UE-Israël : pauvre Sanchez ne sait pas ce qu’est un accord d’association !

Le 19 avril 2026, lors d’un meeting électoral en Andalousie, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé qu’il soumettrait une proposition à l’UE pour rompre l’accord d’association entre UE et Israël sous prétexte que Israël violerait  le droit international .

Or, l’accord d’association UE-Israël c’est un partenariat stratégique, pas un chèque en blanc, bouffi !

Signé en novembre 1995 et entré en vigueur en juin 2000, l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël constitue le cadre juridique principal de leurs relations bilatérales. Il repose sur trois piliers : dialogue politique, coopération économique et commerciale (avec une zone de libre-échange couvrant les produits industriels et des concessions agricoles), et coopération dans de nombreux domaines(recherche, technologie, culture, migrations, etc.). Bref, que du courant et du convenu dans l’UE, sauf que l’UE est le premier partenaire commercial d’Israël (environ 32% des importations et exportations) ;   l’UE exporte vers Israël pour plus de 26 milliards et importe pour 15… On voit bien où veut en venir le petit facho andalou : 

Ci-dessous les principaux pays européens qui commercent le plus avec Israël en 2024 (volumes d’échanges totaux import + export) :

A cela il faut ajouter le Royaume-Uni, la Suisse, la Pologne, la Roumanie… Cet accord s’inscrit dans le processus « euro-méditerranéen » (Partenariat de Barcelone) et inclut des mécanismes de dialogue régulier sur les questions de sécurité et de politique étrangère.

Comme presque tous les accords d’association de l’UE, il contient à l’article 2 une clause standard : « Les relations entre les parties, ainsi que toutes les dispositions de l’accord lui-même, sont fondées sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques »…  Cette clause est dite essentielle. En théorie, une violation grave permet des mesures appropriées, y compris une suspension.

Pourquoi Sanchez veut-il le rompre ?  Evidemment c’est davantage une posture idéologique plus qu’une cohérence juridique !

Lors d’un meeting électoral en Andalousie, il  a donc annoncé qu’il soumettrait une proposition à l’UE pour rompre cet accord sous prétexte que Israël  violerait  le droit international (les Gazaouis, eux ne violent rien, Intifada, planques dans les hôpitaux et écoles de Gaza, et dans les sous-sols, attentats, bombes, enlèvements… apparemment pour Sanchez eux ont le droit).

La  demande du petit rigolo pose plusieurs problèmes :

– Sélectivité flagrante : L’UE maintient des accords d’association avec des pays au bilan Droits de l’homme bien plus problématique (Turquie, Égypte, Algérie, Maroc, Azerbaïdjan etc.). On n’entend pas Sanchez exiger la rupture avec Ankara malgré l’occupation du nord de Chypre ou la répression interne ou encore les opérations en Syrie… Quid du Qatar ou de l’Iran qui financent le terrorisme ? 

Pour Sanchez, la clause « droits de l’homme « semble activable surtout quand il s’agit d’Israël, en ignorant  volontairement le contexte volontairement ignoré et même tu  : Israël répond à une guerre existentielle initiée par le Hamas (organisation terroriste désignée par l’UE) après le pogrom du 7 octobre 2023.

Le droit à la légitime défense est reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies.

– Hypocrisie économique et sécuritaire : rompre l’accord pénaliserait les entreprises et emplois européens autant qu’Israël. Ce dernier est un partenaire clé en renseignement, cybersécurité, innovation (défense, santé, eau, agriculture). Dans un contexte de menaces islamistes et révisionnistes, affaiblir ce lien serait irresponsable.

Instrumentalisation politique : le gouvernement Sanchez, minoritaire et soutenu par la gauche radicale, instrumentalise le sujet dans une surenchère anti-israélienne classique.

En résumé, l’accord d’association UE-Israël est un partenariat mutuellement bénéfique, fondé sur des intérêts communs et des valeurs partagées (démocratie, État de droit, innovation). Demander sa rupture pure et simple, comme le fait Pedro Sánchez, relève davantage d’un activisme opportuniste que d’une défense cohérente du droit international.

L’UE devrait appliquer la même rigueur à tous ses partenaires, et non uniquement au pays le plus aligné sur ses valeurs libérales dans une région hostile. La priorité devrait rester la fermeté contre le terrorisme et un dialogue pragmatique. Mais sur cette planète où souffle un vent de folie, le pire est toujours possible… 

Christine Tasin

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2 Commentaires

  1. Pedro SANCHEZ et tous ceux qui le suivent n’ont encore pas compris qu’ISRAEL fait non seulement ce qu’il faut pur sa survie mais nous sert un peu de gendarme contre ceux qui veulent nous exterminer.
    Mais peut-être que les Espagnols veulent se faire envahir à nouveau par les arabes ? Ils ont la mémoire courte …..

  2. Nous appartenons à cette même civilisation. Merci Christine de nous éclairer sur l’état des lieux.