De plus en plus de personnes soignées après des attaques au couteau

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Attaques au couteau : davantage de victimes de coups de couteau au Centre médical universitaire Schleswig-Holstein


Au Centre médical universitaire Universitätsklinikum Schleswig-Holstein – UKSH -, de plus en plus de personnes sont soignées à la suite d’attaques au couteau. C’est ce qu’ont constaté des médecins du centre médical. Les docteurs ont exploité à cet effet les données de patients.
Hauke von Hallern


De plus en plus de victimes d’attaques au couteau atterrissent sur les tables d’opération du centre médical Schleswig-Holstein à Kiel et Lübeck. Selon une étude des urgentistes du Centre médical universitaire, il y avait en moyenne 31 personnes concernées par année pour la période 2020 à 2023. En 2024, le chiffre a alors grimpé à 52 – une augmentation de près de 68%. Cette tendance s’est poursuivie l’an passé également, explique l’initiateur du projet, Domagoj Schunk. Il dirige le service des urgences à Kiel.

Blessures au couteau souvent peu visibles

Les blessures au couteau ont, selon Schunk, une caractéristique insidieuse : « Souvent, elles ne sont pas reconnaissables immédiatement, peuvent aussi être invisibles en certains endroits, ou bien il faut y regarder de plus près. Mais les blessures par pénétration peuvent tout de même blesser grièvement un organe à l’arrière. » Parfois, les victimes elles-mêmes ne remarqueraient pas de suite qu’elles ont subi une pénétration. Cela se ressentirait plutôt comme un coup contondant et moins comme un coup de couteau. Les médecins n’auraient pas constaté ce modèle de blessure aussi souvent par le passé.
« Nous devons former notre équiper en conséquence, par exemple en ce qui concerne ce à quoi il faut veiller lors des soins, de nouvelles méthodes de traitement et nous devons mettre également à disposition l’équipement nécessaire. »
Domagoj Schunk, directeur du service des Urgences du Centre médical universitaire Schleswig-Holstein à Kiel

Les statistiques de criminalité recensent également une recrudescence des attaques au couteau.
Les statistiques de criminalité, qui évaluent les plaintes auprès de la police, étayent également l’étude de l’UKSH : pour l’année 2024, elles ont enregistré 1 187 attaques au couteau pour tout le Land de Schleswig-Holstein. En 2020, on en était encore à 788. Cela correspond à une augmentation de près de 51 pour cent. On ne dispose pas encore de chiffres pour l’année écoulée.
Parole d’expert : les couteaux sont devenus à la mode

Le centre de recherches criminologiques de la Direction de police judiciaire à Kiel analyse les raisons de la recrudescence. Une cause : porter un couteau sur soi aujourd’hui, c’est génial, déclare la chercheuse, Fee-Elisabeth Bertram. « Si une personne débute dans un groupe et se procure un couteau, cela déclenche une dynamique et il est plus vraisemblable que ceux qui ne portaient pas encore de couteau sur soi jusqu’à présent s’en procureront un également », selon Bertram. C’est devenu une espèce de mode chez les jeunes gens.

Un regard sur les statistiques de criminalité peut aussi induire en erreur
Selon l’étude menée par les médecins de l’UKSH, les victimes sont jeunes, en moyenne début 30 ans, plus de 90 pour cent sont des hommes. Les suspects sont eux aussi souvent des hommes jeunes, âgés en moyenne d’environ 34 ans. Pour une bonne moitié, les suspects ne sont pas connus des victimes, près de 30 pour cent des délinquants présumés sont originaire du cercle de connaissances ou du milieu familial.


Et  les non-allemands sont plus souvent soupçonnés de se servir du couteau que les Allemands. Cela ressort des statistiques de criminalité. Mais ces données ne sont pas univoques : « Il existe également des études à cet égard qui montrent par exemple que les délinquants non-allemands sont plus souvent l’objet de plaintes que les allemands, et cela aussi bien de la part de personnes lésées allemandes que non allemandes. C’est une distorsion », explique la chercheuse.
Charges psychiques comme facteur de risques

Les raisons pour lesquelles les gens se saisissent du couteau sont complexes, selon les indications du centre de recherches criminologiques. Le fait que spécialement des étrangers deviennent des coupables est susceptible d’être en relation avec leur situation de vie. « Les personnes non allemandes réunissent un grand nombre de facteurs de risque favorisant un comportement violent. Ce serait la même chose chez des Allemands », dit Bertram.
Un exemple en seraient des charges psychiques par suite d’un passé de réfugié. D’autres raisons seraient fréquemment un revenu minime, peu d’éducation, un métier peu considéré ainsi que peu d’amis et de connaissances et des perspectives d’avenir incertaines. « Mais ces facteurs sont également valables pour des Allemands », souligne Bertram. Ces derniers en seraient simplement moins concernés.

Davantage de contrôles et de prévention par la police
Selon des indications du cercle Weiße Ring Schleswig-Holstein, les survivants d’attaques au couteau souffrent souvent toute leur vie par exemple de symptômes psychiques tels des hallucinations. La police régionale de Schleswig-Holstein contrôle entre-temps, selon ses propres indications, l’interdiction des couteaux à l’échelle fédérale lors de manifestations publiques ou dans les transports en commun au prix de multiples interventions. Et elle effectue actuellement davantage de travail préventif. Les fonctionnaires se rendent par exemple dans les écoles et s’entretiennent avec les jeunes gens pour empêcher des délits dans le futur.

Attaques au couteau : la police de Schleswig-Holstein doit assurer ainsi une sécurité accrue
Un projet de loi concernant le futur Programme de sécurité prévoit entre autres le recours à l’intelligence artificielle dans le Land de Schleswig-Holstein. Ce vendredi, les projets en IA étaient débattus au Cabinet.
Constantin Gill

Il y a un an, le Land a décidé une série de mesures visant à améliorer la sécurité publique en Schleswig-Holstein – en réaction à l’attaque au couteau mortelle à Brokstedt. Ainsi qu’au nombre croissant d’attaques au coteau, sur un plan plus général. Les autorités de sécurité doivent obtenir « des instruments modernes pour reconnaître suffisamment tôt les dangers et pouvoir les repousser », ainsi que l’a déclaré vendredi le ministre de l’Intérieur, Sabine Sütterlin-Waack (CDU). Son projet de loi doit créer les conditions juridiques correspondantes. Voici le projet :
Un logiciel doit analyser les données
La police enregistre une quantité énorme de données. Un logiciel doit dorénavant les analyser automatiquement, pour « reconnaître des modèles, des structures et des relations. » Le logiciel, dit le ministre de l’Intérieur, remplace quasiment ce que l’on connaît des polars : tableau d’enquête confus, auquel sont liés des photos, des notices ou des moyens de preuve.
• Comme il s’agit de données sensibles, ce n’est pas un logiciel de la société US Palantir qui doit être acquis. C’est ce que loue le porte-parole de politique intérieure des Verts, Jan Kürschner. En lieu et place, le Land souhaite une solution européenne. Du point de vue de la déléguée à la protection des données du Land, Marit Hansen, il est « particulièrement important dans le cadre du secteur policier sensible d’assurer le niveau européen de protection des données. »
• Les données sont également sensibles pour la raison qu’il ne s’agit pas forcément uniquement de délits, ainsi que les délégués à la protection de la République fédérale et des Länder viennent justement de le souligner dans une déclaration des données : « Ce ne sont pas seulement les délinquants, mais aussi les personnes lésées, les témoins, les experts ou des personnes qui ont actionné l’appel d’urgence à la police qui peuvent être pris en compte dans une telle analyse. »
La surveillance vidéo doit être élargie
Elle doit être développée dans les centres de gravité criminalistes et les endroits menacés. Là également, des situations dangereuses doivent être reconnues plus rapidement grâce au logiciel (« approprié et conforme en matière de protection des données »). Celui qui est assis devant l’écran, explique le ministre, obtient dans un cas un message d’alerte et peut réagir.
La reconnaissance faciale doit être autorisée
• Une « identification biométrique à distance » doit être rendue possible – mais « bien entendu dans le respect des exigences juridiques les plus sévères pour parer à toute menace pour le corps et l’âme », est-il dit. Le Schleswig-Holstein veut développer le logiciel correspondant en commun avec d’autres Länder d’Allemagne fédérale.
Jusqu’où vont les atteintes aux droits fondamentaux ?
Bernd Buchholz de la FDP trouve lui aussi correct que les pouvoirs de la police soient élargis, mais : il met en garde contre le fait que de nombreuses mesures « portent largement atteinte aux droits fondamentaux ».
Tout comme Buchholz, Niclas Dürbrook de la SPD veut lui aussi examiner de près le projet de loi. Il est juste de réagir à la recrudescence des attaques au couteau, à son avis. Mais il reste sceptique. Selon lui, le gouvernement doit toutefois prouver à quel point les mesures proposées résoudront efficacement le problème. Et cela pourrait aller un peu plus vite, à son avis.
Le ministre parle de pondération
Du point de vue du ministre de l’Intérieur, Sabine Sütterlin-Waack, la question sera la zone de tension entre liberté individuelle et sécurité dans la communauté. On aurait toujours pesé le pour et le contre au moment d’établir le projet de loi.
Le projet de loi va à présent être débattu au parlement. Sütterlin-Waack estime que la loi sera adoptée par le Landtag l’an prochain.

Source 

Traduction de Jean Schoving pour Résistance républicaine 

 

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