Après Munich, quid des relations USA-OTAN et donc UE ?

OTAN 3.0 » : les États-Unis et l’Europe semblent s’accorder sur la nécessité d’un rééquilibrage des pouvoirs.

Depuis le retour de Donald Trump à la présidence en janvier 2025, les relations transatlantiques au sein de l’OTAN ont connu une forte évolution, marquée par une pression intense pour un meilleur burden-sharing (partage du fardeau) comme le disent les commentateurs anglo-saxons

Les éléments nouveaux récents 
–  Sommet de La Haye (juin 2025) :  le tournant majeur. Sous la pression américaine, les alliés ont adopté un nouvel objectif de dépenses de défense : 5 % du PIB d’ici 2035 (3,5 % pour les dépenses militaires  + 1,5 % pour des dépenses de sécurité liées. Trump et son administration (Rubio aux States, Hegseth au Pentagone / Department of War, ) ont présenté cela comme une victoire historique. Le secrétaire général Mark Rutte a même crédité Trump publiquement de cette évolution. Les États-Unis ont réaffirmé leur attachement à l’article 5,(1) mais en insistant sur une alliance « plus juste « et moins dépendante des USA.

Discours de « NATO 3.0 » : Elbridge Colby et d’autres officiels américains parlent d’un « NATO 3.0 »l’Europe prendrait la responsabilité principale de la défense conventionnelle du continent, avec les USA en soutien stratégique (nucléaire, haute intensité, Indo-Pacifique prioritaire). Moins de dépendance vis-à-vis des USA, mais sans rupture.

Sur le « pilier européen » et les commandements

 Début février 2026, lors de la réunion des ministres de la Défense à Bruxelles, quelques aménagements :

– Les Alliés ont approuvé une redistribution des postes de commandement dans la structure militaire de l’OTAN.
– Les Européens prennent la tête des trois Joint Force Commands (niveau opérationnel) :
JFC Naples → Italie
JFC Norfolk → Royaume-Uni
JFC Brunssum → Allemagne/Pologne (rotation)

– En échange, les États-Unis prennent ou conservent la direction des trois commandements de composante (domaines fonctionnels, très importants en opérations réelles) :
– Allied Air Command (déjà US)
– Allied Land Command (déjà US)
– Allied Maritime Command (nouvellement US)

Le poste clé de SACEUR (Supreme Allied Commander Europe), qui dirige l’ensemble des opérations OTAN et détient les vraies «clés» stratégiques et opérationnelles (planification, activation de l’article 5, etc.), reste américain (actuellement le général Alexus G. Grynkewich, USAF). C’est le point central de l’article : malgré l’annonce d’un pilier européen renforcé, Washington garde le contrôle effectif des leviers opérationnels décisifs.

C’est un compromis typique « Trump-style » : les USA lâchent du lest symbolique et visible, augmentent la responsabilité européenne, mais conservent la main sur les domaines critiques (air, terre, mer + SACEUR). Ça permet à l’Europe de montrer qu’elle « monte en gamme », tout en maintenant la garantie américaine visible.

Bref, le discours politique la joue « émancipation pour en mettre plein la vue aux européistes qui se rengorgent  alors que, en fait ce sont toujours les USA qui ont les clés… comme avant ! 

Que de la manip… Trump est très fort qui réussit à faire croire aux Européens qui voudraient se voir plus gros qu’un boeuf qu’ils auraient pris de l’envergure et de l’importance.. Il y a bien un en contraste entre le discours politique sur le pilier européen qui aurait plus d’autonomie et la réalité opérationnelle puisque de fait les   USA gardent les clés.

Il est effrayant de voir les medias européens aux ordres crier victoire, parler d’émancipation en oubliant le garde-fou américain… Ben voyons ! Les Européens vont payer plus et avoir un peu plus d’autonomie mais c’est toujours sous le leadership stratégique américain 

Tout ça pour ça. Il est où notre De Gaulle pour qu’on sorte et de l’UE et de l’OTAN ? 

 

(1) L’article 5 stipule que si un pays de l’OTAN subit une attaque armée, chaque autre membre de l’Alliance considérera cet acte comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres et prendra les mesures qu’il jugera nécessaires pour venir en aide au pays attaqué

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2 Commentaires

  1. ===== + =====
    ■ Ils n’ont pas su gérer la tension. Les négociations à Genève ont dégénéré en affrontements à Kiev. || Gleb IVANOV | 18/02/2026
    ○ AIF.•• : https://tinyurl.com/3ezutazp

    ► Le deuxième cycle de négociations sur l’Ukraine s’est conclu à Genève . Le chef de la délégation russe, Vladimir Medinsky, a déclaré brièvement : « La réunion a été difficile, mais constructive. Un nouveau cycle de négociations aura lieu. » Bien que la réunion se soit déroulée à huis clos , certains résultats ont été obtenus. Les tensions au sein de la population ukrainienne, les contacts entre la Russie et les États-Unis, ainsi que la présence d’Européens aux portes de l’ Ukraine , prêts à tisser des intrigues, sont largement connus.

    §. En quoi les pourparlers de Genève différaient-ils de ceux d’Abu Dhabi ?
    …/…