Jésus le juif, serviteur du Dieu ou fils de Dieu ?

C’est alors que nous nous heurtons au premier commandement « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face »

Comment alors concevoir que Dieu Tout-Puissant, créateur du cosmos, de l’être humain, des diverses formes de vies, des plus superbes aux plus infimes particules vivantes, invisibles à l’œil nu, Créateur du cycle de la vie sur terre et dans l’au-delà, devienne tributaire d’une femelle humaine pour engendrer ? Engendrer un autre Dieu, Lui qui définit dans le premier commandement, tu n’auras d’autres dieux devant ma face ? C’est outrageant rien qu’à y penser ! Ce même Dieu qui a créé Adam et Ève, le paradis et l’enfer, avait-il besoin de passer par le truchement de son œuvre humaine/terrestre pour procréer ? C’est simplement absurde. Mais c’est aussi et surtout ramener le Divin au même rang que l’être humain. Inadmissible !!! Un être humain fait de sang et de chair qui rejoindra à sa mort le sable d’où il a été issu.

DIEU NE PEUT PAS SE CONTREDIRE.

J’ai préféré ne pas approfondir le sujet épineux de la foi, ou plus précisément de la religion, toute religion, puisqu’en général, l’homme en est l’architecte.

Il y a un fossé énorme entre la foi et la religion – celle qui nous est inculquée par des prétendus ou autoproclamés prophètes ou prophéties, et celle que nous nous bâtissons sur la base de nos propres déductions, souvent plus ou moins équilibrées, tandis que d’autres ne sont que l’apanage de craintes et de superstitions. 

Ce qui me ramène à rappeler que la religion juive n’a été réellement édifiée qu’à Babylone par le prophète Ezra quelque cinq cents ans avant le Christ, avec la sortie du Talmud.

Le Talmud babylonien (Baba Kamma 82a) attribue à Ezra l’institution de dix ordonnances, notamment pour la vie quotidienne, l’hygiène, le respect du Shabbat entre autres.

Il est aussi nécessaire d’affirmer que la religion et les croyances sont un capital individuel, qui ne doivent jamais servir de système pour influencer les masses, les contraindre à les accepter, ou à les suivre.

Le Créateur nous a tous doté du libre-arbitre, libre choix…  Il nous a aussi doté d’un esprit, des cellules grises nous-dit-on communément, afin d’observer, d’analyser et atteindre un résultat qui siéra à certains et perturbera d’autres. En somme, qui sommes-nous pour enfreindre un droit accordé directement par le Divin à toute Sa création et à l’homme en particulier ? Une religion ne doit jamais être imposée… Il faut la comprendre, l’apprécier ou la déprécier.

J’ai ratissé tant d’essaies, d’études sur les religions et leurs compilations de sujets excessivement importants que l’on ne peut esquiver ou enjamber.

Dans quelques-unes, le point de départ nous mène vers les liens indéniables de Jésus à la religion juive. D’où la relation incontestable du christianisme au judaïsme sur la terre promise d’Israël qui plafonna en une séparation due à des divergences/croyances sur lesquelles le juif et le chrétien se voient dans l’obligation de se désunir.

Il en ressort que d’illustres penseurs et philosophes ont transmis oralement ou par écrit, leurs propres interprétations du christianisme, de la trinité et ses liens au judaïsme. On peut librement les adopter ou les refuser. N’empêche que le lien entre le judaïsme et le christianisme pose un problème sérieux entre la foi, la croyance et les évidences.

Les deux religions se retrouvent devant les portes de la Terre Sainte d’Israël et de Jérusalem – l’anneau indestructible du juif à la terre d’Israël est divin. La terre d’Israël – terre promise – Ce n’est donc pas un refuge, un État, une patrie… c’est un devoir de tout juif de regagner la terre désignée par Dieu lui-même. Le lieu du rendez-vous du juif avec Son Créateur.

Cette promesse faite à Abraham a, des siècles durant, contraint les juifs croyants à vivre sur des valises et à ne jamais se fondre au sein des autres peuples, à refuser de s’emparer d’autres terres et créer quelque part dans n’importe quel continent, une autre patrie, un autre refuge.

Le juif expulsé de ses terres est devenu le juif errant, vivant sur ses valises, priant matin et soir pour son retour au nid des juifs : Israël.

Les convictions des uns vont à l’encontre de celles du Juif… surtout pour celui qui les adopte à la lettre.

J’ai discuté longuement et à maintes reprises, ce sujet avec des prêtres catholiques dont quelques-uns ont prouvé la nécessité de fortifier l’entente, la collaboration et le compromis. Ceux qui voient en Jésus un Juif pratiquant et fidèle à sa foi, ou un messie, et ceux qui insistent à en faire un Dieu.

Dans la théologie chrétienne, Jésus est considéré comme Dieu incarné, le Fils de Dieu, deuxième personne de la Trinité, pleinement Dieu et pleinement homme. Pourtant, le Nouveau Testament ne contient pas de citation directe « je suis Dieu », il l’affirme par ses actes, ses paroles (Jean 10:30, 8:58), l’adoration reçue et sa résurrection

Résurrection ? Dieu serait-il mortel ? Cette inéluctable impasse remet tout en question. Une question que les chrétiens doivent foncièrement et honnêtement analyser.

Thérèse Zrihen-Dvir

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12 Commentaires

  1. Bonjour,

    Merci Thérèse pour votre bel article !

    Quand on est catholique, comme je le suis, l’Incarnation vous parait naturelle, parce qu’elle vous a été enseignée dès votre enfance.

    Mais je suis passionné par le Judaïsme, depuis mon adolescence, et c’est seulement à partir de ma petite connaissance du Judaïsme que j’ai pris conscience de la radicalité de cette affirmation chrétienne de l’Incarnation : avec un certain vertige, je l’avoue :=)

  2. La foi mes chers amis est un capital personnel. Je respecte toutes les religions et je garde pour moi mes réflexions. Nous faisons tous partie de cette extraordinaire création… et nous avons tous besoin l’un de l’autre pour survivre… c’est ce que nous faisons tous avec nos moyens réduits ou pas. Le respect de l’autre est une loi principale du judaïsme. Que cela plaise ou non… les dix commandements areligieux se refèrent à toute l’humanité. Dommage que beaucoup refusent de les suivre.

  3. Selon Nietzsche »L’homme est-il une erreur de Dieu ou Dieu est-il une erreur de l’homme ?  » Combien troublante est cette précision extrême qui fait qu’une variation infime de la constance gravitationnelle interdirait toute forme de vie (…) existe-il une conscience résiduelle par rapport au corps mortel ? Deux entités différentes cohabiteraient-elles tout au long de notre séjour terrestre ? L’une survivrait à l’autre dans une toute autre dimension ? (…) L’ordonnance des choses n’est vraisemblablement pas le fruit du hasard comme le soulignait Einstein avec ces mots  » Dieu ne joue pas aux dés… » Extrait récit troublant « les corps indécents ». Cependant difficile à comprendre que Dieu est amour et nous aime « Comment expliquer son indifférence à la souffrance humaine alors que sa toute puissance lui permettrait d’y remédier si facilement ? » Maladies, cancers, épidémies, guerres atroces….

  4. Bonjour, par définition, la mort est un état permanent, le fait de revenir à la vie dans le monde incarné prouve qu’il n’y a pas eu mort. Jesus se dit le « fils de l’homme » et ne devient « dieu qu’en se « fondant » avec le père qui, avec le saint esprit, forme la trinité. Donc quand il ressuscite, il est encore un homme, il ne devient « dieu » qu’une fois retourné au père. Bien sûr tout cela n’a de sens qu’à la condition que l’on accepte que dieu existe! Sinon, le château de carte s’effondre. Mon opinion est, comme on ne peut savoir si dieu existe, on ne peut passer sa vie a palabrer sur des hypothèses et passer à côté de notre existence terrestre. Alors que dieu vit sa vie, si il en a une et nous la nôtre. Je respecte les croyances car elle sont une béquille pour beaucoup, mais je hais les religions créatrices d’exclusions de conflits et de guerres. Bonne journée.

    • J’aime beaucoup ton pragmatisme le Chti ! Tu me rappelles Candide répondant à Pangloss: tout cela est bien beau mais il nous faut cultiver notre jardin..

  5. Pourtant, le Nouveau Testament ne contient pas de citation directe « je suis Dieu »

    Mais si : Celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous lui dites: Tu blasphèmes! Et cela parce que j’ai dit: Je suis le Fils de Dieu. Jean 10 36

  6. C’est visiblement trop difficile pour certains de comprendre que Dieu peut tout faire, y compris prendre chair d’une femme pour venir vivre auprès de ceux qu’il aime.

  7. « Résurrection ? Dieu serait-il mortel ? Cette inéluctable impasse… »
    Vous nous demandez d’analyser. Soit. Mais quel est le but ?
    S’agit-il de prosélytisme ? Si vous souhaitez remettre en question la nature du Christ, c’est votre droit. Mais dans ce cas, nous parlons théologie. Vous avancez une question manifestement calquée sur une approche islamique. Très bien. Mais pensez-vous détenir la vérité ? En suivant votre raisonnement, permettez-moi à mon tour une question :Selon votre croyance, qui, à part Dieu, peut pardonner les péchés? On ne peut pas avancer un raisonnement et inviter à l’analyse sans avoir pris connaissance du Nouveau Testament. Votre affirmation — « Pourtant, le Nouveau Testament ne contient pas de citation directe : “Je suis Dieu.” » — correspond textuellement à l’argumentation que pose l’islam à laquelle nous avons déjà répondu.

    • suite : Dans la prophétie reportée textuellement, il n’existe aucun rapport avec la naissance de Jésus puisque cette prophétie se rattache au roi Achaz qui, rappelons-le, a régné de 737 à 723 avant J.-C., et l’enfant dont parle Isaïe est nécessairement né avant la chute des deux rois. En fait, cette prophétie faussement reportée dans l’Evangile de Matthieu détruit toute allusion à l’annonce de la naissance de Jésus dans l’Ancien Testament, et démantèle le mythe.

      • Suite ? Suite de quoi? Bref! Hors sujet car je n’ai pas fait référence à l’AT. Je vous parle du NT. Par ailleur, si Libellule est « Thérèse Zrihen-Dvir » alors pourquoi deux signatures?

  8. Thérèse peut lire Esaïe 9:6 : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix ».

    Un enfant qui est à la fois Fils, Conseiller, Père éternel, Dieu puissant ? Une question que Thérèse devrait foncièrement et honnêtement analyser…

    • Le moignon de prophétie reporté dans l’Évangile de Matthieu se réfère à la prophétie d’Isaïe (septième siècle avant J.C.), 7 :14 dans l’Ancien Testament où il est question du roi Achaz, (737-723) roi de Juda – Achaz craignait le roi d’Éphraïm et le roi de Syrie. écoutez-moi (toi et ta famille), descendants de David. On dirait que cela ne vous suffit pas d’épuiser la patience des hommes et qu’il vous faut aussi épuiser la patience de mon Dieu. Le Seigneur vous donne lui-même un signe : une jeune fille (Alma textuellement écrit dans le Tanakh) va être enceinte et mettre au monde un fils. Elle le nommera Emmanuel (imanou E-l – Dieu est avec nous).