Pour Jack Lang, les chiens aboient, la caravane trépasse

A son pot de départ à l’Institut du monde arabe, l’alcool coulait à flots. Contrairement à ce que croient beaucoup de koufars, l’alcool n’est pas haram chez nos frères musulmans qui nous aiment tant. Le pédo-prophète n’a interdit que la consommation de vin. Que lui même buvait sans modération comme Macron.
Muhammad l’incarnation de la perfidie n’a jamais rien dit contre le whisky, la vodka, le rhum, la tequila, l’aquavit, le cognac, le calva ou le schnaps. Pas plus qu’il n’a proscrit le raki une eau de vie anisée qui tape allègrement dans les 50 degrés, consommée légalement dans plusieurs pays musulmans. Au point qu’après des chutes mortelles, le Grand Conseil des ulémas s’est fendu d’une fatwa interdisant d’en boire avant d’aller se percher en haut du minaret.
L’alcool islamique, que les prêcheurs feignent de ne pas connaître.
En Albanie, en Syrie, en Irak, au Liban, on boit le raki noyé de flotte. C’est le Ricard des mahométans. En Turquie, on le boit plutôt pur, cul sec. Et glou, et glou… Les Turcs ne sont pas des mauviettes ! On dit que le dictateur islamiste Erdogan, pour ne pas froisser les puritains de l’islam, userait de la même ruse que mon commensal d’antan Hassan Gouled Aptidon alors sultan de Djibouti.
Lors de réceptions, cet ancien infirmier de la « Coloniale » que les piqûres de rappel de la démocratie n’avaient pas guéri de ses penchants autocratiques, faisait verser dans des gobelets en carton les alcools forts, nature ou en cocktails. Comme les Français lui avaient appris. Tandis que, ostensiblement, des bouteilles de jus de fruits et de soda entamées traînaient sur les tables et les dessertes.
Début mai 1988, en plein ramadan, après avoir tiré les tentures et congédié les loufiats, nous fêtions avec quelques tartufes coraniques autour de mezzés appétissants, la réélection de Mitran, garantie des subsides à venir. Mais prudent, l’ancien guerrier des Afars Danakils avait veillé à ce qu’aucun cliché ne puisse être pris.
Je n’ai jamais osé lui demander s’il pratiquait toujours la charmante coutume d’écouillage de sa tribu. Là-bas, la valeur d’un guerrier se mesurait aux bracelets ou colliers qu’il portait où, en guise de perles, étaient enfilées les roubignoles desséchées dont il avait délesté ses ennemis. La possession des terres et des troupeaux, l’influence charismatique d’un raïs et le nombre de femmes de son harem étaient en proportion de ses trophées.
Houston, on a un problème. Le pot de départ de Jack Lang à l’Institut du monde arabe le 16 février ne s’est pas du tout passé comme prévu.
Décollage difficile. Mise en orbite ratée. Retour sur terre mouvementé. Le premier malaise est né lors du discours d’une sous-ministresse macronarde inculte qui ignorait qu’il y a encore quelques Arabes chrétiens au Proche-Orient, et croyait que tous les mahométans sont arabes. Alors qu’ils ne représentent que 20 % de l’oumma, le plus gros contingent étant asiatique. Légers remous dans l’assistance. Regards en coin. Mais on ne contredit pas l’autruche qui représente le cochon de payeur français.
Il n’y avait pas que ces remous. L’ambiance à l’Institut du monde arabe était morose pour des tas d’autres raisons. Officiellement, on fêtait (?) le pot de départ de Jack Lang, couvert de louanges. Alors que ce dernier filait, la queue basse en rasant les murs, à cause des largesses de son ami Epstein. Mais pour les MMTT (médias menteurs tricheurs truqueurs) gouvernementaux ou de gauche, souvent les mêmes, la scène était grandiose et les acteurs sublimes.
Pendant qu’on se grattait et se congratulait, et que l’ancien sinistre de l’Inculture faisait ses adieux au neuvième étage du bâtiment, des enquêteurs du parquet national financier (PNF) menaient une fouille approfondie dans les bureaux. Une perquisition en règle dans le cadre d’une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille Caroline, tous les deux dans les petits papiers d’Epstein.
Bien évidemment, tout ce remue-ménage relevait des farces et attrapes pour amuser la populace. Car à supposer que le plus mince indice compromettant, papier ou numérique ait traîné, il y a belle lurette que les nettoyeurs de la ripoublique auraient fait place nette. Avec la même conscience professionnelle et la même efficacité admirable que lorsqu’ils ont lavé et essoré les dossiers Brichel.
Les chiens aboient, la caravane passe, par ces mots Jack Lang serein comme un canari a clamé son innocence de grand honnête homme victime de persécutions insupportables.
Pour appuyer son discours « ce ne sont que des rumeurs » ses proches ont dénoncé une campagne de calomnie et de lynchage qui n’est fondée sur rien. Drapé dans sa dignité outragée, Lang a assuré préférer la justice des juges à celle des médias et des réseaux sociaux. Pardi, les juges ont toujours été de son côté depuis 50 ans, en raison de l’immunité dont bénéficient les caciques de gauche.
Revenant sur ses liens supposés avec Jeffrey Epstein, il a affirmé l’avoir connu par l’intermédiaire d’amis comme Woody Allen, mais ne l’avoir jamais fréquenté ni fait affaire avec lui. « Je ne connaissais rien de ses crimes abominables. (…) Ce n’était pas un ami, mais une simple connaissance… Si je l’avais croisé dans la rue sans l’avoir revu à la télé, je ne l’aurais jamais reconnu (…) De toute façon, je n’ai jamais reçu un centime de ce monsieur. »
Autour de lui, les réactions étaient mitigées. Tandis que les cheikhs et les émirs tordaient le nez dans leurs barbes bien peignées, courroucés de servir d’alibis forcés dans ce pataquès, le plus fidèle adjoint de Lang un certain Claude Mollard glaviotait en écho la célèbre citation « Les chiens aboient, la caravane passe, quand le maître a bu, les chiens trépassent. »
Le directeur opérationnel de l’IMA le prince Chawki Abdelamir, a salué l’action remarquable de l’employé remercié… Il a parlé d’un problème administratif (sic) et d’une réussite historique (resic). Abdel Amir a aussi rappelé le bilan culturel remarquable de Jack Lang à l’IMA, marqué par de grandes expositions et une ouverture magnifique sur le monde arabe.
Des compliments sirupeux entre approximations, impostures et réécriture de l’histoire.
Après tous ces loukoums écœurants, la digestion coinçait un peu. Parce que, ignorance crasse ou volonté cynique de plaire, non seulement on oubliait les conquêtes sanglantes des Arabes, détruisant des civilisations entières comme en Inde, ou les taillant en lambeaux comme en Iran et au Maghreb. Mais il y avait aussi des impostures historiques qu’un élève de sixième aurait relevées naguère.
La foutaise la plus extravagante consistant à présenter l’Égypte actuelle comme l’héritière de celle des pharaons, en oubliant la rupture ptolémaïque, et en cachant que les descendants des Ramsès et Toutencarton sont les chrétiens coptes.Dont l’écriture démotique (hiéroglyphes simplifiés) a permis à Champollion et à Pierre de Rosette, le créateur du saucisson de Lyon, de déchiffrer les grigris antiques. Les Arabes d’Arabie sont arrivés bien plus tard… Un travestissement de l’histoire qui m’a rappelé qu’on enseignait aux petits Égyptiens que Nasser avait fait creuser le canal de Suez !
Un pot de départ où on essayait de faire oublier la tempête judiciaire et les adieux faits sous l’œil torve des enquêteurs.
Même si on peut affirmer qu’ils ne trouveront pas grand-chose, on ne touche pas aux vaches sacrées de la gauche, la perquisition a rimé avec humiliation. Pour celui qui claironnait urbi et orbi qu’il était intouchable.
Les enquêteurs de l’Office national antifraude ont procédé à des saisies dans d’autres bureaux que celui du président déchu. Peut-être moins bien nettoyés que le sien ? Ou avec des oublis intentionnels ? Le fringant vieillard n’avait pas que des amis. Les crocodiles du Nil nagent aussi dans la Seine.
Des ordinateurs et des téléphones ont été confisqués. Des employés cuisinés discrètement. Pendant ce temps, les invités se précipitaient sur leurs smartphones pour voir des alertes annonçant des perquisitions en cours dans leurs bureaux, et quittaient précipitamment la salle pour s’assurer qu’ils n’avaient rien oublié. Une ambiance vraiment festive comme Lang a toujours adoré.
À l’extérieur, les caméras de télévision pullulaient. Ces vautours qui l’avaient encensé et protégé si longtemps sentaient s’élever des remugles de charogne et se précipitaient à la curée. Comme avec Mitterrand quand ils ont attendu qu’il ait un pied dans la tombe pour « découvrir » son passé sulfureux : La Cagoule, Vichy, Bousquet, les piastres d’Indochine, l’Observatoire, les suicidés, etc. entre autres vilenies. 
Christian Navis
https://climatorealist.blogspot.com

Riposte laïque.com

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2 Commentaires

  1. Les amateurs de méchoui frayant avec un type au faciès de mouton, c’est assez cocasse. Le bilan culturel de Lang? La Fête de la musique où des musicos du dimanche te casse les oreilles en grattant des guitares mal accordées et en tapant sur des lessiveuses.