En 1966, j’étais communiste, aujourd’hui je suis fasciste

Je n’ai pas changé d’avis, eux : si!

 J’ai été communiste dès mon plus jeune âge.

La foi m’est apparue lors d’un cours de CE1-CM2 dispensé par mon instituteur, M. Boudrillot, qui enseignait à l’école du Petit-Potet à Dijon.

Une question fut posée par un de mes camarades, après une discussion dans la cour de récré. Il nous fallait l’avis de l’instituteur pour éclairer nos interrogations:

Monsieur, C’est quoi la différence entre un communiste et un capitaliste?

 Je me souviens parfaitement de l’air à la fois interloqué et gêné de l’instituteur qui ne s’attendait pas à cette question un peu « hors-programme ».

Il avait l’air torturé par l’indécision et je craignis un instant qu’il se dérobât. Mais le sens du devoir prit le dessus.

 Pour gagner un peu de temps, il critiqua d’abord la question :

On ne dit pas  » C‘est quoi la différence », mais « Quelle est la différence »!

Il se tortilla ensuite longuement la moustache, ce qui trahissait indubitablement son embarras.

Finalement, après mûre réflexion il nous livra sa réponse qui reste gravée dans ma mémoire :

Un capitaliste c’est quelqu’un qui veut tout garder pour lui; un communiste veut partager pour qu’il n’y ait plus de pauvres.

 

Évidemment, présenté comme ça, le choix était facile. Ça s’inscrivait dans la droite ligne des cours de morale qui nous étaient dispensés. Alors je me sentis communiste immédiatement, au plus profond de moi, commençant déjà à haïr les capitalistes.

 

Et c’est fier comme Artaban que j’annonçai le soir même lors du dîner à la table familiale :

Je suis communiste!

Je me souviens tout aussi bien de la réaction de mon père qui faillit en lâcher sa fourchette et me rétorqua :

Arrête de dire des bêtises!
C’est pas des bêtises!

 

Et je me mis à expliquer les raisons profondes de ma récente conversion.

Mon père, narquois, se tourna vers ma mère, collègue de M. Boudrillot puisqu’elle enseignait dans la même école que lui:

Tu vois, je t’avais bien dit, Boudrillot est un coco. Je m’en doutais!

Je ne me souviens plus trop de la suite de la discussion entre mon père et ma mère, sauf qu’elle était à la fois animée et compliquée. Plus tard, j’en compris la raison : mon père n’était pas vraiment « de gauche »; en revanche ma mère l’était, fille d’un ancien militant socialiste.

Mon grand-père maternel était un vrai militant à l’époque où ce mouvement avait une réelle pureté, non perverti par les trahisons de ses lointains descendants de la « gauche caviar ». Il avait suivi la SFIO au moment de la scission du Congrès de Tours en 1920, jugeant que les bolcheviks «trahissaient l’idéal humaniste »comme il me l’expliqua quelques années plus tard.

 

Évidemment, depuis, j’ai évolué dans mes analyses. Pour avoir travaillé dans des républiques socialistes, j’ai été confronté à la réalité. Des pans entiers de croyance se sont d’abord fissurés, puis effondrés.

 

Pour avoir aussi connu l’Afrique du Sud en 1983 du temps de l’apartheid, j’ai aussi pu apprécier les ravages considérables de la propagande de gauche en France. Un des principaux problèmes de l’Afrique du Sud était l’immigration illégale. Les Noirs des pays voisins auraient-ils cherché à entrer dans ce pays si l’apartheid était aussi diabolique qu’on le prétendait?

Rappelons-nous qu’à la même époque bien des gens ont perdu la vie en cherchant à fuir le paradis communiste. Pour le seul mur de Berlin, le bilan documenté s’élève 245 morts.

L’enfer n’était peut-être pas celui qu’on nous décrivait.

La vérité était un peu moins manichéenne.

 

Pour avoir aussi travaillé dans d’anciennes colonies (Madagascar, Vietnam et Algérie), j’ai compris que la colonisation n’était pas que l’abomination décrite par la gauche bien-pensante. Un ancien cadre du FLN m’a même confié :  « Tu sais, Jean-Marc, dans ce pays on n’a plus rien fait depuis le départ des Français, sauf s’enfoncer. ».

 Devant tous ces faits, je confesse avoir reconsidéré beaucoup dans mes analyses.

 Le socialisme est une bonne idée qui ne marche pas.

 « Celui qui n’est pas socialiste à vingt ans n’a pas de cœur ; celui qui l’est encore à quarante n’a pas de tête ».

Tels sont les propos que j’ai entendus tenir par Jacques Delors dans les années 1980. Ce n’était d’ailleurs pas le père de cette formulation.

 Pis encore, quand je constate avec consternation l’attitude ouvertement islamophile de LFI, je suis conforté dans mes analyses.

La gauche d’aujourd’hui a totalement renié ses racines.
Je me souviens des positions ouvertement anticléricales de mon grand-père que je comprends dans le contexte de lépoque. La loi de 1905 a mis fin au Concordat napoléonien : il était temps que l’État cesse de financer et reconnaître officiellement l’Église, dont le rôle politique restait prépondérant. L’essor d’une vraie démocratie passait par la séparation du spirituel et du temporel.

Mais désormais qui peut oser prétendre que les catholiques représentent une menace civilisationnelle?

 

Tous ceux qui s’acharnent encore de nos jours à démolir le peu qu’il reste de traces de catholicisme dans notre pays se trompent de combat. Étaler pendant des semaines les dérives de prêtres pédophiles, monter en épingle l’affaire Bétharram — aussi condamnables que soient ces faits —, c’est tirer sur une ambulance.


Mais que les mêmes, au mépris de toute logique, pactisent avec l’islam conquérant me laisse pantois.


Les socialistes étaient des humanistes.

La charia serait-elle une forme d’humanisme?

La lapidation des femmes adultères serait-elle le parangon du néoféminisme?

 

L’utilisation des musulmans à des fins purement électoralistes au mépris de toutes nos valeurs est à vomir. C’est renier toutes les valeurs dites « de gauche » en lesquelles je me reconnais pourtant.

 

Au-delà, notre démocratie est en danger. Mélenchon rêve déjà d’un troisième tour dans la rue, la seule façon pour lui de conquérir le pouvoir. Bon nombre de syndicats, comme la CGT, préparent ouvertement l’insubordination si le RN parvenait au gouvernement .

 Et moi, je suis désormais cousu dans la peau d’un fasciste.


Je n’ai pas changé d’idéal, L’Homme reste la seule valeur en laquelle je crois.

Mais voilà : l’ensemble de la classe politique a opéré un virage idéologique à gauche toute. Me voilà donc mathématiquement en position d’extrêmedroite sans pour autant ressentir l’impression d’avoir changé.



Ce phénomène n’est pas nouveau.


L’expression « déviationniste » est née sous Staline.

 

Une magnifique définition en fut donnée par les dissidents:

 

« Un déviationniste est une personne qui ne change pas d’avis quand la ligne du parti évolue ».

 Jean-Marc Perrin

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7 Commentaires

  1. Je peux comprendre la position de l’auteur de cet article. Le socialisme semble être une belle idée au départ, mais je n’ai jamais pu adhérer au socialisme et encore moins au communisme pour l’unique raison que je me fous des belles idées, moi je veux seulement des idées qui marchent et qui sont bonnes pour tous et bizarrement les idées qui marchent ne viennent jamais de la gauche.

  2. Bonjour.
    Des articles, comme celui ci , j’en veux bien d’autres.
    C’est clair, net, précis et formidablement parlant.
    Si, l’auteur avait la bonté de vouloir parler de ses expériences passées , dans les pays de l’est de l’époque, je les liraient avec plaisir.

  3. Il était compréhensible d’être communiste à une époque où tu avais le choix entre Thorez et de Gaulle. La classe ouvrière avait besoin d’être défendue. La CGT et les cocos de l’époque croyaient sincèrement à leur idéologie et c’étaient souvent des anciens http://FTP..enfin pour la base.
    Après, évidemment,le rapport Khouchtchev a remis les pendules à l’heure.
    Maintenant, ils en sont à chasser le Juif comme unique cause à défendre.

    • Vous voulez parler de Thorez qui deserta le front de la guerre je suppose , des communistes qui sabotaient les armes de la France en 1939, de Duclos ,peut etre ,qui voulait faire reparaitre  » l’humanite » en juin 40 apres avoir demandé a ne pas combattre la wehrmacht .oui,oui,oui si ma tante en avait……

  4. Trois communistes sur un banc quelque part du temps de l’URSS bavardent : Igor : Ça vous apporté quoi le communisme, toi Ivan, et toi Josip? Ivan : Moi, rien du tout. Josip : Absolument rien. Igor : Et moi pareil, aussi fauché que vous deux. Vous voyez les gars, c’est ça le communisme, on est tous égaux…dans la mouise.

    • Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le communisme,c’était exactement l’inverse.