Une épave surgie des profondeurs de l’histoire
Des archéologues du Viking Ship Museum (Roskilde) ont localisé à proximité du port de Copenhague l’épave du Dannebroge, navire amiral danois coulé le 2 avril 1801 par la flotte britannique de l’amiral Horatio Nelson (alors commandant en second de l’amiral Hyde Parker). Cette découverte majeure, annoncée 225 ans jour pour jour après l’affrontement, ouvre une fenêtre inédite sur un passé largement documenté dans les livres d’histoire mais rarement exploré matériellement.
Une course contre la montre
À quinze mètres de profondeur, dans une obscurité presque totale, les plongeurs travaillent dans des conditions extrêmes. Enfouie sous des sédiments épais, l’épave est difficile d’accès et exige une exploration minutieuse, souvent à l’aveugle. Cette mission est d’autant plus urgente que le site sera prochainement affecté par les travaux du projet urbain de Lynetteholm, une gigantesque île artificielle aménagée au large du port de Copenhague.

Retour sur une bataille décisive
Le 2 avril 1801, la marine danoise affronte une flotte britannique supérieure en puissance de feu et décidée à porter un coup d’arrêt à la Ligue de neutralité armée qui réunit le Danemark, la Russie, la Suède et la Prusse. Au cœur de ce violent combat, le Dannebroge, long de 48 mètres et sous les ordres du commodore Olfert Fischer, devient une cible privilégiée. Sous les tirs nourris, le navire est ravagé, incendié puis dérive lentement avant d’exploser dans un fracas entendu à travers toute la ville.

Des vestiges qui racontent la vie des marins à bord…
Les fouilles ont permis de mettre au jour de nombreux objets : uniformes, chaussures, pipes, bouteilles, vanneries ou encore insignes. Le site est également jonché de boulets de canon, de fragments d’armes et de pièces d’artillerie témoignant de l’intensité des affrontements. Plus bouleversante encore, la découverte de restes humains (une mâchoire notamment) des marins portés disparus offre une vision concrète et poignante de ce que fut la vie – et la mort – à bord.

… et la violence des combats
« C’était un cauchemar d’être à bord de l’un de ces navires », explique Morten Johansen, responsable de l’archéologie maritime au Viking Ship Museum. « Lorsqu’un boulet de canon frappe, ce n’est pas le boulet lui-même qui cause le plus de dégâts à l’équipage, mais les éclats de bois qui volent dans tous les sens, un peu comme les débris d’une grenade. »

Tout un symbole
La bataille de Copenhague est l’un des épisodes militaires les plus connus du Danemark. Elle renvoie à une période où le royaume tentait de défendre sa neutralité commerciale et sa souveraineté maritime dans une Europe malmenée par les guerres napoléoniennes. La découverte de l’épave du Dannebroge, qui porte le nom du drapeau danois rouge et blanc, dépasse à ce titre le cadre purement scientifique de la recherche archéologique pour devenir un événement à dimension nationale.
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La vie des marins a bien changé, sauf quand les wc d’un porte-avions se bouchent, on en revient aux vieilles méthodes.