
De plus en plus de Chinois vendent leur sang pour survivre dans une économie en berne, témoignent des habitants
Le commerce de la vente de sang en Chine se fait sous couvert de « don de sang volontaire », explique un courtier.
Survivre dans une économie en berne — De plus en plus de citoyens chinois en sont réduits à vendre leur sang pour survivre, sur fond de chômage élevé et d’économie atone, rapportent des habitants de différentes régions du pays interrogés par Epoch Times.
Résidente de Pékin, Chen Hong (pseudonyme pour des raisons de sécurité), devenue chiffonnière après avoir perdu son emploi, explique que de nombreuses personnes sont au chômage et n’ont plus de quoi manger. Depuis 2023 et 2024, dit‑elle, de nombreux sans‑abri stationnent à la gare de Pékin‑Ouest et ne parviennent à satisfaire leurs besoins de base qu’en vendant leur sang.
« Comme ils ne trouvent même plus les petits boulots les plus élémentaires, ils n’ont ni argent ni nourriture. Si vous allez vendre votre sang, on vous donne à manger. Certaines personnes vendent même leur sang tous les quinze jours », raconte cette habitante.
Yang Dong (pseudonyme, également pour des raisons de sécurité), courtier en sang à Pékin, explique à Epoch Times, le 10 février, que les prix varient selon les groupes sanguins.
« Actuellement, les groupes A et O sont payés 800 yuans (environ 116 dollars), et les groupes AB et B 700 yuans (101 dollars). Le problème principal, c’est que les groupes A et O manquent cruellement, car de nombreux patients en ont besoin. Je peux contacter tous les hôpitaux de Pékin et m’occuper des formalités et des rendez‑vous pour les “dons” de sang », affirme‑t‑il.
« Aujourd’hui, je suis à l’hôpital 301, poursuit Yang. Cet hôpital accueille en général les personnes atteintes de pathologies graves. »
L’hôpital 301 sert également de base médicale à la haute direction du Parti communiste chinois (PCC) : il est chargé du diagnostic et du traitement des dirigeants du Parti, des commandements de théâtre et de l’ensemble des forces armées, tout en prenant aussi en charge des patients civils.
Un article sur le marché de l’« économie des petits boulots » de Majuqiao, à Pékin, signé par le journaliste indépendant Li Banjiang et largement diffusé sur internet depuis janvier, décrit des travailleurs en errance qui ne trouvent plus de missions et se disent désespérés. Selon ce texte, vendre son sang est devenu pour eux le dernier moyen de survivre : dans la rue, ils crient « sang à vendre, sang à vendre ».
L’article cite un vieil homme de la province voisine du Hebei, qui explique que la plupart des personnes présentes à Majuqiao sont des ouvriers licenciés quand ils atteignent un certain âge et qui ne peuvent plus que chercher des petits travaux ici. S’ils ne trouvent toujours rien, ils sont contraints de vendre leurs données personnelles, voire leur sang, pour subsister.
Ping Sheng (pseudonyme, pour des raisons de sécurité), 39 ans, originaire de la province du Guangdong, raconte à Epoch Times qu’avant la pandémie de Covid‑19, son entreprise avait investi plus de huit millions de yuans (environ 1,16 million de dollars) dans un projet d’extension lancé en octobre 2019. Mais les confinements ont asséché sa trésorerie, le laissant avec plus de trois millions de yuans (433.949 dollars) de dettes. Plus tard, il développe des calculs rénaux, sans pouvoir assumer les 3.000 yuans (435 dollars) nécessaires au traitement, et doit alors vendre son sang pour survivre.
« On m’a prélevé plusieurs fois, j’ai gagné environ 2.000 yuans (290 dollars). Maintenant, je ne peux plus vendre : on m’a dit que je mourrais si je continuais », confie‑t‑il. « L’hôpital ne peut pas dire qu’il achète le sang, car la vente de sang est illégale ; ils parlent de don de sang. »
L’« économie du sang »
Le régime chinois interdit la vente de sang depuis l’entrée en vigueur, le 1ᵉʳ octobre 1998, de la loi sur le don de sang, qui impose le principe du don volontaire. Le commerce du sang s’est dès lors poursuivi sous couvert de « don de sang volontaire ». Ceux qui jouent les intermédiaires et en tirent profit sont appelés les « courtiers en sang ».
« C’est exactement comme se rendre à l’hôpital pour donner son sang en suivant la procédure normale », explique Yang. « Lorsque vous recevez de l’argent, on vous dit que c’est pour des frais de nutrition. » Aujourd’hui, les « donneurs » sont légion : des chômeurs, mais aussi de très nombreux travailleurs migrants issus des campagnes.
La doctoresse retraitée Gao Yaojie soigne le bras d’un villageois en appliquant un médicament, tout en portant assistance aux habitants de villages touchés par le sida dans la province centrale du Henan, en Chine, sur une photo non datée. Un très grand nombre de villageois y ont contracté le sida ou le VIH en vendant leur sang pour de l’argent. (STR/AFP via Getty Images)
Dans les années 1990, l’« économie du plasma » – un système illégal de dons et transfusions de sang rémunérés, organisé et soutenu par les autorités locales du PCC dans le Henan, transformant de facto la province en « ferme à sang » – a provoqué une grave épidémie de sida en Chine. À l’issue de leurs investigations, des experts médicaux et des lanceurs d’alerte, dont Gao Yaojie et Wang Shuping, ont affirmé que l’ampleur réelle de l’épidémie était bien plus grave que ne le reconnaissaient les autorités, et que ses effets se feraient sentir durablement.
Ces dernières années, alors que l’économie chinoise ne cesse de se dégrader, de plus en plus de Chinois se voient contraints de vendre leur sang pour survivre, affirment des habitants.
Tang Jingyuan, commentateur de l’actualité installé aux États‑Unis et médecin de formation, explique à Epoch Times que la vente illégale de sang existe en Chine depuis longtemps : « elle se pratiquait auparavant dans la clandestinité, c’est désormais une activité illégale semi‑publique. À mesure que le nombre de vendeurs augmente, c’est l’ensemble du secteur des produits sanguins qui se trouve gravement fragilisé. »
Selon lui, ce phénomène reflète l’ampleur du chômage de masse provoqué par la violente récession que traverse la Chine, qui pousse des foules de désespérés à vendre leur sang pour ne pas mourir de faim.
« Le fait que cette activité illégale se soit structurée en véritable chaîne industrielle traduit le désordre profond qui règne dans la gestion de la société, laquelle a basculé dans un “État semi‑mafieux” », analyse‑t‑il.
« Un tel phénomène social constitue en réalité la manifestation inévitable d’un régime parvenu à son ultime phase, marqué par une polarisation extrême des richesses et par la perte de contrôle sur la gestion de la société. »
Ning Haizhong et Gu Xiaohua ont contribué à la rédaction de cet article.
Alex Wu est un rédacteur basé aux États-Unis qui écrit pour The Epoch Times sur la société et la culture chinoises, les droits de l’homme et les relations internationales.
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