Jack Matlock : comment l’expansion de l’OTAN a brisé la sécurité européenne

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Jack F. Matlock, Jr. a été ambassadeur des États-Unis en URSS de 1987 à 1991 et a joué un rôle clé dans la négociation de la fin de la guerre froide. L’ambassadeur Matlock aborde les malentendus concernant la guerre froide, la promesse faite par l’Occident à Moscou que l’OTAN ne s’étendrait pas, l’expansionnisme de l’OTAN qui a sapé l’architecture de sécurité paneuropéenne, ainsi que la manière dont l’OTAN est devenue une alliance offensive et a provoqué la guerre en Ukraine

Si vous n’avez pas le temps de regarder, voici la transcription en français.

Quelques passages importants :

 

[…]

#Glenn

Cette promesse d’une OTAN qui ne s’étendrait pas après la réunification de l’Allemagne revient souvent comme un sujet brûlant dans les médias. Beaucoup de responsables politiques, d’ universitaires et de journalistes la contestent. Ils affirment qu’une telle promesse n’a jamais été faite, ou qu’il s’agit d’un malentendu. Mais elle a bien été formulée à plusieurs reprises, non ?

#Jack Matlock

Eh bien, la promesse avait été faite. Elle n’a pas été intégrée dans les traités, mais certaines parties, oui. Pour entrer un peu dans le détail… en février 1989, quand le secrétaire d’État Baker est venu à Moscou, le grand sujet du moment, c’était la question de la réunification allemande, parce que lerégime communiste venait d’être renversé en Allemagne de l’Est. D’abord, les États-Unis ont dit : « Très bien, il faut qu’on négocie ça dans ce qu’on appelle le format deux-plus-quatre. » Et là, les Européens et d’autres ont demandé : « Comment ça, vous nous tenez à l’écart ? » Et nous, on a répondu : « Écoutez, les questions essentielles se jouent entre les États-Unis et l’Union soviétique. » Nous allons coordonner nos actions avec nos alliés, mais au départ, il faut régler ça directement avec l’Union soviétique. L’idée, c’était d’essayer d’obtenir un accord, puis de le soumettre à nos alliés —les quatre autres, ceux qui avaient remporté la Seconde Guerre mondiale. Vous savez, à la fin de la guerre, il y avait certains accords entre, d’un côté, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, etde l’autre, l’Union soviétique. Certains de ces accords donnaient à l’Union soviétique des droits en Allemagne et en Europe de l’Est. Et pour légaliser la réunification de l’Allemagne, il fallait, juridiquement, l’accord de l’Union soviétique. Alors, quand Baker est venu à Moscou en février de cette année-là, il a fait une proposition à Gorbatchev. Il lui a dit : « Réfléchissez à ça. » En ce sens, il lançait une idée : ne vaudrait-il pas mieux avoir une Allemagne unie, membre de l’ OTAN, plutôt qu’une Allemagne détachée de l’Alliance ? Puis il a commencé à expliquer, en disant qu’ après tout, il fallait encore s’assurer que l’Allemagne ne devienne pas une puissance nucléaire, qu’ elle ne reprenne pas les politiques qu’elle avait menées auparavant, et que, pour cela, nous avionsbesoin de l’OTAN. Gorbatchev a répondu que, bien sûr, toute expansion de l’OTAN serait inacceptable, mais qu’il comprenait les arguments avancés par Baker. Il a ajouté que la politique de l’ Union soviétique avait été, jusque-là, d’essayer d’exclure militairement les États-Unis d’Europe, maisqu’ils comprenaient désormais qu’une certaine présence militaire américaine pouvait avoir un effet stabilisateur. Ils ne cherchaient donc plus à exclure les États-Unis du continent européen.

Mais ensuite, il a ajouté, bien sûr, qu’il n’était pas vraiment nécessaire d’avoir trois cent mille soldats stationnés en Europe pour atteindre cet objectif. Plus tard, dans d’autres discussions, quand la question de l’élargissement de l’OTAN revenait, Gorbatchev disait : « Eh bien, si vous faites ça, il faudra nous inclure aussi. »

[…}

Alors, plus tard, dans les années 90, quand une nouvelle administration a commencé à envisager d’ élargir l’OTAN, j’ai témoigné devant la commission des affaires étrangères du Sénat. J’ai dit que ce serait, à terme, une catastrophe si nous commencions à étendre l’OTAN et que nous poursuivions dans cette voie. J’ai été rejoint dans cette déclaration par, je crois, plus de trente hauts responsables qui avaient négocié la fin de la guerre froide. La raison pour laquelle nous disions cela, c’est que l’ OTAN avait été conçue comme une alliance défensive, destinée à garantir que l’Union soviétique ne puisse pas envahir avec succès l’Europe de l’Ouest. À l’époque, on craignait beaucoup que ce soit bien son intention. Et en effet, si l’on regardait l’Union soviétique et ses alliés d’Europe de l’Est, leurs forces militaires, en quantité, étaient supérieures à celles de l’Ouest.Je dirais qu’un peu plus tard, quand tous les documents ont été rendus publics, il est devenu clair que l’Union soviétique n’avait jamais eu l’intention d’envahir l’Ouest. Leur politique, c’était que si l’ Ouest déclenchait une guerre, ils répondraient et essaieraient d’avancer jusqu’à la Manche. Mais ce plan, pour eux, relevait d’une riposte à ce qu’ils auraient considéré comme une agression occidentale. Ce que j’essaie de dire maintenant, c’est que l’idée d’intégrer davantage de pays dans l’ OTAN risquerait de transformer l’alliance, qui est défensive à l’origine, en une alliance offensive, surtout si ses forces étaient engagées en dehors de l’Europe. L’un des arguments avancés dans les années 1990 pour justifier l’élargissement, c’était : « hors zone ou hors jeu ». Autrement dit, il fallait que l’OTAN intervienne militairement en dehors de l’Europe, sinon elle n’avait plus vraiment de raison d’être.

[…]

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