Abd el Kader, encore un mythe. Chef religieux, il a renté de réunir des tribus pour fonder un théocratie sous son règne. Il a certes combattu les Français, se réfugiant au Maroc à chaque revers. Puis s’étant brouillé avec le sultan du Maroc, lui aussi « Commandeur des croyants », il s’est rendu (1847). La France l’a accueilli, détenu mais hébergé royalement, lui et sa « smala » (c’est à ce moment que le mot est connu des Français), notamment au château d’Amboise. Des intellectuels français (déjà !) en firent une figure. Caméléon de la pensée, entre autres franc-maçon, il finit, à Damas, encensé par ceux qu’il avait combattus, pensionné par Napoléon III, comme agent de la France, au tarif de 100 000 puis 150 000 franc, 25 à 30 fois le salaire d’un ouvrier français de l’époque.