Le cinéma du baryton José van Dam : Don Giovanni, Le Maître de musique…

Le chanteur d’opéra belge José van Dam, l’un des plus grands barytons-basses de sa génération, est décédé à l’âge de 85 ans, a annoncé jeudi 19 février la Chapelle Musicale. « Il nous a quitté paisiblement, entouré de ses proches » a écrit l’institution musicale belge, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Né à Bruxelles en 1940, José van Dam a traversé un demi-siècle de vie artistique avec une ligne de conduite immuable : la quête de la perfection. Formé au Conservatoire royal de sa ville natale, il a très tôt compris que le talent n’était rien sans une discipline de fer et un respect absolu du texte et de la partition.

Alors que beaucoup cèdent aux sirènes de la célébrité facile, José Van Dam a toujours privilégié l’intégrité de son art. Sa carrière n’est pas une suite de succès commerciaux, mais une ascension patiente vers les sommets du répertoire classique. De l’Opéra de Paris au Metropolitan de New York, en passant par le prestigieux Festival de Salzbourg, il a imposé une présence magnétique, faite de retenue et de profondeur.

Sur grand écran, cette exigence s’est traduite par une capacité rare à incarner l’autorité naturelle. Son interprétation dans Le Maître de musique n’est d’ailleurs pas une simple performance d’acteur : elle est le reflet de sa propre philosophie. Comme son personnage Joachim Dallayrac, José van Dam croit en la vertu du travail, en la hiérarchie du savoir et en la nécessité de transmettre un héritage intact aux générations futures.

Anobli au titre de Baron, il reste l’un des derniers géants d’une époque où l’artiste se considérait comme le serviteur d’une œuvre qui le dépasse.

Le Maître de musique (1988)

Lien de visionnage en ligne ici

Le rôle le plus emblématique de José van Dam au cinéma reste sans conteste celui de Joachim Dallayrac dans Le Maître de musique (1988). Dans ce chef-d’œuvre de Gérard Corbiau, José Van Dam n’interprète pas seulement un rôle ; il incarne le sacerdoce de la transmission.

Don Giovanni (1979): l’incarnation du génie universel

Lien de visionnage sur You tube, sans les sous-titres

Leporello dans le film de Losey (1979)

Sous la direction de Joseph Losey en 1979, José van Dam a prêté ses traits et sa voix au rôle de Leporello dans le film-opéra Don Giovanni. Filmé dans les décors somptueux des villas palladiennes, il y incarne le génie de Mozart avec une présence scénique qui transcende le simple enregistrement lyrique. Il y démontre que le cinéma peut être l’écrin magnifique de la grande culture, permettant à des œuvres séculaires de toucher les cœurs contemporains sans rien céder sur la qualité.

Ici un superbe article 

Un ambassadeur de la langue et du style

Que ce soit dans ses collaborations avec des réalisateurs de renom ou dans ses prestations filmées, José van Dam a toujours été l’ambassadeur d’une diction française parfaite et d’une retenue empreinte de noblesse. À travers ses rôles, il nous rappelle que le cinéma n’est pas qu’un simple divertissement de masse, mais qu’il peut être le gardien de la « Grande Manière ».

Le sommet de la noblesse tragique : Don Carlos

Dans cet extrait de l’opéra de Verdi (chanté ici dans sa version originale française), José van Dam incarne le roi Philippe II. C’est le moment où le monarque, seul dans son cabinet, réalise que son épouse ne l’aime pas. Observez sa retenue. Il ne crie pas sa douleur, il la contient. Sa diction est si parfaite que chaque mot du livret devient une pièce de théâtre à part entière. C’est l’exemple type de la gravitas royale.

  • Album  à écouter absolument :  Chansons de toujours, qui est le testament d’une France qui ne veut pas oublier la beauté de ses mélodies, portées ici au rang d’œuvres sacrées par la rigueur de l’orchestre de Mulhouse et le génie d’un maître :

Le credo du paysan (paroles différentes de la version d’André Dassary)

La chanson des blés d’or

Le rêve passe

La voix des chênes 

Angelus de la mer

La petite église

Le chant des partisans

Article de presse : José van Dam et le cinéma

 513 total views,  509 views today

Répondre à Jules Ferry Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


2 Commentaires

  1. Bonjour jules ,et merci, Ça alors! Je n’ai même pas entendu que José van dam etait décédé ! Personne n’en a parlé sur les radios, il faut dire qu’en ce moment je suis très pris avec, en plus, mes problèmes de santé qui s’acharnent je suis moins à l’ecoute de ce qui se passe . Je ferai un article si je le peux sur une facette moins connue de son répertoire : la comédie musicale et la melodie française classique. Bon dimanche.

    • Bonjour Le chti français : super idée d’article, j’ai hâte ! Bon rétablissement et bon dimanche