Quand les chercheurs d’Anthropic prouvent que l’utilisation de l’IA réduit l’acquisition de compétences
Une étude des chercheurs d’Anthropic montre qu’utiliser l’intelligence artificielle pour apprendre une nouvelle compétence peut réduire de 17 % les performances associées — sauf lorsque l’usage reste cognitivement exigeant. Derrière ce chiffre, une question plus vaste : l’IA affaiblit-elle nos capacités, ou révèle-t-elle surtout notre manière de l’utiliser ? Décryptage.
Atlantico : A travers la publication d’une étude, les chercheurs d’Anthropic viennent de prouver que l’utilisation de l’IA pour apprendre de nouvelles compétences diminue de 17 % les performances dans ces mêmes compétences. L’étude d’Anthropic montre une baisse moyenne de 17 % des performances chez les développeurs utilisant l’IA pour apprendre de nouvelles compétences, mais précise que certains usages “engagés cognitivement” donnent d’excellents résultats. Quels sont les enseignements de cette étude et pensez-vous que le problème soit l’IA elle-même, ou plutôt la manière dont les individus l’utilisent ?
Laurent Alexandre : Toute assistance entraîne une diminution des performances. La démocratisation du livre, avant même l’imprimerie, à partir du XIIᵉ siècle jusqu’au XVIIIᵉ siècle, a entraîné une baisse de la mémorisation dans la population, car l’apparition de supports écrits faisait que l’on s’astreignait moins à mémoriser. Dans les populations sans culture de l’écrit, on observe des capacités de mémorisation extraordinaires. Jules César, dans La Guerre des Gaules, signale que les druides ont une mémoire absolument incroyable.
C’est donc un phénomène très ancien. Toute prothèse cognitive entraîne une baisse des capacités cognitives. C’est également vrai avec la machine à calculer. Tout le monde calculait bien mieux avant son apparition et avant celle de l’ordinateur.
Concernant les statistiques d’Anthropic, cela est particulièrement intéressant parce que la technologie est nouvelle. Mais il est possible de retrouver des données similaires à celles observées avec toutes les technologies. Lorsqu’une personne s’aide d’un outil technologique tel que l’IA, elle fournit moins d’efforts. Cette personne travaille moins et devient donc moins performante pour réaliser la tâche pour laquelle elle a utilisé une aide de l’IA. Cela ne signifie pas que l’on est moins intelligent ou moins compétent ; cela veut simplement dire que la partie que l’on a sous-traitée, on la maîtrise moins bien que celle que l’on n’a pas sous-traitée. On pourrait dire la même chose d’un expert-comptable qui se spécialise dans l’analyse financière et sous-traite à des comptables la réalisation des comptes de base, des comptes en T : il sera moins performant dans la réalisation des comptes et connaîtra moins bien le plan comptable général.
Ainsi, toute utilisation d’une assistance, qu’elle provienne d’une IA ou d’autres humains, se traduit par une baisse de nos compétences sur la tâche sous-traitée. La question n’est pas de savoir si l’on maîtrise moins bien ce que l’on ne fait plus, mais de déterminer si, globalement, on conserve des compétences intellectuelles générales. À ce sujet, nous ne disposons pas de données. Néanmoins, si je confie le bistouri à un robot chirurgical, je serai moins performant en chirurgie : c’est inévitable.
– Si l’IA peut freiner l’acquisition de compétences lorsqu’elle est utilisée comme substitut cognitif, faut-il repenser totalement les méthodes pédagogiques (école, université, formation continue) pour intégrer des “protocoles d’usage” de l’IA ?
Le problème est que, pour évaluer l’impact d’une technologie sur la cognition et améliorer les techniques éducatives, il faut de nombreuses années. Or, la technologie évolue si rapidement qu’à peine a-t-on terminé une étude sur l’impact d’une version que celle-ci a déjà été remplacée.
On voit encore aujourd’hui paraître des études sur les conséquences de ChatGPT 3.5 et de GPT-4 sur les savoirs, alors que ces versions ont désormais plus de deux ans pour GPT-4 et trois ans pour GPT-3.5. Il existe donc une véritable difficulté : les méthodes éducatives et les processus d’apprentissage ne peuvent pas évoluer au même rythme que la technologie.
À l’époque de ChatGPT 3.5, personne ne proposait d’arrêter d’apprendre à coder, car cette version était médiocre en programmation : elle constituait une aide, mais comportait de nombreuses erreurs et nécessitait un temps important de vérification. Aujourd’hui, un outil comme Claude 4.6 commet peu d’erreurs, même s’il en subsiste, et le consensus tend à considérer qu’il n’est plus nécessaire d’enseigner le codage de base, mais plutôt la gestion des architectures informatiques.
On mesure ainsi la difficulté. En trois ans, l’analyse des conséquences de l’intelligence artificielle sur la formation a profondément évolué, au fur et à mesure de l’amélioration des versions.
– L’étude suggère que la compétence clé pour superviser du code généré par IA – notamment le debugging – est précisément celle qui s’atrophie le plus vite quand on délègue trop. Les entreprises risquent-elles de créer une génération de professionnels dépendants, moins capables de contrôle critique ?
Les compétences les plus fines sont les plus complexes et s’atrophient en premier. Lorsqu’une personne développe la maladie d’Alzheimer, elle perd la capacité à jouer aux échecs avant celle d’allumer la lumière. Elle perd ses compétences mathématiques avant la capacité d’ouvrir une porte. Ce sont les compétences les plus complexes qui disparaissent en premier en cas d’atrophie cognitive, qu’elle soit liée à l’utilisation de l’intelligence artificielle ou à une maladie neurologique comme Alzheimer.
Dans mon exemple, il est donc parfaitement normal que les compétences les plus importantes et les plus utiles soient celles que l’on perd le plus rapidement lorsque l’on fournit moins d’efforts. Nous retrouvons ici le grand malentendu de notre époque, que nous évoquons largement dans notre livre avec Olivier Babeau, “Ne faites plus d’études Apprendre autrement à l’ère de l’IA”.
Il n’y a plus suffisamment d’efforts dans les études. Une partie importante des jeunes générations a cru que, grâce à l’IA, il était possible de travailler moins. Or, travailler moins signifie perdre ses capacités intellectuelles, notamment les plus fines et les plus utiles pour orchestrer les intelligences artificielles, ce qui constitue finalement le principal métier appelé à perdurer, puisque les savoirs techniques spécialisés seront exécutés par l’IA.
En revanche, les humains conserveront un rôle d’orchestration : des médecins superviseront des IA médicales, des juristes piloteront des IA juridiques, des architectes encadreront des IA spécialisées en architecture, et ainsi de suite. Les personnes qui utiliseront l’IA pour se dispenser d’efforts sortiront du marché du travail, car elles perdront les compétences les plus essentielles pour conserver une utilité à l’ère de l’intelligence artificielle. Le message pertinent n’est pas d’utiliser l’IA pour moins travailler, mais de s’en servir pour renforcer encore ses capacités intellectuelles les plus fines, sans réduire son niveau d’exigence.
– Ce type de résultats indique-t-il, selon vous, un risque d’appauvrissement cognitif massif… ou au contraire une transition vers d’autres formes d’intelligence, de valeur et de compétence ?
Nous nous dirigeons vers un système à deux vitesses, qu’il est déjà possible d’observer autour de nous. D’un côté, une élite restreinte, travailleuse et exigeante, qui utilise l’IA pour améliorer encore ses performances et accroître ses capacités cognitives. De l’autre, une majorité qui risque d’atrophier ses capacités intellectuelles en se servant de l’IA pour réduire ses efforts, notamment dans le développement des compétences d’orchestration, qui sont pourtant les plus cruciales à l’ère de l’IA.
– Les entreprises elles-mêmes constituent-elles une partie de la solution ? Pourraient-elles intégrer et prendre en compte cet enjeu central mis en lumière par l’étude des chercheurs d’Anthropic ?
Les entreprises sont dépassées par l’IA pour une raison simple. La durée de vie des savoirs à l’ère de l’intelligence artificielle diminue continuellement. Or, les entreprises et leurs systèmes de formation professionnelle continue ne sont absolument pas conçus pour un monde où les savoir-faire deviennent rapidement obsolètes.
Une étude de l’OCDE montre que, depuis 1987, la durée de vie d’un savoir technique est passée de quarante ans à deux ans. Cela signifie que les compétences acquises par un salarié deviennent utiles pour une période extrêmement courte. Dès lors, former un salarié devient peu rentable pour l’entreprise. À l’ère de l’intelligence artificielle, investir dans la formation peut sembler inefficace, car les connaissances transmises deviennent rapidement dépassées.
Cette situation est difficile pour les salariés, mais elle reflète une réalité : ils devront de plus en plus se former eux-mêmes, car les entreprises réduiront leurs investissements en formation continue, compte tenu de l’effondrement de la durée de vie des savoirs.
8,916 total views, 168 views today


intelligence artificiel est un abus de langage.
Il n’y a pas d’intelligence vivante dans un programme, mais des 0 et des 1 arrangés sans âme.
Mais comme chez fran-ma-biquette l’âme n’existe pas elle souhaite que vous n’y adhériez pas. Baphomet biquette de Mendès impudique s’accouplant avec des humains n’aime pas Israël et encore moins la Source Vivante de vérité, elle vous séduit pour vous emmener dans l’obscurité anti-sioniste anti-Yhvh anti-vérité, anti-message salvateur.
La chèvre de Mendès haïe Israël et son livre, elle est LGBT++, interdit de critiquer le transgenre.
bien sûr, la machine à laver est un algorithme programmé selon la pensée unie du programmeur dans un même sens.
Exemple: la machine à laver ne sait pas comment on dit dieu au singulier en hébreu, elle le dit en permanence au pluriel.
Elle ne sait pas non plus ce que signifie dieu en Hébreu, qui n’a jamais été le nom du fondateur de l’univers dans la Bible, voir Exode 3/13 à 15.
La machine à laver ne connait pas non plus le calendrier solaire de la torah, elle est bloqué sur la lune!
En plus vos commentaires sont surveillés et la machine à laver refuse de corriger ses fautes.
Bref, la machine à laver est une image qui bouge et qui parle qui bientôt vous décapitera pour obéir à le dieu soumettant imposant dominant de ce monde.
Une de mes amies me dit récemment : « mon fils doit faire une anthologie sur la poésie, heureusement qu’il y a Chatgpt pour la faire, sinon il ne s’en sortirait pas ». Il n’y a plus d’esprit critique, il n’y a plus d’efforts, et les parents sont satisfaits que les devoirs soient faits avec l’IA. L’intelligence humaine est amenuisée par l’intelligence artificielle. https://vousparmacif.macif.fr/ados-faire-devoirs-heure-ia
Navrant, l’âme humaine vibre, elle est vivante, la machine à laver l’étouffe.
Excellent article. Un grand merci. Comment les asiatiques abordent-ils le problème dans le domaine de l’enseignement ?
Evidemment,il ne s’agit pas de tout jeter,mais je pense,ça n’engage que moi,ce progrès rend t-il plus heureux,la facilité c’est bienmais on en devient dépandant,le GPSc’est bien,mais je me souviens d’un collègue artisan,qui m’avait demandé si je pouvais passer chez un client pour un chantier,je lui demande l’addresse,et par quelle route il était passé(oui je sais ,avec les moyens actuels ça parait…)il me répond qu’il ne savait pas car il suivait son GPS,j’admet je l’ai un peu secoué,en lui demandant si il se rendait bien compte qu’il ne savais meme pas par ou il passait,apparemment ça a fait de l’effet car aujourd’hui il regarde la route en plus de sonGPS;pour dire qu’il faut etre vigilant.Et c’est peut etre pour ça que beaucoup cèdent a l’indifférence.
Et oui,il n’y a pas besoin d’avoir fait de grandes études.La fonction crée l’organe ou le modifie.Nos anciens étaient de gros travailleurs,avec le machinisme,nous sommes devenus moins résistants,les corps se sont modifiés,en tant que manuel on portait beaucoup et lourd souvent,c’est bien que les gens forcent moins,car les retraites de certains etaient souvent difficiles physiquement,.alors rien d’étonnant pour le cerveau ça doit etre pareil,moins on le sollicite,moins il fonctionne,déja que l’information nous vends un pret a penser catastrophique,un petit coup d’intelligence artificielle la dessus et la boucle est bouclée.Bien sur il ne s’agit pas de tout jeter,mais il faut etre vigilant tout le temps.Dans un autre registre,lAtlantide,mythe ou réalité,peut etre de la science fiction,mais celle-ci est souvent la visualisation du futur,projetée dans le prèsent.Les films de sciences fiction de notre enfance sont largement dépassés aujourd’hui.Mais l’histoire de l’Atlantide est peut etre révélatrice de ce qui vas peut etre arriver?
C’est le cas…
Ce n’est pas nouveau, ça a débuté avec les calculatrices…
C’est pour cela que l’école doit instituer une séparation d’enseignements, une moitié des enseignements ne doit comporter aucun moyen artificiel de calcul, d’écriture, de raisonnement, de mémorisation, etc.
Cela ne double pas le savoir nécessaire, mais assure la compréhension de ce que fait la machine.
Quand vous avez 20 millions de veaux admirateurs de l ‘I-A qui travaille a la place de ce qu’ils leur reste comme neurone , il reste quoi ??? 20 millions de crons robotisés …
Merci mon petit téléphone simple DXXX a 50 euros , sauvé je suis car pas daye-phone a 500 euros pour » branlotter » un ecran » tacuetile » toute la journée , je regarde les oiseaux , les papillons , les plantes qui poussent et les nuages en fond de ciel bleu , ça ??? c’est beau …………….
L’IA ne fait rien d’autre qu’un travail de synthèse. Ce travail, l’individu n’a plus à le faire.
Mais nous avons exactement le même processus avec les simples sites internet. Avec les livres, avec les émissions culturelles, les expositions, etc…
Heureusement que tous ces outils de synthèses existent, la connaissance est très supérieure à avant. Réduisent ils la mémoire ? Mouais, mouais…
Articles très bien rédigé et documenté.
Merci Cachou pour ton résumé qui dit l’essentiel : l’IA n’est pas magique elle fait juste le travail de synthèse.
1/2 L’IA fait plus qu’un travail de synthèse .Regardez cette vidéo et suivez également ce lien hypertexte sur L’IA générative appliqué à l’univers des jeux vidéo et vous verrez que c’est un peu plus complexe qu’un travail d’assemblage de différents éléments en vue d’obtenir un résultat final attendu par les initiateurs. Je ne vous cacherai pas qu’en tant que gamer la fulgurance des avancées du à l’IA et leurs applications à l’univers des jeux n’est pas faite pour me déplaire .Certes nous en payons le prix les composants sont de plus en plus couteux , le prix des cartes graphiques devient stratosphérique .
2/2 Les prix des cartes graphiques gamers dignes de ce nom vont de 800 euros à près de 5000 euros .Cachou dans son article du jours ironisait sur nos ordinateurs à 15 000 euros et bien il n’est pas loin du compte .https://www.materiel.net/produit/202503190044.html
Ce modèle assembleur coute 8000 euros vous le configurez vous même en changeant quelques éléments et vous atteignez facilement les 10 000 euros.
https://game.fr/2025/10/comment-lia-change-les-jeux-video-en-2025/
https://youtu.be/LT7Vum0O91k
L’IA est un outil pratique, à condition de savoir l’utiliser. Elle ne dispense ni de l’effort, ni de la connaissance générale apprise suite à l’effort précité. Le progrès technique est irréversible. Depuis la calculatrice, qui sait encore faire un calcul mental? Et qui sait encore lire une carte routière depuis l’apparition du GPS? Plus grave encore, quel pilote sait encore piloter son avion sans l’aide (remarquable) de sa technologie? Ce sont en effet des questions qui méritent réflexion. Cet article soulève des interrogations pertinentes.
Chaque nouvelle technologie éveille des craintes. Effectivement, la calculatrice a remplacé peu ou prou le calcul mental qui reste tout de même fort utile pour faire une estimation rapide des coûts. Cependant, depuis que j’ai le Copilot, je me rends compte de l’utilité de cet instrument: très rapidement, on me sert toutes les données que je n’ai donc plus à chercher de façon très laborieuse. L’utilisation des données me revient à moi toute seule.
Tout à fait d’accord, Kestler, pourquoi ne pas utiliser ce qui fait gagner du temps ?
Oui Madame , mais l’I-A TOUCHE TOUS LES DOMAINES ET EMPOISONNE TOUTES LES REALITES , ou est le vrai ,par telephone en visio , c’est votre mari ou voisin ou enfant qui vous parle ??? ou macrominette …. heu ?? non lui poubelle ….
C’est vrai que quand la paresse sert mon intelligence, je craque … Ceci dit, c’est jouissif de parfois prendre l’IA en défaut sur un sujet dont je maitrise les détails.
LE RÊVE ULTIME : c’est poser a l ‘ I-A-CACA la question de la mort subite , question qui va lui poser tellement de dilemmes et autres contradiction va saturer ses » liaisons mémoires » qu’il va y avoir surchauffe et BOUM !!!!!!! les milliards de micros transistors égalant sa mémoire se volatilisent déclenchant l’envoi simultané de tous les milliers de missiles balistiques de tous les pays du monde …vive l’I-A !!!!!!!
Ce ne n’était pas encore l’IA, mais les compétences avaient déjà commencer à décliner avec l’apparition des calculettes dans les écoles.